La moitié moitié à la mode neuchâteloise

Partager sa saison entre le tout-terrain et la route convient plutôt bien à Nicolas Lüthi, vainqueur de la Glèbe Bike samedi et à la recherche d’une équipe professionnelle la saison prochaine.

PAR KARINE ALLEMANN



Une fois la ligne d’arrivée franchie, à Estavayer-le-Gibloux, Nicolas Lüthi a eu le temps de boire un verre à la table de contrôle. Puis un deuxième, papotant gentiment avec les dames du ravitaillement. Avec, toujours, un œil sur la ligne, attendant de voir arriver son dauphin. Celui-ci mit presque deux minutes pour le rejoindre. Sans surprise, c’est le jeune Fribourgeois Florian Chenaux qui a pu, en premier, féliciter le vainqueur du jour, lauréat de la Glèbe Bike pour la première fois.
Le quintuple vainqueur du classement général de la Romandie Wind Cup a très vite fait course en tête samedi. «Ces derniers temps, je suis vraiment en forme, apprécie Nicolas Lüthi. Au vu de ses résultats en Coupe de Suisse, je savais que Florian l’était aussi. On est partis tous les deux. Mais, comme je me sentais bien, après 18 kilomètres je me suis lancé. Puis j’ai géré jusqu’à la fin, sans prendre de risque dans les descentes.»
Sociétaire du VC Fribourg, Florian Chenaux (19 ans) se disait plutôt content de sa deuxième place. «Nicolas a accéléré vers la moitié de la montée du Gibloux. Franchement, si j’avais voulu suivre, j’aurais pété.»
A la troisième place, on retrouve le jeune frère du vainqueur, Patrick Lüthi. Meilleur régional du jour, Joël Niederberger s’est hissé à la 5e place du classement scratch. «J’étais 7e ou 8e à l’antenne du Gibloux. Mes jambes me brûlaient dans les montées, je n’aurais pas pensé finir si bien. Mais j’ai la chance de bien connaître le Gibloux, cela m’a aidé dans la descente finale. Le gars qui me précédait a chuté. Je suis donc passé 5e et j’ai fait le forcing pour garder cette place.»
La suite pour ces coureurs? «J’hésite encore à m’aligner aux championnats de Suisse, dans deux semaines, ou à m’octroyer une pause, explique le constructeur métallique désormais établi à Estavannens. Ensuite, au mois d’août, ce sera de longues sorties pour préparer le Grand Raid.»
De son côté, Florian Chenaux s’alignera bien aux championnats nationaux en U23. «Le niveau suisse est très bon dans cette catégorie, je n’ai donc pas d’objectif précis. Pour ma première saison messieurs, j’ai pu obtenir les points pour passer élite. L’année prochaine, j’espère pouvoir participer à des courses internationales. Dès le mois d’août, j’aurai terminé mon apprentissage et je travaillerai à 50% comme menuisier.»


Bientôt avec les pros?
Nicolas Lüthi, 25 ans, ne manque pas d’ambition non plus. «Pour la première fois, j’ai partagé ma saison en deux: une moitié sur route, une moitié en VTT. Et cela s’est plutôt bien passé.»
Si le Neuchâtelois s’est notamment imposé à Romont en mai dernier, c’est sur route, et en France, qu’il s’est particulièrement illustré: «Je suis passé de la catégorie 2 à la catégorie 1, parce que je compte plus de cinq victoires depuis le début de l’année. J’espère trouver une équipe pro ou semi-pro l’année prochaine. Mon but serait de participer à de jolies petites courses à étapes. Pour l’instant, je travaille à 70% comme mécanicien sur vélo. C’est un bon compromis qui me permet de vivre de ma passion. Mais, si je veux franchir une étape, cela devra changer. Je suis donc en train de monter un dossier pour contacter des équipes.»
A noter que, samedi à Estavayer-le-Gibloux, le canton de Neuchâtel a fait coup double avec la victoire chez les dames de Stéphanie Métille (Hauterive). En juniors garçons, c’est le Marsensois Baptiste Spicher qui s’est imposé.

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Moins au départ
Avec 332 vététistes au départ, la Glèbe Bike a enregistré une cinquantaine de participants de moins qu’en 2011. Le président d’organisation Gérald Weissbaum n’est toutefois pas inquiet: «Le chronométreur Roland Müller m’a dit qu’il avait remarqué une baisse générale sur plusieurs courses en Suisse romande. Le choix est toujours plus grand et certains coureurs ciblent davantage.»
L’organisateur est-il satisfait de sa journée? «Oui! Même s’il y a eu quelques soucis du côté de Vuisternens-en-Ogoz, où il a fallu aller remettre quatre fois des piquets, qui avaient été arrachés et jetés dans des arbres. C’est de plus en plus difficile d’organiser une course. Heureusement, de notre côté, on peut tirer un grand coup de chapeau aux communes que l’on traverse, à savoir le Glèbe, Vuisternens-en-Ogoz, Pont-en-Ogoz, Sorens et Villorsonnens.» KA
 

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