La pagaille sur le chemin des écoliers du CO

| sam, 26. Jan. 2013
Depuis le 9 décembre, le chemin des écoliers à La Tour-de-Trême n’est plus sûr. Ni la commune ni les TPF ne savent où faire passer les adolescents. Plusieurs mesures seront prises, certaines provisoires.

PAR JEAN GODEL


Depuis le changement d’horaire du 9 décembre dernier, c’est la pagaille au centre de La Tour-de-Trême chaque matin d’école. Car depuis cette date, les bus TPF ne déposent plus les élèves du CO directement devant l’école, mais au centre du village, à la hauteur de la poste. De là, quelque 200 élèves en provenance de l’Intyamon, de la vallée de la Jogne et de la rive droite du lac de la Gruyère se rendent désormais à pied au CO distant d’environ 600 mètres.
Une promenade bénéfique, certes, mais aussi dangereuse. Car, au début, la plupart des écoliers empruntaient la rue Nicolas-Chenaux dont le trottoir, large de 1,5 mètre, peine à contenir un tel flot d’adolescents. Lesquels, bien souvent, débordaient sur la route où il n’était pas rare de les voir cheminer à plusieurs de front.


Croisement périlleux
Cette vague humaine donnait aussi des sueurs froides aux plus jeunes enfants du quartier du Grand-Clos qui, aux mêmes heures, devaient la croiser sur le chemin de l’école primaire. Du coup, Isabelle Colliard, au nom des parents d’élèves de ce quartier, s’est fendue d’une lettre aux TPF leur demandant de revenir aux anciennes pratiques. «Vous ne vous rendez pas compte des incidences que votre changement a provoquées», s’y offusquait celle qui est aussi responsable de la ligne Pédibus du lieu.
Dans sa réponse, Vincent Ducrot, directeur des TPF, justifie ce changement par la nécessité de garantir la correspondance des bus avec le RER à Bulle: «La boucle du CO provoquait un allongement du temps de parcours de six à sept minutes.» Un détour dont l’effet boule de neige «déstabilisait les horaires dans le sud du canton». Pas question donc de revenir en arrière.
Confrontée à cette situation, la commune de Bulle a décidé de faire passer les élèves par un itinéraire plus sûr passant par la halte du train Bulle-Broc, le chemin des Cigognes et les terrains de foot. Les premiers jours, la police locale a été appelée à la rescousse pour canaliser ce flot.
Le problème, c’est que cet itinéraire dit «du haut» oblige les élèves à traverser la voie TPF sur un passage non gardé, au moment où le train de Broc arrive. Et rallonge légèrement la marche vers le CO. Sans présence policière, les étudiants se rabattent irrémédiablement sur la rue Nicolas-Chenaux et ses trottoirs étroits. A ce jeu du chat et de la souris, tout le monde est perdant.
«Dès le 9 décembre, nous avons été conscients du problème», assure Martial Messeiller, responsable de la communication aux TPF. Qui reconnaît que la situation actuelle n’est «pas optimale». L’entreprise a donc décidé de ralentir ses trains à 20 km/h à la hauteur de la halte. Un passage sous voie y sera aussi réalisé d’ici à 2014, comme la loi l’y oblige. Quant à la ville de Bulle, elle procédera avant la fin de l’été à l’élargissement des trottoirs de la rue Nicolas-Chenaux – une mesure de modération du trafic prévue de longue date dans le cadre du projet de la H189.


Partie de ping-pong
D’ici là, par où qu’ils passent, les élèves seront confrontés à des problèmes de sécurité. «Cette situation n’est pas acceptable en l’état», reconnaît Frédéric Ducrest, directeur du CO de La Tour-de-Trême. Quant au syndic de Bulle Yves Menoud, il dénonce l’incohérence du Service de la mobilité (SMo), à l’origine de cette modification de trajets que les TPF n’ont eu le choix que d’appliquer: «Nous avons été mis devant le fait accompli. Il aurait fallu nous demander la sécurisation du chemin des écoliers avant de tout changer.» Un postulat sur la question a d’ailleurs été déposé au Conseil général.
Dernier rebondissement en date: hier, devant le comportement irresponsable de certains jeunes («ils s’amusent parfois à qui sautera le dernier à travers la voie à l’arrivée du train», raconte, dépité, Yves Menoud), les TPF ont demandé à Bulle de renvoyer les élèves sur la rue Nicolas-Chenaux. Le Conseil communal décidera donc mardi prochain des mesures de sécurité provisoires sur les trottoirs de cet axe, en attendant leur élargissement. D’ici là, des agents TPF, déjà présents hier, surveilleront la voie chaque matin.
Devant cette partie de ping-pong, le préfet Patrice Borcard a décidé d’organiser une vision locale avec tous les intervenants dans les deux semaines à venir. «On ne peut pas jouer sur la sécurité des enfants, il faut agir.»

