Avant même d’être publié, un ouvrage sur Fri-Son s’arrache

| mar, 12. fév. 2013
Fri-Son fête ses trente ans en 2013. Un livre sur l’histoire du club a reçu un fort soutien financier sur internet.

PAR DOMINIQUE MEYLAN


Le 14 février 1983, Fri-Son offrait un premier concert à Fribourg. Trente ans plus tard, le club existe toujours. Pour célébrer cette longévité, un livre est en passe d’être publié sur son histoire. Pour le financer, l’association a choisi de lancer un système de souscriptions sur internet. Le succès est énorme.
Modestement, Fri-Son prévoyait initialement de récolter 8000 francs en soixante jours. Trois fois vingt-quatre heures s’écoulent et l’objectif est déjà atteint. Hier, alors qu’il restait encore trente-huit jours, plus de 16000 francs avaient été promis. Près de 200 personnes se sont déjà intéressées à cet ouvrage.


Le net est un bon moyen
«Un tel engouement est impressionnant, témoigne Gil Vassaux, secrétaire général de Fri-Son. Même si on pouvait s’imaginer que Fri-Son, de par son rayonnement, ait un certain impact.» Une des explications de ce succès serait le choix du système des souscriptions sur internet, qui permet de toucher un nombre important de personnes, bien davantage que les traditionnels courriers.
Les dons vont de 10 à 250 francs. Suivant ce qu’il offre, le contributeur recevra un exemplaire du livre, verra son nom gravé dans l’ouvrage au chapitre des remerciements ou sera invité à l’apéritif officiel des trente ans.
Ce montant de 8000 francs, même s’il est plus que doublé, ne financera pas la totalité de l’ouvrage, dont le coût est estimé à environ 80000 francs. Fri-Son mène en parallèle des recherches de fonds privés et publics. Le livre, bilingue, sera tiré à environ 1500 exemplaires.
Le vernissage de cet ouvrage et l’anniversaire officiel du club sont prévus en septembre. Des événements particuliers auront lieu toute l’année. En plus du livre, le club a sorti un calendrier et imaginé un bonnet, tous deux labellisés «trente ans».


Des années de travail
L’ouvrage nécessite de gros efforts humains. Le chef de projet, Daniel Prélaz, y travaille depuis deux ans à raison de 20% de son temps. Comme le rédacteur principal Matthieu Chavaz, la musique constitue son moteur. L’équipe est complétée par deux graphistes. «Que des gens qui aiment Fri-Son», rapporte Gil Vassaux.
Cette combinaison de personnalités et de compétences devrait être à l’image du résultat final, «dans la ligne des beaux livres», promet le secrétaire général. Un soin particulier sera apporté au graphisme, avec la mise en valeur de nombreuses photographies et d’affiches numérisées. Le livre ne sera pas centré sur le club, mais sur la musique. Selon Gil Vassaux, il s’agit «de raconter trente ans de musique actuelle à travers le prisme de Fri-Son.»
«Le livre expliquera aussi comment la salle s’est créée, mais il ne contiendra pas que cela, poursuit Gil Vassaux. Nous ne voulons pas tomber dans ce nombrilisme.» L’ouvrage opérera un va-et-vient entre les événements mondiaux en lien avec la musique et les artistes venus se produire à Fri-Son.
La salle fribourgeoise conserve des archives, qui ont permis de retracer une partie de cette histoire. Un grand travail de recherche auprès des personnes qui ont fait Fri-Son – programmateurs, photographes ou anciens collaborateurs – a été nécessaire pour réunir du matériel et des informations.


Toujours alternatif
Peut-on avoir trente ans et rester un lieu jeune et alternatif? Pour Gil Vassaux, la réponse est clairement affirmative. Depuis 1983 et ses 3000 francs de budget, Fri-Son est certes devenu une petite PME, qui gère environ 1,7 million de francs par année. Mais le bénévolat conserve toute son importance. Le club se veut formateur et constitue un tremplin pour les professionnels du spectacle.
La programmation, aussi, a conservé une touche alternative, ainsi qu’un goût pour l’avant-garde. «Nous essayons de proposer des groupes qui ne sont pas connus de tous. Certains le sont, mais il faut bien parfois remplir la salle», expose Gil Vassaux. Et encore, faut-il s’entendre sur la définition d’alternatif. «Nirvana, Muse, Morcheeba, tous étaient alternatifs à leurs débuts, note Gil Vassaux. Ils sont aujourd’hui sortis de cette catégorie. Il en va de même pour de nombreux groupes de rock ou punk.»

 

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Trente ans de musique
Fri-Son est né sur une table du Café des Tanneurs, à Fribourg. Une dizaine de passionnés lui donnent des statuts, un nom et un logo. A la même période, un vent de révolte souffle sur toute la Suisse: cet esprit est à l’origine de la formation d’autres clubs à Lausanne, Genève ou encore Zurich. Mais Fribourg ne s’inscrit pas dans ce mouvement. Les promoteurs de Fri-son désirent avant tout faire venir des groupes dans la cité des Zaehringen. Il aura fallu la volonté d’un gérant de magasin de musique, d’un étudiant en économie à la recherche d’un sujet pour son travail de licence, de musiciens et de bénévoles passionnés pour concrétiser ce souhait. Les autorités de la ville acceptent de donner un coup de pouce et mettent à disposition une salle et 3000 francs. Fri-Son donne un premier concert le 14 février 1983.
Nirvana, les Melvins, Muse, Arno, Noir Désir, les Beastie Boys, Massive Attack ou The Do se sont succédés sur la scène de Fri-Son. Certains en première partie. Nirvana en est l’exemple parfait. Venus en 1989 à Fribourg, le groupe vendra des millions d’albums deux ans plus tard. Kurt Cobain donne aussi naissance à l’une des plus célèbres anecdotes du club. Grippé, le chanteur a besoin d’être soigné. «Il a fallu lui expliquer comment utiliser un suppositoire», raconte Gil Vassaux, secrétaire général de Fri-Son. Si Nirvana a foulé la scène fribourgeoise, Kurt Cobain restera pour sa part dans les loges.
Les années 1990 représentent un temps béni pour les clubs. La concurrence est alors minime. «Il y avait l’axe d’or: l’Usine à Genève, Fri-Son et la Rote Fabrik à Zurich», rapporte Gil Vassaux. Aujourd’hui, les festivals constituent une concurrence importante, presque tout au long de l’année. «Il est dur pour les salles de décrocher de grosses têtes d’affiche.» A chacun donc de tirer son épingle du jeu. Loin d’être découragé, Fri-Son imagine son avenir. Ce pourrait être dans le parc technologique Blue Factory, dans une salle plus grande et à la technologie adaptée. Un projet a été déposé. DM

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