Crime passionnel ou meurtre simple?

| jeu, 06. déc. 2012
C’est aujourd’hui et demain que se tiendra au tribunal de la Gruyère le procès de S.S., lequel a tué l’amant de sa femme en mars 2011.

PAR JEROME GACHET


Les faits, S.S. (53 ans) ne les nie pas: oui, il a abattu F.D., l’amant de sa femme, de huit balles, le samedi 26 mars 2011 vers 4 h 30. La victime, âgée de 23 ans, était aussi le cuisinier du restaurant bullois qu’il tient avec E.S., sa jeune femme de 28 ans.
La question sera de savoir, aujourd’hui et demain au tribunal de la Gruyère, quelle peine lui sera infligée. Il risque entre un et dix ans de prison s’il est condamné pour crime passionnel, et de cinq à vingt ans si les juges concluent au meurtre simple.
Pour la défense, les deux options restent ouvertes, avec la possibilité de faire valoir une diminution de la responsabilité. L’acte d’accusation ne retient pour sa part que le meurtre simple.
C’est dire s’il sera beaucoup question du contexte qui a précédé le drame. Le 25 mars 2011, la soirée commence pourtant bien: le couple la passe en famille dans son restaurant. Puis, le restaurateur se rend dans un autre établissement de la ville qui organise une soirée raclette. Sa femme le rejoint un peu plus tard et se bagarre avec la patronne du café. Entre les deux époux, le ton monte également. Un incident qui n’a en soi rien à voir avec le crime qui va suivre, mais qui fait monter la tension.
E.S. décide alors de passer la nuit chez ses parents, à Riaz. Peu après, sa mère appelle son beau-fils, soupçonné d’avoir malmené sa femme. Il tient à s’expliquer de vive voix et se rend donc à Riaz.


Deux chocs
C’est là qu’il découvre que son épouse est en compagnie du jeune cuisinier. La pression grimpe encore.
Pour Bruno Charrière, avocat de S.S., son client a subi deux chocs: «Tout d’abord, il a retrouvé sa femme avec son amant. Les deux hommes en sont venus aux mains. Sur le coup, sa femme lui a dit que tout était fini entre eux, alors qu’il était persuadé que les choses étaient en train de s’arranger.»
Hors de lui, également sous l’emprise de l’alcool, il retourne alors dans sa maison, à Morlon, pour aller chercher son pistolet, un parabellum 7,65 mm. Il est de retour une demi-heure plus tard environ et tire à bout portant sur son rival qui se trouve au volant de sa voiture. Il s’enfuit ensuite en Valais, où il venait de passer des vacances. Il est arrêté cinq jours plus tard à Stalden, sans résister.
Pour la défense, il s’agira de montrer que S.S. a vécu un tel choc émotionnel qu’il a agi, selon ses dires, «comme un robot».
Il devrait également être longuement question des deux expertises psychiatriques. Et pour cause: elles n’arrivent pas aux mêmes conclusions. La première fait état d’un état dissociatif transitoire, autrement dit d’une déconnexion à la réalité, ce qui accrédite la thèse de la défense. Mais la seconde est beaucoup plus nuancée, même si elle ne nie pas la violente émotion reçue par le prévenu.


La Gruyère ne paraissant pas ce samedi, retrouvez les comptes rendus du procès jeudi et vendredi sur notre site www.lagruyere.ch

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