Chaperon rouge à la rescousse des familles en proie à la grippe

| sam, 16. fév. 2013
En phase ascendante, la grippe touche cette année surtout les enfants. La Croix-Rouge propose un service de dépannage aux familles. Nommée Chaperon rouge, cette aide cartonne, mais reste déficitaire.

PAR JEAN GODEL


En voilà une qui ne rate jamais son rendez-vous hivernal: la grippe déferle dans le canton. Elle touche particulièrement les enfants que les crèches, entre autres, renvoient illico à des parents souvent désemparés. Pourtant, une solution existe, simple, rapide, mais peu connue: la Garde d’enfants à domicile de la Croix-Rouge fribourgeoise (CRF), joliment baptisée Chaperon rouge.
Actif toute l’année, ce service de dépannage s’adresse aux parents momentanément mal pris: garde de leur enfant malade durant leur travail ou de leur enfant en bonne santé durant leur maladie ou leur hospitalisation, indisponibilité de la garde habituelle. Un coup de fil à la CRF et dans les quatre heures, une des 20 collaboratrices à temps partiel du Chaperon Rouge, toutes formées et expérimentées, débarque chez vous pour s'occuper de votre enfant: bricolage, jeux, lecture et, en cas de maladie, administration des médicaments et soins.


Le sud du canton en retrait
«En ce moment, on tourne à plein régime, notre activité est environ 50% supérieure à la normale», confirme Claire-Lyse Chassot, l’une des trois collaboratrices de Chaperon rouge Fribourg. «C’est surtout dû aux grippes et grippes intestinales. Les crèches renvoient très vite les enfants malades pour éviter l’épidémie.» Chaperon rouge fonctionne aussi dans le sud du canton, même si la majorité des demandes provient de l’agglomération de Fribourg.
Si le service est encore méconnu, ce n’est pas faute de le promouvoir auprès des pédiatres, des gynécologues ou des services sociaux. Un dépliant est aussi inséré dans les paquets offerts aux mères par les maternités. Mais le bouche-à-oreille fait son œuvre: à Fribourg, le service, qui fête cette année ses dix ans, est passé de 800 heures de prestations en 2003 à 8758 en 2012. «Les retours des parents sont très positifs, nous sommes très fières, reconnaît Claire-Lyse Chassot. On reçoit ce que l’on donne.»
Pourtant, ce service est déficitaire depuis ses débuts. Les tarifs, fixés en fonction du revenu des parents, varient entre 5 et 25 francs de l’heure. Très loin des 43 francs effectifs, un tarif bon marché pour des gardes professionnelles aux lourdes responsabilités. Pour y remédier, la CRF a conclu des partenariats avec des entreprises avant-gardistes qui, elles, paient le coût réel. Il s’agit surtout de gros employeurs tels l’Université de Fribourg, l’HFR, la BCF, les TPF, Groupe E ou encore Nestlé, Lanxess et Billag qui ont bien compris leur intérêt: lutte contre l’absentéisme, réduction du stress des salariés. Pro Senectute et la CRF y recourent aussi. Les entreprises candidates sont les bienvenues.


Pas un franc de subvention
Et les pouvoirs publics? Rien, pas un franc de subvention! «Ils évoquent un manque de base légale», s’amuse Charles Dewarrat, directeur de la CRF. Sur les 380000 fr. de charges du service en 2012, la facturation aux parents a rapporté 145000 fr. et l’abonnement aux entreprises 40000 fr. Le solde a été comblé par la Fondation humanitaire de la Croix-Rouge Suisse, la CRF, la Loterie romande et des dons. «Plus on travaille, plus on perd de l’argent, constate Charles Dewarrat. On tient bon car il s’agit d’un service pionnier qui accompagne un changement profond de société. Mais un jour, il faudra bien le faire tourner…»
Le directeur insiste, ce service vient aussi en aide à des personnes empêtrées dans des situations parfois dramatiques: maladie, accident, famille monoparentale en difficulté ou chômeur en programme d’emploi temporaire, sans parler de ceux, étrangers ou non, démunis de réseau familial. «Les crèches ne prennent personne en urgence», fait remarquer Charles Dewarrat. Qui lutte contre les préjugés: «Ce service n’est pas un confort pour des parents qui travaillent et n’auraient donc qu’à financer la prestation plein pot!»


Infos sur www.croix-rouge-fr.ch, rubrique prestations aux familles

 

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Pic de grippe pas encore atteint
La grippe fait rage. «On va vers le pic de l’épidémie, relève le médecin cantonal Chung-Yol Lee. Le nombre de suspicions de grippe saisonnière est élevé par rapport à ces trois dernières années. Mais l’on ne sait pas encore si la tendance actuelle va s’inverser dans quelques jours ou dans quelques semaines. Pour le moment, l’épidémie est en phase ascendante.»
Si la grippe semble omniprésente, difficile pour autant d’établir le nombre de malades dans le canton ou ailleurs: «Il ne s’agit pas d’une maladie à déclaration obligatoire, explique le médecin cantonal. On possède des estimations grâce notamment au système de surveillance Sentinella.»
Ce dernier comprend environ 200 cabinets médicaux répartis dans toute la Suisse qui participent à la surveillance de la grippe. Les médecins déclarent chaque semaine le nombre de patients présentant une affection grippale (suspicion d’influenza). Sur cette base et sur des confirmations de laboratoire, l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) établit une évaluation épidémiologique de l’activité grippale.
L’OFSP a pu ainsi définir que, depuis le début de l’année, le seuil épidémique national fixé pour 2013 à 69 cas de suspicion pour 100000 habitants a été franchi. Actuellement, les chiffres extrapolés font état de 479 consultations pour 100000 habitants. L’OFSP n’observe toutefois aucun «excès de mortalité» jusqu’à maintenant.
«A ma connaissance, il n’y a pas eu de complication grave, comme la mort d’un enfant malade, par exemple», constate Chung-Yol Lee. Autre constatation du médecin cantonal: «Il y a davantage de cas chez les enfants et moins chez les personnes âgées par rapport à ce que l’on observe normalement durant une période de grippe saisonnière.» Selon l’OFSP, les enfants de 5 à 14 ans sont environ cinq fois plus touchés ces dernières semaines que les personnes de 64 ans et plus.
«On pourrait penser dès lors que les virus qui circulent en ce moment ont déjà circulé il y a longtemps. D’où une meilleure immunité chez les personnes âgées. Cela reste une hypothèse.» Quoi qu’il en soit, le médecin cantonal rappelle les règles de base pour se protéger: se laver les mains fréquemment, utiliser de préférence des mouchoirs jetables, éviter le contact étroit avec une personne grippée. «On recommande également la vaccination des personnes à risque ainsi que de leurs proches. Notamment, les personnes âgées souffrant de maladies chroniques et le personnel de santé.» YG

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