Jusqu’où aller pour la bonne santé de nos élèves?

| jeu, 15. nov. 2012
Dans les cours de récré, on veille à l’alimentation saine des élèves. En allant parfois trop loin, estiment certains parents, pour qui le choix de la collation relève du domaine privé. Comme il n’y a pas de base légale, chaque établissement est libre

La guerre à la malbouffe est déclarée dans les cours de récréation. Comment les enseignants doivent-ils réagir?

Par Priska Rauber


«Est-ce que j’ose tartiner le pain de mon enfant avec de la confiture ou, à cause de ce sucre, sa récré va-t-elle revenir en retour?» Cette question, Amélie se l’est vraiment posée. Car dans les cours de récréation, l’heure est à la lutte. Ou, pour être politiquement correct, «à la promotion d’une alimentation saine», à travers une liste de collations plus ou moins diététiques établie sur la base des conseils des médecins scolaires. Si le but est louable – la lutte contre le surpoids et les caries – cette intrusion de l’école dans l’éducation n’est pas au goût de tous les parents.

Comme il n’existe pas de base légale concernant l’alimentation des élèves aux dix heures (voir ci-dessous), établissements et professeurs sont libres d’interpréter ces directives de manière plus ou moins souple. Certains listent les aliments interdits, d’autres examinent les collations de leurs élèves. Comme la maîtresse des enfants d’Amélie, à Sorens.


«Et quand elle a vu mon enfant avec sa galette de riz nappée de chocolat, elle lui a dit que ce n’était pas un bon choix. Il y a été sensible, peut-être gêné.» Et de regretter que la maîtresse ne s’adresse pas directement aux parents lorsqu’elle estime que la collation ne convient pas. Par ailleurs, le médecin scolaire n’a pas indiqué que le chocolat était à bannir. «Bien faire devient donc compliqué. Un Farmer, non enrobé de chocolat bien sûr, qui trouve grâce aux yeux de la maîtresse, n’est pas meilleur pour la santé du point de vue des mauvaises graisses», poursuit Amélie, pour qui ces recommandations ne posent aucun problème sur le fond. Mais sur la forme.

La chasse au surpoids
Une autre maman, enseignante à l’école primaire de Bulle, abonde. «Nous sommes entrés dans l’ère de la chasse au surpoids.» Elle relève le risque de stigmatisation. Alors, si elle partage l’idée que l’école peut, et doit, participer à la promotion de la santé, elle est d’avis «qu’aborder le thème de l’alimentation ou des besoins physiologiques dans le cadre de certains cours est beaucoup plus convenable et porteur que se mettre à ouvrir les sacs des élèves pour juger leur collation».


Il ressort que les parents ne s’indignent pas contre l’éducation à la santé dans le cadre scolaire. Ils estiment surtout que le choix des collations est du domaine privé. Ils sont prêts à suivre les recommandations, mais veulent pouvoir aviser en fonction de la situation. Leur enfant n’a pas eu le temps ou l’envie de prendre un petit déjeuner? Une tartine à la confiture pour les dix heures participera à son alimentation équilibrée. Leur enfant a mangé chaque jour une pomme, mais se rendrait à l’école plus léger si, ce vendredi, une petite friandise l’attendait à la récré? C’est d’accord mon petit. Sauf que, parfois, jongler entre les aliments sains et les aliments plaisirs est carrément impossible.


Ainsi, une école primaire de la ville de Fribourg – qui ne souhaite pas être nominalement désignée – a listé les collations interdites: honnis les Mars et autres Balisto, les Kinder et les Farmer, les chips, les biscuits et les viennoiseries, le coca, le thé froid et l’Orangina. Sont «seuls permis» les fruits, fromages, carottes et concombre, le lait, les galettes de riz (nature), les krisprolls et les sandwiches maison.

Derrière ce règlement strict, «établi en collaboration avec le médecin scolaire», le responsable d’établissement de cette école indique qu’il y a «une philosophie. Nous agissons pour la santé des enfants. Pour qu’ils changent efficacement leurs mauvaises habitudes, celles de prendre pour les dix heures des chips ou des croissants – dont on sait qu’ils sont bourrés de matières grasses de mauvaise qualité.» Pour lui, aborder les risques d’une mauvaise alimentation dans le cadre du programme scolaire «donne peu de résultats. Nous sommes donc passés au niveau supérieur pour faire en sorte que tous nos élèves apportent des collations saines.»

