Une frénésie de musiques à Romont

| mar, 25. sep. 2012
La 9e édition des 20 Heures de musiques a dicté, samedi, le pouls du chef-lieu glânois. Parmi les 115 concerts à l’affiche, celui de l’Ensemble baBel n’est pas passé inaperçu. La météo maussade n’a pas découragé les 9000 visiteurs.

PAR FRANK-OLIVIER BAECHLER

Pour inaugurer, samedi, la 9e édition des 20 Heures de musiques de Romont, il ne fallait être fâché ni avec son  réveil ni avec des conditions météo très automnales – vent et pluie battante.
Et pourtant, quatre heures du matin n’ont pas encore sonné que l’église abbatiale de la Fille-Dieu affiche déjà complet. Rompues à ces horaires difficiles, les moniales brillent par leur ponctualité. Ma foi, le Seigneur n’attend pas… Le chant des vigiles retentit alors dans ce lieu d’une belle sobriété, dont l’ambiance recueillie est à peine dérangée par l’arrivée involontairement fracassante de quelque retardataire. Une entrée en matière sans fausse note. Enfin, presque, diront les mélomanes…
Dehors, la tourmente fait rage et personne n’est pressé de prendre l’air. Voilà qui tombe bien: l’Accroche-Chœur, avec son concert à la Vierge, succède bientôt aux sœurs de la Fille-Dieu. En un mot: mystique.
La suite se passe intra muros, à la chapelle réformée. Un petit quart d’heure pour changer de lieu, le timing est serré. Les trombes d’eau qui s’abattent toujours sur la Glâne en découragent quelques-uns. Pas grave: l’atmosphère n’en devient que plus intimiste. D’autant que les membres de l’Octuor Quartet – qui, pour l’occasion, ne sont que sept – apportent un soin tout particulier à la mise en scène.


Cafés et croissants
Tout de pyjamas vêtus, ils entament leur concert à la lueur vacillante des bougies. «Quand on a reçu l’horaire, on ne vous cache pas qu’on a tiré un peu la gueule», avoue l’un d’entre eux, sourire en coin. Pas rancuniers pour un sou, ils gratifieront leur public d’une prestation pleine d’humour, reprenant à leur sauce – gestuelle et bruitages compris – quelques classiques français ou anglo-saxons. Sans oublier d’offrir croissants et cafés à quelques chanceux spectateurs.
Changement de registre, à sept heures, avec le B3 Jazz Orchestra, un big band broyard typique de seize musiciens. Que ronflent les cuivres, sur des airs de Gillespie, Trenet ou Count Basie! Le jazz, une belle invention.
A des heures enfin ordinaires, il est temps de rendre visite aux allumés de l’Ensemble baBel, lancés dans une performance musicale de vingt heures consécutives (voir ci-dessous). On en ressort subjugué, presque hypnotisé.
Mais vite, ne traînons pas. L’événement du jour, c’est pour maintenant: le 1000e concert des 20 Heures de musiques, depuis les débuts de la manifestation. La foule se presse déjà devant la collégiale. L’Accroche-Chœur y présente la Misa a Buenos Aires, du compositeur argentin Martin Palmeri. On prétend l’œuvre tantôt profonde et intimiste, tantôt festive et jubilatoire. Tout cela est vrai. Sublimissime.


Un choix difficile
Pour le boulimique de musique, avide de découvertes, les choses ne tardent pas à se compliquer. Il est bientôt dix heures, pour autant de concerts programmés simultanément dans le chef-lieu glânois. Lequel choisir? Le Chœur de clarinettes de Fribourg, les chansons pour enfants d’Isis L. & Jacky Lagger ou le sextuor vocal féminin des Indécises? A la diversité des genres, s’ajoute celle des lieux: allez, direction la cave du château, pour le rock d’Eric Constantin.
Malheureusement, les propriétés sonores de l’endroit s’accommodent plutôt mal de la musique du jeune Valaisan. Place aux compositions jazzy de Tri-bal Reunion, dans un magasin Coup d’pouce à l’acoustique étonnamment parfaite.
Durant les quarante-cinq minutes que dure chaque concert, le calme règne dans les rues. Le dernier quart de l’heure voit ces dernières s’animer et bruisser de conseils avisés. «A onze heures, ne manquez pas L’Opéra à bretelles!» «Aliose? Une merveille…» «Sans parler de Norn, ce soir, aux Capucins.»
On vous le disait: boulimique...

 

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Un bilan réjouissant
La météo maussade n’a pas découragé les adeptes des 20 Heures de musiques de Romont. Pour sa 9e édition, la manifestation bisannuelle a totalisé quelque 9000 entrées, dans treize lieux de concert différents. Un résultat identique à celui de 2010.
«Nous n’avons eu que des retours positifs. Et, chose rare, tous les concerts ont pu avoir lieu. Aucune défection de dernière minute n’est à déplorer», se félicite Frédéric Rossier, président du comité d’organisation.
Parmi les grands moments musicaux, les organisateurs retiennent la Misa tango de l’Accroche-Chœur, le Brass Band de Fribourg, ou encore la prestation très matinale et pleine d’humour de l’Octuor Contretemps. «Personnellement, j’ai eu un énorme coup de cœur pour Aliose, un groupe pop-folk vaudois», ajoute un Frédéric Rossier conquis.
Comme d’habitude, la journée fut aussi propice aux découvertes: L’Opéra à bretelles – un quatuor de jeunes chanteurs professionnels d’origine fribourgeoise, accompagné d’un accordéon – a fait un tabac, tout comme Les Indécises ou encore Norn, deux formations vocales entièrement féminines.
La prochaine et 10e édition des 20 Heures de musiques de Romont est d’ores et déjà fixée au 27 septembre 2014. FOB

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