Plan de bataille pour retrouver des nuits plus calmes à Bulle

| mar, 03. jui. 2012
Noct'en'Bulle, c'est la nouvelle charte qui entend préserver l'ordre et la tranquillité publics en ville de Bulle. Signée par 32 établissements publics, la préfecture, la ville et la police, elle établit une série d'actions de sensibilisation.

PAR YANN GUERCHANIK
«Pas une semaine ne se passe sans que la police, la préfecture ou la ville de Bulle soient appelées à intervenir pour des raisons de tapage nocturne, de nuisances, d’actes de violence ou d’incivilité.» Le préfet de la Gruyère Patrice Borcard n’entend pas pour autant peindre le diable sur la muraille: «Bulle n’est pas Lausanne, mais il vaut mieux prévenir que guérir.»
Un nouveau plan d’action a donc été présenté à la presse lundi. Dans sa croisade contre les nuits agitées, la préfecture mise sur une stratégie de partenariat en ciblant le centre-ville. Avec la police et la ville de Bulle, mais également avec les tenanciers d’établissements publics du secteur en question: trente-deux ont été invités, vingt-sept se sont déjà engagés. Les autres «sont en passe de le faire», selon Patrice Borcard, qui relève «qu’il existait une demande de leur part».
On retrouve au sein de la coalition les établissements clés de la vie nocturne bulloise, comme Le Buro, L’Indus, Le Melocoton, Le 43, Le IIIe ou La Taverne, qui a ouvert la semaine passée en lieu et place du Memphis. Mais également les patrons de restaurants ainsi que les responsables de Globull et Ebullition.
Cette nouvelle ligue a établi une charte afin «de préserver l’ordre et la tranquillité publics». Intitulée Noct’en’Bulle, elle se veut «un instrument capable de clarifier les responsabilités de chacun». Elle articule ainsi «des règles de conduite communes» et instaure les principes «d’une prévention active».

 

  • Des règles communes

Les partenaires s’engagent à collaborer, échanger des informations et se rencontrer ponctuellement pour faire le point. Les exploitants d’établissement vont plus particulièrement porter leurs efforts sur une série de mesures.
Fermeture. Sauf prolongation sur requête motivée, elle est fixée à 23 h 30 la semaine et 24 h le week-end, selon la loi. De plus, l’arrêt du service et de la diffusion de la musique doit se faire quinze minutes avant.
Volume sonore. La charte stipule la fermeture systématique des portes et fenêtres. Elle encourage aussi l’installation d’un système de fermeture fixe. Le volume doit faire l’objet de surveillance à l’aide d’un appareil de contrôle de décibels ou d’un limiteur de décibels. La musique doit être diminuée progressivement une demi-heure avant la fermeture de l’établissement.
Terrasses. Les signataires s’engagent à appliquer le règlement spécifique sur lequel la ville de Bulle planche actuellement. La diffusion de musique est interdite. La terrasse doit être fermée selon les horaires en vigueur (23 h 30 et 24 h) et le mobilier «rangé ou bâché afin d’éviter son utilisation durant la nuit». Les poubelles et le verre vide doivent êtres évacués de 9 h à 22 h.
Propreté. Le nettoyage du périmètre de l’établissement doit être fait par le personnel (ramassage des verres, bouteilles, détritus). Les tenanciers se soucient d’entretenir de bonnes relations avec le voisinage.
Fumeurs. La clientèle doit être informée sur le comportement à adopter à l’extérieur de l’établissement afin de minimiser les nuisances pour le voisinage. Une opération «ecobox» va être menée afin de promouvoir la propreté. Il s’agira de distribuer des petites boîtes en fer-blanc et encourager la clientèle à y déposer ses mégots.
Sécurité privée. La charte prévoit la mise en place d’une collaboration entre les services privés de sécurité des établissements. Notamment la diffusion d’informations (personnes interdites, refoulées, ivres, etc.). Il est prévu également une collaboration avec les agents de sécurité mise en place cet été par la ville de Bulle (lire ci-dessous).

  • Prévention active

Alcool. Le préfet Patrice Borcard a insisté sur ce point: «Interdiction de vendre de l’alcool à des clients déjà sous l’emprise évidente de l’alcool.» Moins délicat à mettre en œuvre, un point de la charte stipule qu’on «favorisera la vente de boissons non alcoolisées et à des prix abordables pour les jeunes».
Formation du personnel. Des séances d’information communes seront organisées pour former le personnel à l’application de la charte. Une sensibilisation au partenariat entre le personnel, la police et les autorités sera également menée.
Associations. Les partenaires collaborent également avec REPER (promotion de la santé et prévention des dépendances), Stop Violence et Bulle Sympa.
Glion. Une minorité d’étudiants de l’Ecole hôtelière a défrayé plus d’une fois la chronique des nuits bulloises. Au programme de la charte, sensibilisation et échange d’informations avec les responsables de l’école. Des pratiques déjà en vigueur. Le chef de la gendarmerie du Sud fribourgeois, Jean-Jacques Reynaud, a indiqué à ce sujet un changement dans les critères d’intervention: sous la conduite du procureur, la police locale peut désormais encaisser tout de suite une amende pour tapage nocturne. Tarif: 400 fr. frais administratifs inclus.

  • Autres actions

Les signataires de la charte prévoient une large campagne de communication par le biais d’affiches, de flyers et de panneaux relayant les mesures et les objectifs de Noct’en’Bulle.
«Chuteurs». Durant quelques week-ends cet été, trois ou quatre «chuteurs» seront engagés pour inciter les gens à faire moins de bruit. «On veut à la fois être efficace et privilégier une version proche du spectacle de rue», explique Hervé Ruffieux, administrateur de Globull et l’un des rédacteurs principaux de la charte.

  • Budget

Noct’en’Bulle compte sur un budget de 20000 fr. Une somme réunie grâce aux contributions de Stop Violence (5000 fr.), de la ville de Bulle (4000 fr.), des tenanciers (6000 fr., soit 200 fr. par établissement) ainsi que de la Loterie romande (5000 fr.).

 

Deux agents de sécurité cet été
La ville de Bulle a engagé deux agents de sécurité de l’agence Protectas pour la saison estivale. «C’est un essai, explique la vice-syndique Josiane Romanens. Ils vont patrouiller en ville du 1er juin au 15 juillet et du 18 août à la fin septembre.» Leur cahier des charges a été avalisé par la police cantonale. «Ils savent jusqu’où ils peuvent aller. Au-delà, ils appellent la police. C’est une présence dissuasive.» La ville débourse 11000 francs pour ce service supplémentaire, qui cherche à compenser un tant soit peu le vide laissé par la disparition de la police de proximité. YG

Commentaires

Sérieusement, pensez-vous vraiment que ces hiboux vont faire changer les choses? Soyons honnête: ceci ne sert strictement à rien.

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