Ces élus qui jettent l'éponge

| sam, 17. mar. 2012
En Veveyse excepté, les démissions se multiplient dans les exécutifs du Sud fribourgeois, un an après les élections. Les raisons invoquées sont en général professionnelles ou familiales. Les futures fusions pourraient enrayer le phénomène.

PAR FRANK-OLIVIER BAECHLER

Souvent confrontées au manque de candidats à l’exécutif, les communes du Sud fribourgeois doivent faire face à un autre problème: la démission de leurs élus. Moins d’une année après leur (ré)élection, treize d’entre eux ont déjà jeté l’éponge.
Seul le district de la Veveyse échappe à l’hémorragie de ces derniers mois (voir infographie). Il ne brille pourtant guère dans les statistiques. Durant la dernière législature, en effet, plus d’un tiers des conseillers communaux veveysans ont rendu leur tablier en cours de mandat. Entre 2001et 2006, cette proportion monte même jusqu’à 44%.
Le district de la Gruyère, quant à lui, s’est stabilisé autour des 27% de démissionnaires, alors que la Glâne fait un peu mieux avec 20%. Sans être nouveau, le phénomène atteint des proportions inquiétantes. Et les remplaçants se font rares.


Raisons professionnelles
Les raisons invoquées sont généralement d’ordre familial ou professionnel. «J’ai repris, il y a quelques mois, la direction d’une fiduciaire basée à Fribourg. Pour des questions de disponibilité, j’ai préféré quitter l’Exécutif de Pont-la-Ville. Par souci de transparence aussi, certaines communes faisant partie de ma clientèle. Je suis également papa de trois enfants de 16, 14 et 10 ans», témoigne Philippe Jenny, élu en 2011.
Même discours chez Stéphane Progin, conseiller communal à Vaulruz depuis 2006. Sa démission a pris effet au 1er mars. «Ma nouvelle orientation professionnelle ne me laisse plus assez de temps. Et la famille va s’agrandir dans quelques mois, avec l’arrivée d’un quatrième enfant. J’ai donc logiquement décidé de laisser ma place. On ne peut pas prévoir à cinq ans de quoi notre vie sera faite.»
Si l’abandon d’un mandat communal découle parfois d’un choix personnel, certains élus évoquent des motifs indépendants de leur volonté. Comme Nathalie Vila, à Châtel-sur-Montsalvens, et Pascal Odier, à Cerniat, confrontés tous deux à la santé déclinante d’un proche.


Ras-le-bol
Il y a, enfin, les problèmes directement liés à la fonction publique. «Le Conseil communal manquait de cohésion et la situation m’était devenue pénible», finit par admettre Evelyne Decombat, de Châtel-sur-Montsalvens, en mettant discrètement le doigt sur la fusion avortée des 4C. «Il n’est pas non plus toujours facile d’être une femme, au sein d’un exécutif majoritairement masculin.»
A Cerniat, Philippe Overney ne fait pas grand mystère des raisons qui l’ont poussé à lâcher son mandat, à la fin décembre. «J’aimais ce que je faisais et l’ambiance était bonne. Mais cette route a fini par me saper le moral, jusqu’à n’en plus dormir. J’ai dit stop.»
L’ancien édile fait bien sûr référence à la bataille juridique que se livrent la commune et trois propriétaires, au sujet d’un projet de route. Et qui dépendait de son dicastère. «Mon successeur a bien du courage», soupire-t-il en guise de conclusion.

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