Regarder le monde depuis Fribourg

| jeu, 28. fév. 2013
Le Festival international de films de Fribourg lève le voile sur son programme 2013. Les écrans vont rugir d’images.

PAR YANN GUERCHANIK


Thierry Jobin est passé à la réalisation. Dans un genre à part: le trailer de longue haleine, la bande-annonce intégrale. Mercredi matin, au moment de lever le voile sur le programme 2013, le directeur artistique du Festival international de films de Fribourg (FIFF) a accompli l’exploit de présenter des dizaines de films comme si de rien n’était. Des mots choisis et quelques images projetées pour un teaser de quarante-cinq minutes attrayant en diable.
Sûrement parce qu’il s’est fait lui-même plaisir pour cette édition qui débutera le 16 mars: «Le festival est suffisamment reconnu aujourd’hui pour qu’on obtienne les films qu’on souhaite.» Les douze films en compétition internationale en sont le reflet: ce sont tous des premières suisses, européennes ou internationales. Le FIFF tire doublement son épingle du jeu: «Nous ne sommes pas pour autant un festival de catégorie A. Nous ne sommes donc pas obligés de prendre des premières internationales si elles sont mauvaises ou chercher dans le restant de la colère de Dieu ce que Berlin, Sundance ou Cannes n’a pas voulu.»
Les douze films qui se disputeront le Regard d’or témoignent de la volonté particulière du FIFF: agir comme le sismographe d’une cinématographie mondiale et contemporaine. Les spectateurs découvriront des œuvres d’Amérique latine, du Proche- et Moyen-Orient ainsi que de l’Asie. Parmi lesquelles:
- Fill the Void de Rama Burshtein, «le premier film d’une femme issue d’un milieu ultraorthodoxe israélien».
- In the name of love de Luu Huynh, «je n’ai jamais vu un film vietnamien d’une facture aussi forte et professionnelle».
- It’s a dream de Mahmoud Ghaffari, «le meilleur film iranien de l’année».
- Penance de Kiyoshi Kurosawa, «avec ce feuilleton de quatre heures et demie créé pour la télévision, le grand cinéaste japonais a retrouvé le goût du cinéma sans les contraintes imposées dans son pays pour une production sur grand écran».
- Three sisters du Chinois Wang Bing, «comme si Victor Hugo avait pris une caméra».
- Wadjda de Haifaa Al-Mansour, «première femme cinéaste d’Arabie Saoudite, un pays où il n’y a pas de cinémas».
- Your time is up de Kim Sung-hyun, «l’œuvre d’un cinéaste fraîchement diplômé qui illustre à quel point aujourd’hui la Korean Academy of Film Arts de Séoul est la plus grande école de cinéma du monde».


Des films grands et rares
Ces films seront accompagnés par des dizaines d’autres hors compétition. Avec toujours le souci de rendre accessible au public des réalisations qui ne trouvent pas forcément leur place dans le système de distribution traditionnel. C’est le cas avec la section «nouveau territoire», qui explore cette année la cinématographie d’Ouzbékistan. Mais aussi dans la section «cinéma de genre», consacrée cette fois au sport. L’occasion par exemple de voir Moneyball, excellent film avec Brad Pitt, resté invisible chez nous parce que le baseball n’est pas censé intéresser les Suisses.
Si l’on ajoute à tout cela la section «diaspora» par le cinéaste arménien Atom Egoyan, la section «décryptage» qui croque le portrait d’enfants livrés à la débrouille, la sélection de courts métrages, les films du jury international, la création d’un minifestival dans le festival destiné aux familles (FIFFamille), la carte blanche au NIFFF, des séances de minuit tous les soirs, la soirée de clôture avec The grandmaster de Wong Kar-wai… autant dire que les 30000 cinéphiles attendus devront déployer des trésors d’ingéniosité pour dompter les écrans de cette 27e édition.


Du 16 au 23 mars, programme complet sur www.fiff.ch

 

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