Châtel-Saint-Denis de plus en plus tourné vers la Riviera

| jeu, 01. mar. 2012
Rivelac, le projet d’agglomération qui englobe la Riviera, le Haut-Lac et Châtel-Saint-Denis est en consultation publique jusqu’au 12 mars.


PAR LARA GROSS


Pas moins de quinze communes se sont lancées dans le projet d’agglomération Rivelac. Leur sort est désormais entre les mains des habitants et des autorités, invités à se prononcer jusqu’au 12 mars, délai de la consultation publique. Mais surtout, entre les mains de la Confédération qui dira, si oui ou non, elle participe financièrement au projet et à hauteur de combien.
Cette décision ne devrait pas tomber avant le début 2013. Le temps de replanter le décor d’un projet d’agglomération qui a été bouclé en un peu plus d’un an à peine et qui court de la Riviera au Haut-Lac, en passant par la Veveyse. Avec Châtel-Saint-Denis comme seule commune fribourgeoise à s’être inscrite durablement dans les discussions.
Le projet d’agglo Riviera-Veveyse-Haut-Lac, baptisé Rivelac, poursuit quatre objectifs: densifier le tissu déjà bâti en particulier autour des axes de transports publics et des gares, favoriser l’usage des transports publics et de la mobilité douce, limiter les migrations pendulaires en développant l’emploi en priorité près des gares principales et au sein des pôles stratégiques et préserver du mitage le paysage agricole et viticole des coteaux.
Concrètement, cette agglo a été découpée en trois entités. «Il y a la ville des deltas, soit une bande urbanisée dense quasi continue le long du lac, détaille Sylvie Cornut, urbaniste cheffe de projet à la division aménagement cantonal et régional de l’Etat de Vaud. Un “entre-deux paysager” sépare la ville des deltas des coteaux, Châtel y figure. Et finalement, les nids d’aigle, des sites de qualité, où de grands hôtels, parfois implantés sur des promontoires, ponctuent le paysage montagnard..»


3,5 milliards à partager
A partir de ce découpage, une analyse du paysage, de l’urbanisation et de la mobilité a été menée et des concepts ont été développés. «En terme de mobilité, un des enjeux est de vaincre la pente, il faut renforcer les axes perpendiculaires qui permettent de rejoindre la ville des deltas», rapporte Sylvie Cornut. Densifier et mieux structurer les zones urbaines fait également partie des objectifs. «Une des intentions de la Confédération est de coordonner l’urbanisation et les transports et de concentrer les habitants et les emplois proches des axes principaux pour éviter le gaspillage du territoire», rappelle Philippe Gmür, chef du Service du développement territorial du canton de Vaud.
Un programme de la Confédération vise en effet à soutenir financièrement des projets d’agglomération. Sur les 6 milliards de francs prévus par la Loi fédérale sur le fonds d’infrastructure de 2006, 2,5 milliards ont été octroyés aux projets dits urgents. «Les 3,5 milliards restants sont à répartir entre 30 projets remis à la Confédération en 2007 (n.d.l.r.: l’agglo de Bulle en fait partie) et les 14 autres projets remis à la fin 2011, dont Rivelac.» Avec un taux de subventionnement plafonné à 40%.
Les 106 mesures définies par les partenaires du projet sont hiérarchisées par thématique et par temporalité. «Certaines mesures devraient démarrer dès 2015, indique Sylvie Cornut. Les autres mesures s’échelonnent jusqu’en 2023.» Plusieurs d’entre elles toucheront directement Châtel-Saint-Denis, notamment le déplacement de la gare et le réaménagement du centre-ville ou encore la mise sur pied du RER Sud qui renforcera la mobilité.


Eviter l’effet déversoir
Le projet d’agglo Rivelac prévoit aussi pour Châtel-Saint-Denis le développement d’une zone d’activité. La Veveyse deviendra-t-elle l’atelier de la Riviera? «Non ce n’est pas le cas, d’ailleurs le projet confirme et développe le pôle de développement économique de La Veyre, observe Philippe Gmür. Les pôles d’activité ne sont pas limités à la Veveyse. En tout, neuf secteurs stratégiques sont prévus, Châtel-St-Denis et le Haut-Lac offrant pour leur part une bonne accessibilité.»
L’un des objectifs principaux avoués de l’agglo pour le district est de limiter l’effet déversoir. Les Vaudois s’installant de plus en plus sur le territoire fribourgeois. «C’est un effet en cascade, relève Philippe Gmür. Les Genevois s’installent dans le canton de Vaud, du coup les Vaudois se déplacent vers Fribourg. En créant du logement concentré et en centralisant les zones d’activité, nous n’éviterons pas totalement ce phénomène, mais nous pourrons mieux le contrôler.»
Quid d’une fusion?
En créant de telles synergies dans les domaines de la mobilité, de la densification et de la protection du territoire, les quinze communes développent leur collaboration. Pourquoi, alors, ne pas aborder la question d’une fusion? «Le débat pour la Riviera est ancien, relève Philippe Gmür. Le canton de Vaud est en retard dans le domaine des fusions par rapport à Fribourg. Quant à l’agglo, elle permet de travailler ensemble et si cela peut inciter à fusionner tant mieux, mais ça n’est en aucun cas son objectif.»
 

