Le chocolat s’invite au défilé de mode

| sam, 23. mar. 2013
Les maîtres chocolatiers Villars et l’école de couture de Fribourg se sont associés pour concevoir une robe à base de chocolat. L’œuvre participe ce week-end au Salon du chocolat, à Zurich.

PAR JEREMY RICO

Des robes belles à croquer. Voilà ce que pourraient se dire les visiteurs du Salon du chocolat de Zurich. Pour la deuxième année consécutive, la manifestation propose un défilé de mode plutôt spécial, sur le thème des nouveaux mondes du chocolat. Seule contrainte: les robes doivent être en partie composées à base de cacao.
Douze créations sont présentées au public jusqu’à samedi. Parmi elles, une œuvre fribourgeoise. Née de la collaboration entre les chocolats Villars et l’école de couture de Fribourg. «Villars nous a contactés l’été passé, juste avant la fin de l’année scolaire, explique Marie-Hélène Prongué Simonin, responsable d’atelier à l’école de couture. L’idée de créer une robe en chocolat nous a tout de suite intéressés. C’est un vrai challenge, qui laisse une grande place à la créativité.»


Pour les étudiants
L’école lance alors tous ses élèves dans le projet. Durant les vacances d’automne, chaque étudiant reçoit comme devoir de plancher sur un croquis de robe. Au final, deux dessins sortent du lot. L’un pour les accessoires, créé par Bérénice Stempfel, apprentie en année terminale. L’autre, œuvre de Scheïna Louis, étudiante en deuxième année, pour le bustier et la jupe. «Nous avons été impressionnés par les croquis, se réjouit Alexandre Sacerdoti, directeur général de Villars. Nous voulions faire appel au regard novateur, presque naïf, des apprentis. Cette vision, les professionnels ne l’ont pas forcément.»


Plusieurs difficultés
Le groupe choisit alors le Japon comme thème principal, nouveau poids lourd sur le marché du cacao. La partie couture se compose surtout d’un bustier et d’une jupe, créée à partir d’une centaine de mètres de tulle. «Nous avons dû nous mettre à deux pour coudre certaines parties, se souvient Scheïna Louis, créatrice de la jupe et apprentie de deuxième année. Bérénice Stempfel cousait, pendant que je tenais le reste du tissu. Pour finir, on ne me voyait même plus sous les mètres de tulle.»
Mais c’est surtout grâce au chocolat que le mannequin prend des airs de geisha. Posées sur la jupe, des plaques arborent notamment les termes «chocolat», «plaisir» ou «Asie» en alphabet japonais. Un éventail, orné d’orchidées en cacao, rappelle les motifs des robes traditionnelles asiatiques. Sur le dos du mannequin, les créatrices placent une pagode recouverte de chocolat, maison typique du Japon. «Le chocolat utilisé est identique à celui que l’on peut trouver dans nos produits, décrit Alexandre Sacerdoti. Nous le recouvrons simplement d’un vernis, pour éviter qu’il ne fonde. Mais cela reste un produit fragile. Il peut casser à tout moment.»


Un travail de titan
Si le résultat est à la hauteur des attentes, les deux apprenties n’ont pas lésiné sur les efforts. Bien au contraire. La réalisation de la robe a pris plus de deux mois, à raison de trois jours par semaine. «En tout, j’ai dû passer environ nonante heures sur ce projet, calcule Bérénice Stempfel. On se rend vite compte que les belles idées du croquis ne sont pas forcément simples à mettre en place.»
En plus de sa présentation au Salon du chocolat, la robe pourrait être exposée quelque temps à Fribourg, chez Villars. Une fierté pour l’école de couture et les deux créatrices en herbe. «Cette robe représente une occasion rêvée pour elles, se réjouit Marie-Hélène Prongué Simonin. Elles se sont vraiment investies totalement dans ce projet, du croquis jusqu’à la réalisation. C’est une expérience formidable, et un atout pour leur future carrière.»

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