Il avoue que, depuis l’introduction de ces directives, il y a quatre ans, certains parents ont manifesté leur mécontentement. «Ils se comptent toutefois sur les doigts d’une main. A ceux-ci, nous avons expliqué de vive voix que beaucoup d’enfants n’apportent pas des collations sai-nes. Nous les avons priés, pour la santé de ces enfants-là, d’accepter notre règlement.»

Commentaires

Bonjour, Du grand n'importe quoi... L'école commence à dépasser les limites... Bientôt ils viendront nous enlever les enfants à la naissance..... Manger sainement oui mais n'ont-ils pas le droit d'avoir de temps à autre une petite frandise?? Je crois que l'école a d'autres problèmes à résoudre que se mêler de l'alimentation des enfants... Premièrement que les profs qui fument sous le nez de leurs élèves avant la sonnerie du matin et l'après midi et aux récrés soient aussi contrôlés... quel exemple pour les enfants!!! A bon entendeur
Moi, je trouve cela très bien. De toute façon , c'est à l'école que mon enfant apprend à lacer ses souliers, ce sont les enseignants qui lui ferment la veste quand il fait froid ou qui lui enfilent le bonnet. De même pour les heures, il apprend très bien à les lire en classe car ils ont une horloge à aiguilles! Je n'ai pas le temps de m'occuper de mes enfants, c'est à l'école de leur apprendre tout cela. Alors, bravo de leur apprendre ce qui est bon ou mauvais dans l'alimentation, j'aimerais bien qu'ils conseillent aussi ce qui est bien de regarder à la TV, sur internet et de leur expliquer quelles applications à télécharger sur les Ipod ou Iphone. Et pour l'heure à laquelle il faut les coucher, j'aurais un petit souhait car j'ai quelques difficultés: pourrait-on imaginer que les enseignants passent dans les maisons pour nous donner un coup main, que je puisse boire ma bière tranquille! On n'a pas que ça à faire nous. Eux sont d'ailleurs toujours en vacances!
Dans l'école de ma fille, il y a des règles relatives aux collations des enfants. Par exemple, les boissons sucrées sont purement interdites.L'ensemble des parents (dont je fais partie) approuve cette gestion, car cela a été demandé lors des réunions de parents.
Martina, Encore une fois, de quel droit imposez-vous une règle d'hygiène de vie aux autres. Que les distributeurs de boissons sucrées soient interdits dans les écoles et les CO, je suis d'accord. A votre égard, je suggère que si vous consommez de temps à autre quelques boissons alcolisées, votre assureur LaMal vous impose une surprime pour consomation de boissons néfastes à la santé!!! Que votre assureur auto vous condamne à une surprime en raison de...??? Si vous continuez dans votre raisonnement, peut-être qu'un jour les assureurs le feront, s'ils ne l'ont pas déjà fait dans certains cas... Vous n'avez pas à imposer votre choix dans ce domaine. Laissez encore un peu de libre choix aux citoyens-parents responsables. Comme je l'ai dit dans mon précédent post: Petit Suisse, ta liberté "fout le camp".
Quelle est la legitimite du corps enseignant sur une telle decision?? Totalement scandaleux. Quelle drole de corporation les enseignents. En tous cas, mon enfant ne se soumettra en aucun cas ce dictat autoritaire et totalitaire`! Je viendrai meme en personne controler que mon enfant puisse bien manger ce qu il desire a la recreation.
Bonjour, La dictature, vous en avez entendu parler? Cette école primaire de Fribourg se sent l'obligation aujourd'hui d'imposer aux parents ce qu'ils doivent acheter pour les dix heures de leur enfant... Louable action. Et demain? ques-ce que sera? L'obligation aux parents de fournir la liste des menus de la semaine, un fonctionnaire sera chargé d'effectuer des contrôles? Cela créera quelques postes de travail et coûtera encore plus cher au contribuable !!! L'uniforme, le téléphone identique pour tous, les loisirs non conformes aux dictat de cette direction, interdits? Chic le citoyen Suisse est libre, mais si nous continuons à accepter n'imorte quoi: il nous restera la liberté d'obéir!!! Allez, courrage heureux parents: subissez!

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