L’Agroscope se prépare un bel avenir à Posieux

| mar, 06. mar. 2012
La réunion des activités de l’Agroscope Liebefeld-Posieux dans le canton de Fribourg offre des perspectives intéressantes. Rencontre avec le directeur de la station, Michael Gysi.

PAR DOMINIQUE MEYLAN


Visiter les locaux de Liebefeld donne une idée de l’ampleur des travaux à prévoir à Posieux. Des laboratoires, des chambres antiseptiques, des celliers pour les fromages se succèdent sur plusieurs étages. Dans un autre bâtiment, le maître des lieux Michael Gysi nous accueille dans son bureau. Avec le regroupement de la station de recherches Agroscope Liebefeld-Posieux (ALP) dans le canton de Fribourg, ces espaces devront être reconstruits et les équipements déménagés, dans la mesure du possible.
«Toute la chaîne alimentaire se trouvera sur le même site, se félicite le directeur de la station. De la fourche à la fourchette.» Actuellement, Posieux, en pleine campagne, se consacre davantage à la production. A Liebefeld, dans la banlieue bernoise, des chercheurs étudient les différentes transformations possibles de la viande et du lait. La station s’occupe encore de la sécurité et de la qualité des aliments. «Avec ce regroupement, les synergies sont nombreuses, estime Michael Gysi. Il y aura aussi moins de temps perdu.»
Les avantages ne s’arrêtent pas là. «Nous allons bénéficier d’infrastructures nouvelles, souligne Michael Gysi. Un assainissement devenait nécessaire.» Les locaux situés à Liebefeld appartiennent à la Confédération et ils devraient accueillir un autre occupant. Cette affectation future n’a pas encore été décidée.
Un pôle national
Le site de Posieux servira à la fois à la recherche appliquée et à la recherche fondamentale. Il devrait accueillir à terme, deux chaires universitaires, dont une nouvelle dédiée à l’apiculture. Dans cette optique, la proximité avec l’Institut agricole de Grangeneuve (IAG) est d’un grand intérêt. «Nous allons créer un pôle, un campus agricole, une structure unique au niveau national et international.»
«Nous avons reçu le mandat d’étudier les synergies possibles», confirme Geneviève Gassmann, directrice de l’IAG.  Les collaborations les plus évidentes concernent les infrastructures. Par exemple, le projet d’exploitation agricole commune devra être redimensionné. Les deux structures pourraient partager une fromagerie. En terme d’enseignement aussi, il pourrait y avoir des échanges. «Des chercheurs de l’Agroscope donnent déjà des cours à Grangeneuve», souligne Geneviève Gassmann.
Ce qui est certain, c’est que les deux structures se complètent. La tâche majeure de l’Institut agricole est la formation, celle de l’Agroscope, la recherche appliquée. «Nous espérons constituer un pool de transfert de connaissances pour valoriser les résultats de nos recherches», estime Michael Gysi. Geneviève Gassmann relève pour sa part qu’un tel site a toute son importance pour le secteur laitier et agroalimentaire, le premier employeur du canton. «Posieux sera un lieu vers lequel les Fribourgeois pourront se tourner.»
Quelques inconvénients
La nouvelle du déménagement a été accueillie de manières diverses à Liebefeld. «Certains trouvaient que c’était une conséquence normale de la fusion qui a eu lieu il y a huit ans, commente Michael Gysi. D’autres se sont montrés déçus.» Certains collaborateurs de Liefefeld habitent Zurich, ou même plus loin. Leur trajet quotidien va s’allonger. «Nous avons beaucoup de contacts à Berne. Ils ne seront pas coupés, mais plus éloignés», explique encore Michael Gysi, qui évoque les différents offices fédéraux et les interprofessions dont le siège est à Berne. Toutefois, si la capitale s’éloigne, Lausanne et son campus universitaire se rapprochent.
L’Agroscope Liebefeld-Posieux va aussi perdre son nom. Ce n’est pas seulement dû au regroupement: toutes les stations nationales de recherches devraient en changer d’ici à 2014. Selon Michael Gysi, «les noms seront choisis dans une optique de thèmes de recherches plutôt que de localisation géographique».
Actuellement, le défi principal consiste à évaluer les besoins en locaux pour les quelque 300 futurs utilisateurs du site de Posieux. «Il faut définir le nombre de m2 et de m3», commente Michael Gysi. Le canton de Fribourg va financer la construction des bâtiments qui seront ensuite loués à la Confédération. L’investissement est évalué à 70 millions de francs.
Pendant la durée des travaux, l’Agroscope poursuivra ses activités ordinaires. Le déménagement et l’installation à Posieux devraient être achevés en 2017, peut-être en 2018. Pour le haras national d’Avenches, qui dépend également de l’ALP, ce regroupement n’aura pas de conséquences.
 

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Visite des laboratoires
Le fromage suisse ne serait pas tout à fait le même sans l’Agroscope Liebefeld-Posieux. Dans ses locaux bernois, la station produit toute une série de cultures bactériennes (contenues dans de petits flacons, comme on en croise sur des chariots au détour d’un couloir), utilisées pour la fabrication de fromages, en particulier des pâtes dures. «Nous essayons de faire des  progrès au niveau du goût, explique Michael Gysi directeur de l’Agroscope Liebefeld-Posieux. De nouvelles cultures peuvent permettre d’améliorer un parfum.»
 En 2010, l’ALP a développé des cultures qui permettent d’attester la souche géographique d’un fromage. Avec cette technique, il est plus facile de trouver les imitations. Ces cultures ont d’abord été produites pour l’emmentaler AOC. Mais, les autres fromages ne sont pas oubliés.
Dans les celliers, des petites caves où l’on conserve ces fromages, on trouve des instruments inhabituels en ces lieux. Des appareils à rayons X permettent de faire des radiographies. Ce qui intéresse les chercheurs, ce sont les trous. En variant les cultures, on peut influencer leur formation.
Les meules de fromages à raclette ont également un aspect particulier. Elles sont régulièrement coupées et des échantillons sont prélevés pour effectuer des essais. Ici, on teste les conséquences de la congélation sur les cultures, pour voir si le fromage présente la même qualité qu’avec un sérum liquide.
Dans un autre cellier, en visiteur inattentif, on manque de provoquer une contamination en franchissant une ligne jaune. Les règles d’hygiène sont très strictes. Les chercheurs testent des micro-organismes qui doivent permettre d’inhiber la listeria, une bactérie dangereuse pour la santé. Les fromages en sont infestés.


Vastes recherches
Ce n’est qu’une part des activités bernoises de l’Agroscope. Les recherches s’étendent des aliments pour animaux aux denrées alimentaires d’origine animale, en passant par la production et la transformation. Dans le domaine de la génétique par exemple, les chercheurs comparent différentes races de vaches pour trouver quelle est la meilleure laitière. DM

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