Les esthéticiennes des champs gagnent du terrain sur la ville

| jeu, 21. mar. 2013
Horaires flexibles, accessibilité ou encore prix intéressants. Les avantages des instituts de beauté à domicile sont nombreux. Certaines professionnelles dénoncent un travail de moindre qualité.

PAR SOPHIE MURITH ET ANGELIQUE RIME

Les instituts de beauté pullulent dans les campagnes du Sud fribourgeois. Trois à Attalens et à Bossonnens, deux à Semsales, mais aussi un à Gumefens, Siviriez ou encore Villaraboud. Particularité de la plupart de ces salons: ils n’ont pas pignon sur rue, mais se situent à domicile.
Un emplacement géographique décentralisé que la plupart des entrepreneuses considèrent comme un avantage. «Tout le monde est motorisé. Se déplacer en campagne n’est pas un problème. De plus, les clientes peuvent se parquer devant chez moi et n’ont pas à se soucier de tourner leur disque», note Monique Schmied, qui a ouvert son salon il y a dix ans, dans sa maison de Berlens.
Carole Overney, de l’institut Clair de Lune à Broc, observe toutefois que, sans vitrine, il est difficile de toucher une clientèle de passage: «Mais le bouche-à-oreille fonctionne bien, tout comme la présence sur internet.»


Une atmosphère conviviale
Recevoir ses clientes à domicile peut revêtir un côté très convivial. «Les gens se sentent à l’aise et les mamans viennent accompagnées de leurs enfants», décrit Séverine Pilloud, à Attalens.
Un avis que ne partage pas Manuela Ruffieux. Durant huit ans, son institut Bella Vita était installé chez elle, au Pâquier. Depuis deux ans, elle loue un local à Montbarry. «Je voulais mieux séparer le travail et la maison. Lorsqu’on a une famille, il y a toujours des vestes, des chaussures dans l’entrée. Cela ne fait pas propre», explique la Gruérienne, qui travaille actuellement à 40% et gagne environ 1000 francs par mois.
Pour la majorité, les esthéticiennes contactées exercent à temps partiel, même si leur institut constitue leur unique activité professionnelle. «Il ne faut pas croire qu’on peut s’occuper d’une cliente en ayant un couffin à ses pieds, précise Monique Schmied. Toutefois, lorsque les enfants grandissent, les horaires flexibles sont un avantage.»


Collaborations possibles
Si le nombre d’instituts de beauté dans les districts du sud du canton avoisine les 70, tous semblent trouver leur clientèle. «Je ne sens pas vraiment la concurrence. Une esthéticienne, c’est comme un médecin. On n’aime pas trop en changer», estime Corinne Paccaud, établie à Siviriez depuis dix ans. Sans loyer, elle reconnaît avoir l’avantage d’offrir des tarifs plus raisonnables. Melyne Allemann se refuse, par contre, à baisser trop ses prix. «J’ai un CFC et je ne veux pas prétériter mes collègues de la ville, dont le loyer est plus élevé.»
Séverine Pilloud entretient également une bonne relation avec la concurrence directe. Elle collabore même avec une autre collègue d’Attalens: «Lorsque je suis malade ou en vacances, j’envoie mes clientes chez elle. Elle est également spécialisée dans le maquillage permanent. Si une cliente souhaite ce genre de prestation, je lui propose d’aller dans son institut.»


Formations disparates
Quelques professionnelles titulaires d’un CFC reprochent toutefois à certaines dames installées à domicile leur manque de compétences (voir encadré). A l’heure actuelle, tout un chacun peut ouvrir son institut. Carole Overney de Broc se bat pour que des conditions soient imposées. «Tout le monde peut se qualifier esthéticienne. Les professionnelles certifiées sont peu protégées. Le canton du Valais a, un temps, exigé quatre ans de pratique avant l’ouverture d’un institut, mais ce n’est plus le cas.» Melyne Allemann, de Gumefens, l’appuie. «Les gens ne font pas la différence et certaines esthéticiennes cassent les prix. Mais la qualité n’est pas la même.»
Elle fait toutefois la différence entre les écoles privées qui dispensent des formations très différentes l’une de l’autre, mais qui décernent toutes un diplôme. «Certaines sont très complètes avec des cours à plein temps sur trois ans, d’autres sur six mois une fois par semaine.»


Large choix nécessaire
Christelle Gremaud, de l’institut Chrystal à Marsens, a suivi des cours dans une école privée durant un an à temps plein. Elle reconnaît que les esthéticiennes sans CFC sont moins bien formées. «J’envoie mes clientes dans d’autres instituts lorsqu’elles ont des besoins plus spécifiques. Mais, pour des épilations, c’est bien suffisant.»
Manuela Ruffieux, au Pâquier, la rejoint sur ce point. «Je travaille dans un petit institut. Je ne compte pas utiliser de machines anti-âge ou anticellulite. Je n’en ai pas les moyens et ce n’est pas dans ma philosophie», précise-t-elle.
Certifiées ou non, toutes proposent des soins du visage et des épilations. Certaines ont choisi d’élargir leurs prestations. «J’ai entrepris une formation de styliste ongulaire», explique Nadège Sonney, à Semsales, de l’institut Nepherty. Pour Carole Overney de Broc, une large palette de soins est «nécessaire» pour conserver ses clientes. «Elles aiment pouvoir tout faire au même endroit.»

 

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