Des vaches bichonnées par leurs propriétaires

| sam, 24. mar. 2012
Nettoyage, tonte et badigeonnage: les éleveurs sont aux petits soins avec leurs reines de beauté qui vont être présentées ce week-end à Expo Bulle. Mais gare au règlement!

PAR FRANK-OLIVIER BAECHLER
 

 
Une bonne génétique reste l’atout numéro un d’une vache de concours. Mais les dizaines d’éleveurs présents ce week-end à Expo Bulle, vitrine de l’élevage holstein et red holstein suisse, le savent bien: les premières places se jouent souvent sur des détails. A commencer par la préparation de l’animal.
Première étape? Entraîner ces reines de beauté à marcher avec élégance. «Comme des miss qui défilent!» glisse Dominique Pharisa dans un sourire. L’agriculteur d’Estavannens, dont la famille expose des vaches depuis vingt-cinq ans, en est le conducteur attitré. Mais l’apprentissage – au licol – n’est pas toujours aisé. «Il y en a des plus douées que d’autres. Avec une bête de 700 kg, ça peut être sport au début!» En général, l’objectif est atteint après quelques semaines d’exercices réguliers: une démarche lente, fluide et rectiligne, la tête bien haute.
Côté alimentation, les vaches de concours des Pharisa-Jaquet ne bénéficient d’aucun régime particulier. «La qualité de l’affouragement est importante, mais toutes nos bêtes sont logées à la même enseigne», indique le jeune homme de 31 ans. Avant de préciser: «Certains éleveurs fortunés n’utilisent que du foin de première coupe, ce qui donne plus de coffre à l’animal.»
Place ensuite aux grands nettoyages. A l’approche de la compétition, ces dames n’y échappent pas. Elles sont shampouinées, frottées, rincées, séchées… puis surveillées avec soin. «A chaque fois que l’une d’entre elles lève la queue, on court!» plaisante Dominique Pharisa. Pas question que la prétendante ne salisse sa belle robe bicolore à quelques heures de passer sur le ring.


Une ligne de dos parfaite
Pour figurer aux avant-postes, il faut aussi passer chez le coiffeur. Ou plutôt le clipper, dans le jargon, véritable spécialiste de la tonte. «Le nôtre est canadien. Nous sommes une équipe de copains à le faire venir, pour une douzaine de bêtes. Chez nous, les meilleurs ne sont pas disponibles», explique le Gruérien. Après la tonte du corps, puis des mamelles, dont les poils doivent être quasiment invisibles, le clipper se chargera d’égaliser le pelage dorsal des concurrentes. En donnant l’impression d’une ligne de dos parfaitement régulière. Et en usant si nécessaire de gel ou de laque.
La mamelle de la vache, enfin, fait l’objet de toutes les attentions. Pour la présenter bien pleine au jury, l’éleveur devra parfaitement connaître le stade de lactation de ses favorites. «Sans exagération non plus, sous peine de déformer les trayons ou de perdre le ligament central. L’application de crèmes à la menthe ou parfois de glace permet aussi une meilleure circulation du sang et favorise l’apparition des veines», confie l’agriculteur.
Mais attention: la colle n’est autorisée qu’à l’extrémité des pis, pour les empêcher de couler. Pas question d’utiliser cet artifice pour en modifier la forme et la position, comme c’est le cas en Amérique du Nord (lire ci-contre). Dominique Pharisa, dont l’une des holstein les plus prometteuses souffre justement de ce type de défaut, fait contre mauvaise fortune bon cœur. «Les règles sont les mêmes pour tout le monde. Et l’interdiction de la colle, il y a une dizaine d’années, a poussé les éleveurs à corriger le problème par la génétique. L’effet est positif.»

 

----------------

Infractions sanctionnées
En Suisse, les règles chapeautant la préparation et la présentation de vaches de concours sont particulièrement strictes. Elles figurent dans un code de l’honneur régulièrement mis à jour par la Communauté de travail des éleveurs bovins suisses et garantissant le bien-être des animaux. La liste des interdictions comprend l’injection de substances modifiant le comportement des bêtes, l’administration de substances dans la panse au moyen d’une sonde, l’utilisation de poils coupés ou artificiels pour améliorer la ligne de dos, le bandage serré des jarrets ou toute intervention sur le pis pour en modifier la forme naturelle. Des examens visuels et à l’ultrason sont notamment effectués par une commission de contrôle au hasard des étables et sur les animaux les mieux classés. En cas d’infraction, et en fonction de la gravité de la faute, l’éleveur risque un avertissement, une exclusion, une perte de classement, voire une interdiction de concours. FOB


 

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Le club où cohabitent rock, électro, théâtre…

L’Américaine Anna Burch lance ce samedi la saison des concerts d’Ebullition. Tour d’horizon avec le programmateur Thomas Van Daele, qui s’apprête à vivre sa deuxième année à la rue de Vevey.

ÉRIC BULLIARD

Après un premier week-end où se sont succédé une party et une soirée d’improvisation théâtrale, Ebullition retrouve le goût de la musique live ce samedi. «En septembre et en octobr...