Une fresque précieuse, cachée depuis des siècles

| mer, 07. mar. 2012
Des peintures murales qui datent des origines de la cathédrale St-Nicolas ont été découvertes. Elles étaient camouflées sous plusieurs couches de badigeon.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

La restauration de la cathédrale St-Nicolas à Fribourg a réservé une belle surprise, peut-être la dernière. Dans la chapelle Notre-Dame, derrière un autel et sous plusieurs couches de badigeon, se cachait une peinture murale d’une qualité exceptionnelle, selon les spécialistes. Les détails de cette fresque ont été présentés hier, en conférence de presse.
Il y a quelques mois, ce mur se présentait comme une surface grisâtre, sans intérêt. C’est en démontant un bardage de planches, placé à l’arrière d’un retable, pour inspecter des maçonneries que la curiosité des restaurateurs a été éveillée. Des sondages ont permis de retrouver des restes de peinture. Toute la surface a ensuite été dégagée.
Selon les analyses, ce décor date des origines de la cathédrale, au début du XIVe siècle. Il a été peint directement sur la pierre taillée. Sa qualité en fait une découverte unique pour la région. «C’est rare qu’on trouve des peintures encore aujourd’hui», souligne François Guex, conseiller scientifique au Service des biens culturels. Avec les restaurations successives, les édifices sont connus jusque dans leurs moindres recoins.
D’autres fresques de ce type ont été conservées en Suisse, en particulier outre-Sarine. En terres protestantes, au moment de la Réforme, elles ont souvent été recouvertes de badigeon, en même temps qu’on vidait les églises. La plupart ont été rendues à la lumière du jour dans les années 1950-1960. Dans le canton, le seul exemple de peinture de cette époque se situe dans une niche de l’église de Montagny.


Des siècles d’oubli
Il est difficile de savoir quand cette fresque a été recouverte. Il existe différentes hypothèses: un document de 1508 donne la permission de lancer des travaux dans la chapelle Notre-Dame. «Est-ce qu’on a posé un retable à ce moment-là?» s’interroge François Guex. Dès le XVIIe siècle, il est clair que la fresque médiévale n’était plus visible. Sa partie supérieure avait été recouverte.
Dégager les couches de badigeon n’a pas été aisé. Les restaurateurs ont utilisé des scalpels et des instruments à ultrasons. La peinture, délicate et écaillée, a dû être rapidement fixée. Les restaurateurs s’accordent à dire que le travail est d’une sophistication technique assez extraordinaire. «Cela montre que l’église paroissiale de Fribourg – qui n’était pas encore une cathédrale – avait les moyens de réaliser des peintures de ce genre», souligne François Guex.


Bientôt cachée
La fresque occupe toute la partie inférieure d’un mur. Cependant, elle est partiellement cachée par un autel, datant de 1753. Cette structure ne va pas être déplacée. «Aujourd’hui, on hésite à casser du XVIIIe pour voir du gothique, explique François Guex. Cet autel est aussi d’une grande valeur. Il fait partie d’un ensemble.»
La fresque pourra être admirée jusqu’au 7 avril seulement. Ensuite, elle sera à nouveau camouflée derrière un tableau, qui va être placé de manière à préserver la peinture. Il pourra être facilement enlevé.
Avec ces travaux dans la chapelle Notre-Dame, la restauration de la cathédrale St-Nicolas est bientôt terminée. Plus précisément, un cycle s’achève. Le chantier avait commencé en 1920 avec la remise en état de la tour. L’extérieur, puis l’intérieur de l’édifice ont reçu des soins. Reste encore le portail sud, camouflé sous un couvert depuis quarante ans. Il sera restauré après l’ouverture du pont de la Poya, quand le quartier aura été libéré d’une partie de la circulation. Ensuite, un nouveau cycle débutera.
 

Commentaires

Quel miracle que d'apparaître l'année des grandes célébrations!..

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