 

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La porte ouverte à des adaptations
Martin Tinguely, chef du Service de la mobilité (SMo), rappelle que le projet d’horaire a été mis en consultation dès juin 2012. Sous-entendu: il aurait fallu s’inquiéter à ce moment-là. Pour autant, la porte reste ouverte à des adaptations: «Rien n’est figé, nous améliorerons ce qui doit l’être, mais pas dans le sens d’un retour en arrière.»
Quant à la demande d’Isabelle Colliard, auteure d’une lettre de protestation aux TPF, de faire passer les bus par la H189 pour déposer d’abord les élèves au CO puis rejoindre le centre de La Tour-de-Trême, elle ne séduit pas le chef du SMo: «Il faut des itinéraires directs jusqu’à la gare de Bulle.» Et puis, en dehors du transport des élèves, ces bus effectueraient pour rien la boucle par le CO. Sans compter que des arrêts à l’entrée de La Tour-de-Trême ne seraient plus desservis. «Même si la sécurité doit rester prioritaire, nous devons aussi avoir la vision globale de l’horaire.»
Enfin, l’idée de mettre en service des bus pour les seuls écoliers n’a pas plus de chances: la politique du canton est de recourir au maximum aux bus de ligne. Seule lueur: la commune va étudier le retour d’un passage pour piétons à la hauteur des arrêts de bus du centre de La Tour-de-Trême. Ce qui éviterait à la police locale de venir régulièrement sécuriser le passage des élèves. JnG

Commentaires

Bonjour, nous sommes maintenant en 2017, je suis actuellement au CO de la Veveyse et c'est toujours autant la galère pour les transports car maintenant nous sommes plus de 30 à prendre le bus Porsel-Oron-Palézieux et nous prenons le bus public, puis le train public. En voiture je fais 15 min pour aller au CO tandis qu'en transports (donc tout les jours) il nous faut 1 h 30!!!!!! Règlez ça!!!!
D'après cet article il n'y a donc aucune solution possible pour sécuriser les enfants de l'école primaire qui croisent en sens inverse sur un trottoir de parfois moins d'un mètre la horde d'élèves du CO?! Qu'attendent les personnes responsables de ces changements pour proposer une solution sécuritaire?! En outre depuis ce changement d'itinéraire il y a un passage réguliers d'élèves parfois fumeurs et commettant des incivilités dans les quartiers jouxtant la rue Nicolas Chenaux. Nous avons pris connaissance des divers problèmes sociaux et que rencontre le Co par la presse http://www.laliberte.ch/canton/le-co-a-besoin-d-un-travailleur-social . La décision de déposer les élèves à 600 mètres de leur établissement, entre 7h30 et 7h35 alors que les cours débutent à 8h07, me laisse pantoise. Cette manière de faire renforce les problèmes relevés à juste titre et qui nous inquiètent beaucoup. En effet, il est donné plus d’opportunités et de temps à des jeunes, pour certains déjà en grande difficulté, de commettre des incivilités ? Qui a la responsabilité de ces jeunes durant le parcours école-bus ? Ne serait-ce pas plus facile de les encadrer s’ils étaient directement déposés à l’école ? D’autant plus si le CO a l’opportunité de s’entourer d’éducateurs ! Ou de payer des personnes pour encadrer et accueillir avec bon sens et fermeté des jeunes encore éducables. J’ai l’impression que ces changements ont été faits à la hâte ou avec une réflexion uniquement financière de la part du transporteur, mais quoi qu’il en soit visiblement sans aucun bon sens. Au vu de ces divers problèmes, je ne comprends pas ce changement de lieu de dépose des élèves du CO. En effet, le CO a été équipé à sa construction d’arrêt de bus tout à fait conforme et confortable. Pourquoi ne plus les utiliser ?

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