Faute de moyens, l’Uni renonce au journalisme

| sam, 30. mar. 2013
La branche journalisme de l’Université de Fribourg a été fermée provisoirement. Il manque un demi-million de francs pour en assurer la pérennité.

PAR VICTORIEN KISSLING

La branche «journalisme et médias» de l’Université de Fribourg va bientôt disparaître. En cause, un manque de fonds. «Nous n’avons pas les forces à l’interne pour assurer l’encadrement adéquat et nous devons trop solliciter des chargés de cours externes ce qui n’est pas notre objectif qui privilégie le soutien aux chercheurs», confie Daniel Schönmann, secrétaire général de l’Université de Fribourg.


Un demi-million de francs
Concrètement, il faudrait créer un nouveau poste de professeur pour cette filière. «Or, un tel poste, avec les aspects administratifs et les postes d’as-sistants, coûte entre 300000 et 500000 francs par année», compte Daniel Schönmann, précisant qu’une demande en ce sens a été faite au Conseil d’Etat. «Reste à voir quelle enveloppe budgétaire nous sera allouée. Mais ce sont de toute façon des démarches sur le long terme, raison pour laquelle nous avons été contraints d’annuler provisoirement la branche.»
C’est par un mail interne que les principaux concernés ont appris la nouvelle en juillet dernier: «La grande branche complémentaire “journalisme et médias“ sera fermée pour une période indéterminée de quel-ques années.» Les étudiants qui ont commencé en 2011 pourront terminer tout de même leur cursus d’ici à septembre 2014. Les autres doivent se rabattre sur les programmes de remplacement proposés par l’Université, apparentés à la branche «business communication».
«Les cours n’ont plus rien à voir entre eux. Par exemple, le cours “introduction au journalisme“ devient “enquêtes et analyse de données quantitatives“, c’est n’importe quoi», regrette un étudiant qui préfère rester anonyme pour ne pas risquer de pénaliser son bachelor.


Bilinguisme difficile
L’Université ne communique pas encore ses statistiques 2012 et, par conséquent, n’indique pas combien d’étudiants ont opté pour ce programme de remplacement – ils étaient plus d’une centaine à suivre cette filière en 2011. Mais d’après le secrétaire général, cette fermeture est un cas exceptionnel. «Notre Université a la particularité d’être bilingue et c’est un défi pour nous d’offrir des cours de qualité dans les deux langues. Raison pour laquelle d’ailleurs cette mesure pour le journalisme ne concerne que les cours francophones. A l’inverse, nous souhaiterions renforcer la branche de politique sociale en allemand», note Daniel Schönmann.
L’Université ne prévoit d’ailleurs pas d’autres fermetures, même si certaines petites branches comme la musicologie ou l’histoire de l’art peinent aussi à trouver leur financement interne et sont dispensées en commun pour les étudiants francophones et germanophones. «Mais ce sont des disciplines suffisamment petites pour que les étudiants comprennent qu’il est impossible pour nous d’assurer un enseignement différencié dans les deux langues», estime Daniel Schönmann.


Cours facilités
Reste que, bilinguisme ou pas, les étudiants en journalisme se sentent floués par cette décision et regrettent la politique du fait accompli de l’Université. «Lorsqu’on a cherché à en savoir plus, on nous a fait comprendre que ça ne servirait à rien et qu’on ne répondrait pas à nos questions», regrette un étudiant.
De même, certains ont la désagréable impression qu’une partie des cours sont facilités pour permettre à tous ceux qui ont commencé dans la filière de la finir avant le délai de septembre 2014. «On s’est rendu compte que les cours validés par des examens sont beaucoup moins exigeants que dans nos autres branches respectives. On est donc tenté de penser qu’on nous fait cadeau de certains cours à cause de cette fermeture.»

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