Alain Berset en roi à Fribourg avant de conquérir Berne

| ven, 23. déc. 2011
Si la journée a été belle, ce n’est pas grâce à la météo. Le nouveau conseiller fédéral Alain Berset a été honoré jeudi de Flamatt à Fribourg, en passant par sa commune de Belfaux.

PAR DOMINIQUE MEYLAN


Le responsable de l’Office fédéral de météorologie et climatologie n’a pas encore trouvé la formule du beau temps. Alain Berset, qui en tant que ministre de l’Intérieur dirige ce département, a été fêté jeudi sous la pluie et par un froid pénétrant. Après un voyage en train, une halte à Belfaux, puis à Fribourg dans les jardins de l’Université, la soirée s’est terminée à Forum Fribourg en présence de plusieurs centaines d’invités.
Il fallait être motivé, bien habillé et armé d’un parapluie pour suivre la partie officielle devant l’Université de Fribourg. Le vin chaud et l’apéritif fribourgeois, offerts à la population, ont été plus que bienvenus. Qu’importe, les discours se sont succédé en ordre serré, entrecoupés par des plages musicales. Les intervenants n’ont pas été avares en compliments, honorant chacun à sa manière le nouveau conseiller fédéral fribourgeois. En guise de prélude,  La vie en rose a retenti dans les jardins de l’Université, presque une profession de foi pour un socialiste.
 

Des bouteilles de Faverges
La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga représentait le Conseil fédéral. «Tu peux vraiment te réjouir de ce qui t’attend», a-t-elle dit à son futur camarade. Suivi très vite de: «Mais, on ne te fêtera pas tous les jours comme cela.» Pavés, piquets de grève, lettres de protestation pourraient être le lot d’Alain Berset ces prochaines années. «Surtout si tu dois annoncer une hausse des primes d’assurance maladie», a prédit la conseillère fédérale.
Ces quelques prédictions, prononcées sur le ton de l’humour, n’ont pas découragé un Alain Berset très en verve. Interprétant faussement un cadeau du président du Gouvernement Georges Godel, il a remercié Fribourg de lui offrir une réserve inépuisable de son vin des Faverges. «Avez-vous oublié que je suis jeune?», laissant entendre qu’il pourrait rester de nombreuses années au Conseil fédéral.
Plus sérieusement, le Fribourgeois a dit savoir que le travail serait difficile et qu’il lui demanderait beaucoup d’énergie. «Je vais faire comme j’ai toujours agi, avec un grand respect devant la tâche à accomplir.» Alain Berset a insisté sur l’importance qu’il accordait à la stabilité. Une notion qu’il ne faut pas confondre avec l’immobilisme: pour le conseiller fédéral, il s’agit de trouver le bon équilibre dans le mouvement.
Pendant toute la journée, une foule bigarrée a suivi Alain Berset. Il y avait les huissiers des différents cantons, revêtus d’une cape aux couleurs de leur région. Noir et blanc pour les locaux de l’étape, rouge, verte, bleue pour les plus audacieux. Chacun précède une petite délégation de son Conseil d’Etat. A ce stade, on ne s’étonne plus de croiser sur le même quai Pascal Broulis, Elisabeth Baume-Schneider ou Philippe Gnaegi. Tiens, voilà Joseph Deiss et Ruth Dreifuss. Le nouvel évêque, avec sa calotte violette, ne passe pas non plus inaperçu.
 

Alain Berset artiste
La proportion au mètre carré de personnalités a encore augmenté lors du banquet. Impossible de tourner la tête sans croiser un visage connu. Comme dans un mariage, il y a la table d’honneur, une nourriture abondante, quelques décorations et des animations qui s’intercalent entre les plats. Alain Berset s’est prêté au jeu et a même accepté d’improviser un morceau de piano, poussé par son ancien professeur. Quelque peu troublé lors des premières notes, il s’est ensuite montré très à l’aise.
Le discours du grand frère a été assuré par le président du Parti socialiste suisse et compagnon d’armes d’Alain Berset, Christian Levrat. Avec beaucoup d’humour, il a déroulé la très longue liste des futurs ennemis du Fribourgeois. A commencer par son propre parti: «Je me réjouis de croiser le fer avec toi sur les plateaux d’Infrarouge ou d’Arena.» Christian Levrat a par contre conseillé à Alain Berset de ne pas se fâcher avec une association, les Crazy Workers. «Tu pourrais avoir assez rapidement besoin de leurs services.»
Pour la décoration, les traditionnels drapeaux suisses et fribourgeois agrémentaient la salle. En plus de la musique et des discours, des élèves du Collège de Ste-Croix, où a étudié Alain Berset, ont assuré le spectacle, n’hésitant pas à faire les funambules au-dessus des invités. Le canton a régalé les hôtes d’Alain Berset: ce sont les mensas de l’Université qui ont concocté un repas aux senteurs fribourgeoises. Seule entorse: la mandarine glacée du dessert, pas très couleur locale.

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