Charles Morerod est devenu Monseigneur

| lun, 12. déc. 2011
Le Bullois Charles Morerod a été ordonné évêque du diocèse de Fribourg, Lausanne et Genève. La cérémonie épiscopale a eu lieu dimanche à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.

PAR YANN GUERCHANIK

La cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg est pleine d’une émotion palpable, près de 1500 invités et fidèles ont pris place dans ses moindres recoins. L’assemblée est debout, tandis que l’ordinand se prosterne. Charles Morerod est couché durant de longues minutes, les bras en croix, les paumes et le front appliqués sur la pierre froide. Il paraît seul au monde. La compagnie des hommes ne tarde pourtant pas à le réchauffer à nouveau. Les mains du cardinal Cottier se posent à présent sur la tête du prêtre élu, puis celles de tous les évêques présents, pour symboliser la transmission de la tradition apostolique.
Nombreux étaient les moments forts dimanche après-midi, durant les trois heures de cette messe traditionnelle. A commencer par les autres rites d’ordination épiscopale. La lecture de la bulle papale, signée par Benoît XVI. L’onction d’huile pour signifier que l’Esprit saint pénètre l’ordonné de sa grâce pour sa nouvelle mission. La mise en évidence de cette mission essentielle de l’évêque – annoncer l’Evangile de Jésus Christ – par la remise de l’Evangile. Sans oublier la remise des signes propres à la charge. L’anneau, la mitre et la crosse distinguent à présent le Bullois Charles Morerod qu’on nomme depuis Monseigneur.
Il y a également tous ces instants simples et populaires. Les sourires offerts au nouvel évêque lorsqu’il traverse la cathédrale pour donner sa bénédiction, les yeux de nombreux fidèles et amis qui brillent d’émotion, les larmes que laissent échapper les parents de Charles Morerod. Autant de sentiments qui s’expriment au cours d’une célébration réglée comme du papier à musique et qui traduisent la fin heureuse d’une attente qui aura duré plus d’une année.
La foule s’était réunie pour l’événement. A l’intérieur de la cathédrale, plus de 350 prêtres, diacres, chanoines, vicaires et évêques entourent les deux cardinaux. De nombreux fidèles et amis bien sûr, mais aussi les représentants des Etats du diocèse, à commencer par le Gouvernement fribourgeois, pratiquement au complet, au rang duquel s’ajoutaient les nouveaux élus Marie Garnier et Maurice Ropraz. Si l’armée était bien représentée par son commandant de corps André Blattmann, il n’y avait, en revanche, aucun représentant du Conseil fédéral.
Dehors, d’autres participants encore ont suivi la procession initiale de tous les représentants religieux en tenue. Ils ont pu suivre ensuite la retransmission de la cérémonie depuis les écrans installés dans les églises des Cordeliers et de Notre-Dame. La messe dite, tout le monde s’est retrouvé  place de la Grenette, sous les tentes chauffées.
Peu avant sa messe d’ordination, Charles Morerod confiait à la presse «être moins nerveux qu’il ne l’aurait pensé». Il a fait montre de son aisance tout au long de la cérémonie et plus particulièrement lors de son discours final. Maîtrisant brillamment l’art de la salutation, il a fait part également d’un message plus profond, non sans une pointe d’humour qui le caractérise.
Monseigneur Charles Morerod a notamment parlé de sa devise «pour moi, vivre, c’est le Christ» et, répondant au discours du président du Conseil d’Etat fribourgeois Erwin Jutzet sur les attentes que suscite le nouvel évêque, il a déclaré: «Certains auront peut-être quelque crainte lorsqu’ils entendent que l’Eglise peut proposer une base morale à la société. Or, nous sommes une Eglise qui, actuellement, n’entend pas s’imposer, mais proposer sa foi à un libre accueil, imitant ainsi ce que Jésus à fait. C’est notre premier service à la société, dans laquelle nous sommes.»
 
Betticher part pour Berne
Hier, Mgr Charles Morerod a communiqué une série de décisions concernant divers postes et responsabilités du diocèse. Il «accepte» notamment que le chanoine Nicolas Betticher, actuel vicaire général, «soit nommé par le nonce apostolique à Berne, Monseigneur Diego Causero, collaborateur personnel de ce dernier», à partir du 1er janvier 2012. Entre autres encore, Monseigneur Pierre Farine conserve sa responsabilité d’évêque auxiliaire et vicaire général du diocèse et le Père Hubert Niclasse poursuit de même son ministère d’Official diocésain. Quant à Monseigneur Rémy Berchier, il passe de vicaire général à vicaire épiscopal pour le canton de Fribourg (partie francophone). YG

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