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Le préfet est aussi conquis
Préfet de la Veveyse, Michel Chevalley représente le Conseil d’Etat fribourgeois au sein du projet d’agglo Rivelac. Il est convaincu de la nécessité d’en faire partie et regrette que toutes les communes du district n’y aient pas adhéré.

Avec un tel projet, la Veveyse va être avalée par le canton de Vaud! Cela ne vous inquiète pas?
Il n’y a qu’une couleur à changer au drapeau! (Rires). Non, soyons raisonnables, j’appelle de mes vœux cette collaboration, mais il n’a jamais été question de devenir Vaudois. Les Veveysans restent très attachés à Fribourg.

Quels sont alors les intérêts pour le district?
Le bassin versant de la Veveyse se tourne naturellement vers la Riviera. Les synergies concernent surtout les voies de communication et les transports, qui ne dynamiseront pas uniquement la démographie, mais aussi l’économie. L’amélioration de la mobilité, c’est l’avenir si nous ne voulons pas étouffer dans les bouchons. Si la Confédération débloque ce crédit, il y aura davantage d’emplois à Châtel-Saint-Denis. En concrétisant ces places de travail, nous pourrons éviter la migration. Châtel-Saint-Denis, mais aussi la Veveyse, ne doit pas être seulement un réservoir de résidents.

L’agglo Rivelac prévoit une zone artisanale à Châtel-St-Denis, la Veveyse sera finalement l’atelier de la Riviera, non?
Je ne crains pas qu’il n’y ait que de l’emploi à Châtel. Notre avantage par rapport à la Riviera, c’est que nous ne sommes pas à saturation. Nous pouvons encore densifier l’habitat. Il n’y a quasiment plus d’espaces libres entre La Tour-de-Peilz et Vevey. Châtel est à une encablure de Vevey, comme l’encre sur un buvard, il y a un phénomène de capillarité vers la Veveyse.

Les dimensions de cette agglo ne sont-elles pas démesurées?
Si on faisait une photo de la région en 2040, je ne vois pas comment et pourquoi le développement cesserait. Il faut donc le gérer, le contenir. «Gouverner, c’est prévoir», dit l’adage. Je suis persuadé que, dans trente ans, Châtel et Vevey se toucheront, le projet est grand, mais finalement toutes ces localités ne sont qu’à un jet de pierre les unes des autres.
C’est dommage que tout le district n’ait pas suivi. Les incidences touchent la Basse-Veveyse, mais aussi la Haute-Veveyse. Il faut éviter que ces régions deviennent des cités dortoirs. Il s’agira de gérer cette problématique par le biais du Plan directeur régional.

Face aux villes de la Riviera, la Veveyse ne risque-t-elle pas de se limiter à la touche campagnarde de l’agglo?
Nous ne renions pas notre touche agricole, nos traditions sont aussi un facteur important, il n’y a qu’à voir la Fête des vignerons. Mais nous ne sommes pas si mal lotis, lorsque l’on voit comme ça s’est construit sur la côte. Nous avons la chance de pouvoir être plus raisonnables. Au sein des discussions, nous sommes considérés comme un partenaire et non pas comme les paysans du coin! LG

 

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Les mesures pour Châtel
Le déplacement de la gare de Châtel-Saint-Denis est la pierre angulaire aussi bien de la révision du PAL en cours, que du projet d’agglo Rivelac (La Gruyère du 26 janvier). Actuellement en cul-de-sac, sa future installation près de l’ancienne Landi permettra d’améliorer le réseau de communication et de repenser le centre-ville. Le coût de ce déménagement est estimé pour l’heure à près de 8 mio. L’agglo prévoit aussi la construction d’une interface rail/bus dans le chef-lieu (2,5 mio), ainsi qu’un passage sous-voie (118000 fr.) permettant de relier la nouvelle gare au centre du chef-lieu.
Le déplacement de la gare nécessitera l’aménagement du réseau routier, dont le déplacement de la route de Palézieux (3,1 mio), mais aussi le projet d’un pont à la Péralla (3,7 mio) et le réaménagement de la route de Vevey. Autant de modifications qui permettront de délester le centre-ville de son trafic, et de mettre en place des mesures de mobilité douce prévues par le projet d’agglo. Ces nombreuses mesures sont classées prioritaires et devraient aboutir d’ici à 2015-2018. LG
 

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