Gage du maintien à domicile

| sam, 02. mar. 2013
L’autonomie, sésame du maintien à domicile des personnes âgées. Hormis les maladies, les problèmes de mobilité participent pour une grande part aux placements en EMS. Une chute en est le plus souvent à l’origine.

PAR PRISKA RAUBER


La chute, bien qu’elle représente la principale cause de décès chez les 75 ans et plus, ne provoque que rarement des blessures graves. Mais ses conséquences peuvent être funestes: 40% des personnes âgées hospitalisées après une chute ne peuvent plus retourner vivre chez elles. Sans compter le choc émotionnel, d’autant plus fort si la personne n’a pas pu se relever seule. «Après une première chute, la probabilité de retomber est multipliée par 20: en effet, la crainte de retomber peut engendrer une appréhension de la marche et un manque de confiance en soi qui augmentent le risque d’une nouvelle chute», précise la brochure française La prévention pour les seniors.
«L’ostéoporose, la diminution de la force et de la vue peuvent favoriser les chutes», indique Paul van Groenewoud, physiothérapeute à Riaz. Dans 80% des cas, elles surviennent dans l’habitat: de plain-pied (53%), sur un obstacle (22%), dans les escaliers (12%) et en se levant d’une chaise ou du lit (9%), selon les chiffres d’une enquête effectuée par le Bureau de prévention des accidents. Un problème qui concerne une personne sur trois de plus de 65 ans et une sur deux après 85 ans.
Pour autant, chuter n’est pas une fatalité. Et comme l’anticipation constitue la meilleure des parades, trois règles de vie peuvent être mises en œuvre pour garder son autonomie le plus longtemps possible: une alimentation équilibrée, riche en calcium (pour les os) et en protéines (pour les muscles); le maintien de l’activité physique (voir ci-dessous) et l’aménagement de son environnement, afin de faciliter les déplacements en toute sécurité. Petites astuces pour grands effets, en détail et pièce par pièce:


La salle de bain
Une pièce particulièrement dangereuse en cas de chute. Il s’agit là de supprimer les risques de glissades, en installant des systèmes antidérapants sur le sol s’il est recouvert de carrelage (autocollants), dans la douche et la baignoire. Ainsi que des barres ou des poignées d’appui, qui facilitent le maintien de l’équilibre et le passage à la station debout. Paul van Groenewoud a installé dans son cabinet de La Comba un système de poignée peu onéreux pour tous types de murs (www.hobby-online.ch).
«Le mieux, si c’est possible, est de faire remplacer sa baignoire par une douche», conseille Paul van Groenewoud. Des chaises munies de ventouses permettent de s’y asseoir. Si le remplacement n’est pas possible, il faudrait alors utiliser la baignoire comme une douche. «Sinon, on trouve des planches de bain dans les ateliers orthopédiques», ajoute le physiothérapeute.

La cuisine
Occupé à la préparation de bons petits plats, on s’y déplace souvent de manière automatique. Ici, le but du réaménagement est de réduire les mouvements qui peuvent entraîner une perte d’équilibre ou des vertiges. Installer la table au centre de la pièce permet par exemple d’offrir un point d’appui complémentaire.  La hauteur des éléments est également essentielle. Il faut le plus possible éviter de devoir se hisser sur la pointe des pieds ou se plier en deux pour atteindre un ustensile.  
Et si la station debout induit la fatigue ou le vertige, il existe des sièges semi-assis avec pieds antidérapants qui permettent de s’installer devant le plan de travail dans une position confortable.

La chambre
«Il est judicieux de surélever le lit, indique Paul van Groenewoud. Eventuellement, d’acquérir un lit avec le dossier qui se lève. Cela facilitera le lever et le coucher.» Sans ces aménagements, les bonnes postures permettent de passer de la position couchée à la position assise sans forcer sur le dos et les muscles: se mettre de côté puis utiliser son avant-bras comme un élévateur pour le dos tout en pliant les jambes. Puis s’aider de son autre bras pour pousser le haut du corps.
Et, bien entendu, la descente de lit doit être munie d’un système antidérapant, ou carrément supprimée, pour éviter toute glissade.

Le salon
Là aussi, les tapis doivent être fixés. Du simple adhésif double face fait l’affaire. Et comme ailleurs, il faudrait éliminer tous les obstacles, comme les guéridons ou les fils électriques, et avoir un éclairage suffisant.
Enfin, dernier conseil d’ami, en utilisant un répondeur téléphonique, on peut rappeler le correspondant une fois bien installé. Ce qui permet d’éviter de se précipiter à chaque sonnerie et de risquer la chute.

 

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Pour garder son équilibre
«Moins de 10% des personnes âgées pratiquent régulièrement des activités de renforcement musculaire, et moins encore des exercices d’amélioration de l’équilibre. La prévention des chutes repose pourtant sur la pratique de ces activités qui leur assurent aussi un maintien de leurs capacités fonctionnelles et globalement, une meilleure santé.» Un constat établi par le Dr Roseline Péluchon dans le Journal international de médecine, en août 2012.
D’où l’importance de pratiquer quelques petits exercices quotidiens, selon ses capacités, comme le propose Paul van Groenewoud, physiothérapeute à Riaz. «Si la personne le peut, se tenir sur une jambe un moment. Dans un espace restreint bien sûr, où elle peut se retenir facilement en cas de déséquilibre. Si cet exercice est trop difficile, on peut alors diminuer la surface d’appui.» Soit se tenir debout en resserrant les pieds de plus en plus.
Ou s’organiser des parcours de marche, avec différentes trajectoires. «Le but étant aussi d’entraîner la psychomotricité, en se concentrant sur autre chose que ses pas.»
Et pour prolonger le maintien à domicile, le physiothérapeute rappelle que l’usage d’un tintèbin peut être judicieux.
Paul van Groenewoud indique encore qu’un test peut être pratiqué pour dépister les troubles de l’équilibre. S’ils sont avérés, une consultation chez le médecin peut permettre de mettre en place des stratégies pour anticiper les problèmes de mobilité. Il s’agit du test intitulé «times up and go», ou test de la chaise chronométré: couramment pratiqué par les médecins, mais facile à mettre en œuvre chez soi, il consiste à demander à la personne âgée de se lever de sa chaise sans se tenir à un support, de parcourir trois mètres, de faire demi-tour et de revenir s’asseoir. Le temps nécessaire est chronométré. Chez les personnes âgées en bonne santé, cet exercice est effectué en moins de quatorze secondes. Au-delà, l’interprétation du résultat dépend des antécédents: si la personne n’est jamais tombée par le passé, le risque de chute est modéré; si la personne est déjà tombée, le risque est élevé.


Une suite de mouvements
Enfin, en cas de chute, une suite de mouvements peut permettre à la personne de se relever (dessin): le but est de parvenir à se retourner sur le ventre, puis de passer à quatre pattes pour se déplacer jusqu’à un endroit stable avec un appui avant de se hisser debout. «Bon à savoir, relève le physiothérapeute. Même si c’est de la théorie! Dans la réalité, la personne un peu désorientée après sa chute oubliera sans doute cette succession de mouvements.» La meilleure parade reste donc la prévention. PR
 

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