La naissance plutôt difficile de l’accueil extrascolaire

| sam, 02. juin. 2012
La mise en place de l’accueil extrascolaire ne s’effectue pas à la même vitesse dans toutes les communes. Elles ont jusqu’à octobre 2012 pour présenter un projet.

PAR VICTORIEN KISSLING


A une table, des garçons jouent à Star wars. A la table d’à côté, des filles s’amusent à catapulter des grenouilles en plastique. Il est 13 h à l’école de Semsales. Alors que la majorité des 152 élèves de l’établissement sont rentrés chez eux pour dîner, une douzaine d’enfants sont restés dans l’enceinte de l’école pour manger, s’amuser ou travailler. Ils profitent de l’accueil extrascolaire mis en place six mois plus tôt, à l’inauguration du nouveau bâtiment scolaire. Semsales bénéfice en effet de l’une des 55 structures du canton actuellement en conformité avec la nouvelle loi cantonale en vigueur depuis 2011.
«Avec un réfectoire et d’autres locaux pour des ateliers ou des devoirs surveillés, nous avons la chance d’avoir une structure adéquate. D’ailleurs, que ce soient des enfants ou des parents, nous n’avons eu que des échos favorables», relève Isabelle Morier Jaquet, présidente de l’association La Planète colorée, fondée à Semsales pour gérer cet accueil et qui compte actuellement environ 45 enfants inscrits.


Des structures distinctes
Un constat partagé par Stéphanie Sauteur, responsable de l’accueil. Elle travaille en collaboration avec une auxiliaire pour assurer une présence quotidienne selon des tranches horaires clairement définies. «Des enfants ne viennent que quelques jours par semaine, d’autres quotidiennement ou d’autres en dépannage. Pour l’instant, on les accueille de
11 h 35 à 13 h 20 et de 15 h 10 à 18 h. Il est question d’élargir ces horaires au matin», explique l’animatrice qui a suivi la formation désormais obligatoire pour gérer un accueil extrascolaire.
Entre ces horaires, l’école reprend ses droits. «Ce sont deux structures distinctes, rappelle Raphaël Droux, responsable de l’établissement de Semsales. Nous n’avons donc pas de charge administrative supplémentaire, mais les enseignants collaborent, notamment en annonçant des changements d’horaires ou en transmettant des informations en classe.» Comme une cinquantaine d’autres communes du canton, Semsales a donc répondu aux attentes de la nouvelle loi.
Ailleurs, la mise en place ne s’effectue pas aussi sereinement, principalement à cause du nombre d’enfants concernés. Pour François Roubaty, président de la Fédération fribourgeoise des accueils extrascolaires (FFAE), les petits villages sont ainsi pénalisés. «Il est impensable de mettre en place une véritable structure pour deux ou trois enfants, car un accueil extrascolaire est un projet conséquent qui nécessite beaucoup de moyens. Il est aussi difficile d’imaginer des regroupements intercommunaux à cause des contraintes de transport que cela impliquerait.»


Demandes insuffisantes
Ce problème, Grandvillard le connaît bien. «Nous n’avons pas pu mettre en place d’infrastructure permanente, car seuls cinq ou six enfants sont concernés», explique Philippe Mercier, conseiller communal en charge de l’accueil de la petite enfance. Pour se mettre en conformité avec la loi, la commune a donc opté pour une autre solution. «Deux dames du village ont suivi la formation pour devenir assistantes parentales. Elles pourront donc accueillir les enfants chez elles.»
Avantages de ce choix: la commune n’a pas de charge administrative supplémentaire et n’a pas de gros investissements financiers à réaliser, en personnel ou en locaux. «Mais nous subventionnons par contre un pourcentage du salaire des assistantes parentales», précise Philippe Mercier, sans chiffrer la part de ce financement.


Délai à octobre 2012
Compter sur des assistantes parentales n’est toutefois pas la solution adéquate aux yeux de François Roubaty. «Il ne faudrait pas que les communes se “déchargent” sur les associations de mamans de jour, car chaque commune doit prendre ses responsabilités», explique le président de la FFAE.
Le Service de l’enfance et de la jeunesse (SEJ), qui délivre les autorisations et contrôle le respect des directives, est du même avis. «Les communes ont jusqu’en octobre 2012 pour présenter un projet concret. Beaucoup d’entre elles en sont encore aux sondages. Mais au moins, chaque commune a accepté d’entrer en matière», constate Stéphane Quéru, chef du SEJ. A six mois du terme légal, il existe 55 structures fonctionnelles et huit projets prévus pour la rentrée d’août. Toutes les autres communes en sont encore au stade de l’évaluation des besoins.

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La Glâne en réflexion
Avec seulement trois structures existantes à Romont, Siviriez et Torny, la Glâne est le district le moins équipé en accueil extrascolaire. «C’est un manque dont nous avons conscience. Même si la création de places d’accueil extrascolaire incombe aux communes, nous avons organisé le mois dernier une séance d’information avec toutes les communes et le Service de l’enfance et de la jeunesse pour rappeler l’urgence de prendre des mesures et tenter de trouver des synergies», explique le préfet Willy Schorderet. Selon lui, c’est la taille trop petite des villages – et par conséquent la demande insuffisante – qui justifie les difficultés rencontrées par la Glâne pour créer des places d’accueil.
Dans l’intervalle, la gestion de l’accueil extrascolaire revient à l’association Accueil familial de jour en Glâne. «Actuellement, 236 enfants de 4 à 12 ans scolarisés en enfantine et en primaire sont accueillis chez nos assistantes parentales», confirme Pascale Mottet, présidente de l’association dont le mandat impliquait uniquement un accueil préscolaire. «Cette situation pose des problèmes, car le nombre de places n’est pas illimité. Les directives de mars 2011 fixent des normes, par exemple quatre enfants au maximum pour l’accueil préscolaire, six pour l’accueil extrascolaire et huit pour l’accueil à midi», précise Pascale Mottet.

Soutien des communes
A l’heure actuelle, de nombreuses assistantes parentales ont atteint ces quotas. «Ce qui nous empêche de remplir notre mandat d’accueil préscolaire, déplore la présidente. Nous avons donc écrit aux communes pour leur indiquer que notre structure ne peut pas absorber toute la demande.» Selon Pascale Mottet, les communes ont réservé un bon accueil à ces doléances en assurant poursuivre le but commun de la prise en charge de qualité des enfants. «Je crois en effet que les communes ont pris conscience de l’urgence de la situation. Je l’espère en tout cas, car pour être aux normes en octobre 2012 comme exigé, c’est maintenant qu’il faut s’y prendre», rappelle Willy Schorderet. VK
 

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