La nouvelle filiale de CPA Group qui surveille les défauts

| jeu, 22. nov. 2012
CPA Group, à Villaz-Saint-Pierre, compte une nouvelle société fille, ViDi Systems SA. Son créneau: l’inspection automatisée de pièces produites en série. Cette technologie combine informatique, mathématiques, physique et neurosciences.

PAR THIBAUD GUISAN

En moins de deux secondes, vis, mèches ou pièces d’horlogerie sont inspectées sous toutes leurs coutures. La machine traque les défauts de tout élément produit en série.
Le dispositif, doté d’un robot et recouvert d’une cloche bombée, est l’invention de ViDi Systems SA. La société, qui va être juridiquement créée dans les prochaines semaines, est la quatrième – et toute nouvelle – société fille de CPA Group.


La holding industrielle de Villaz-Saint-Pierre, qui vient de vendre une entité, Solvix SA (La Gruyère de samedi), confirme sa volonté de diversification, en continuant à investir dans des start-up innovantes. «Tout est parti d’un besoin de nos clients», révèle Nicolas Corsi, chargé d’assurer le développement de nouvelles sociétés au sein du groupe. «C’est la résolution d’une problématique industrielle.»


En début d’année, CPA Group a racheté un paquet technologique au Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM): un institut de recherche et de développement privé basé à Neuchâtel et dont un centre est situé à Alpnach, dans le demi-canton d’Obwald.


D’ici à la fin de l’année, ViDi Systems livrera sa première machine à un fabricant de montres suisse alémanique. Sa fabrication a démarré ce printemps dans la zone industrielle du Vivier. «En tout, cinq installations ont été commandées, expose Nicolas Corsi. Assez rapidement, nous espérons pouvoir en produire et en livrer une vingtaine par an.»
En plus du secteur horloger, la start-up estime que sa technologie s’adapte à l’analyse de vis médicales (par exemple pour des prothèses dentaires), de mèches perceuses, de plaquettes de coupe en métal dur ou à la vérification de soudures.


Un cerveau simulé
«Ce sont nos marchés prioritaires, indique Reto Wyss, directeur et père de la technologie. Et nous nous concentrons d’abord sur le marché suisse. Une dizaine d’entreprises nous ont déjà mandatés pour tester notre solution. Aujourd’hui, le contrôle qualité est souvent effectué manuellement, à l’aide de microscopes. Or, la concentration de l’humain baisse inévitablement au fil de la journée ou de la semaine. Notre technologie automatise l’inspection qualitative.»


En résumé, la machine développée à Villaz-Saint-Pierre a besoin qu’on lui présente une dizaine de pièces «parfaites» avant de procéder à l’analyse. «Avec une énorme masse de calculs, nous simulons le réseau de neurones d’un cerveau. Le dispositif se constitue ainsi un modèle de référence. Toutes les autres pièces seront comparées à ce seuil de tolérance.»
Le dispositf peut être directement intégré dans une ligne de production industrielle ou installée dans un laboratoire de contrôle qualité. «Une puissante carte graphique est indispensable pour faire tourner ces algorithmes et générer un modèle dans des temps raisonnables.» La carte électronique est livrée par des fournisseurs spécialisés.


La technologie glânoise permet d’autres applications. Notamment un dénombrement optique. «Par exemple, il est possible de vérifier si une palette prête à l’expédition contient les bons yogourts, illustre Reto Wyss. C’est un développement futur.» Logé dans le CPA Centre, le nouveau bâtiment de la zone industrielle du Vivier, ViDi Systems compte à ce jour trois collaborateurs. «Le potentiel de croissance est important, estime Nicolas Corsi. Ce développement devrait déboucher rapidement sur une dizaine d’emplois supplémentaires au sein du groupe.» Car le dernier-né de la holding CPA donnera du travail à ses grandes sœurs pour la production en série de ses machines.

 

Un inventeur lucernois

La solution développée par ViDi Systems SA repose sur une technologie inventée par Reto Wyss. Ce Lucernois de 37 ans a été engagé par CPA Group en avril dernier. «Cela faisait cinq ans que je travaillais sur le sujet au CSEM d’Alpnach», expose ce physicien, auteur d’un doctorat en neurosciences. «Ma thèse visait à comprendre comment le cerveau traite les informations, en lien avec la vision et le système moteur.»


La technologie glânoise, destinée à traquer rayures, défauts de teinte ou taches, se fonde sur de complexes algorithmes, ces successions d’opérations. «C’est un mélange de plusieurs disciplines: informatique, mathématiques, physique et neurosciences, énumère Reto Wyss. Cette convergence nous permet d’imiter au mieux ce que la nature a mis des millions d’années à mettre au point pour la vision humaine et animale.» Le physicien s’avoue volontiers admiratif devant l’aigle royal, capable de détecter en une fraction de seconde une marmotte se promenant à 2 kilomètres.

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