En coulisses, ils organisent la venue du dalaï-lama

| jeu, 11. avr. 2013
Le chef spirituel du Tibet s’adressera à des milliers de personnes ce week-end à Fribourg. Au cœur de l’organisation, deux Gruériens: Patrick Stillhart et Sylviane Binz.

PAR YANN GUERCHANIK


Un morceau de Tibet perché sur les hauteurs de Sorens. Des drapeaux de prière qui courent entre les arbres et la maison. A l’intérieur, Patrick Stillhart affiche calme et sérénité... malgré le grand rendez-vous qui l’attend ce week-end. Le Gruérien de
61 ans est l’un des principaux instigateurs de la venue du dalaï-lama à Forum Fribourg.
Il faut insister pour comprendre son rôle prépondérant. Même chose avec Sylviane Binz. La Bulloise de 37 ans coordonne, «avec d’autres», 300 bénévoles et gère l’aspect écologique de l’événement. C’est que les deux organisateurs préfèrent voyager léger, la modestie en bandoulière.
«J’ai rencontré le bouddhisme il y a une trentaine d’années», confie furtivement Patrick Stillhart. Sur les chemins de cette rencontre, il côtoie notamment l’Association bouddhiste Rigdzin Suisse. «Son fondateur, Namkha Rinpoché (n.d.l.r.: un lama tibétain réfugié à Lausanne), a demandé mon aide pour organiser la venue du dalaï-lama en 2009 à Malley. Il en a fait de même cette fois-ci.»


Enseignement sur requête
Le chef spirituel du Tibet s’adressera à plus de 8000 personnes, le samedi comme le dimanche. Cela ressemble à un grand concert. Opus One, l’un des principaux organisateurs de spectacles de Suisse, est d’ailleurs le partenaire indispensable de l’événement. Mais la démarche est différente: le dalaï-lama se rend à Fribourg sur demande.
«C’est une tradition, explique Sylviane Binz, qui a notamment étudié le bouddhisme à l’Université. Les pratiquants font une requête auprès d’un maître spirituel lorsqu’ils souhaitent recevoir des enseignements.»  En l’occurrence, la demande émane de l’Association Rigdzin, de l’Association Gendun Drupa, basée en Valais, et de la Fondation pour la préservation de la culture du Tibet et pour la promotion de l’échange interculturel (FPC-Tibet), cofondée par Patrick Stillhart.
Après une démarche entreprise il y a plus d’une année auprès de l’Office de sa sainteté le dalaï-lama à Dharamsala, les organisateurs ont reçu un feu vert assorti d’un souhait: organiser de plus une rencontre avec une université.
Les préparatifs commencent alors. «L’événement était prévu à la Bern-Arena, explique Patrick Stillhart. Mais la date a changé et on tombait pendant les play-off de hockey. Forum Fribourg est une salle suffisamment grande et idéalement située: la majorité des Tibétains installés en Suisse habitent la partie alémanique.» Ironie du sort ou conjonction karmique, les adeptes du dalaï-lama croiseront les fans de Gottéron samedi soir.
Durant le week-end, sa sainteté Tenzin Gyatso séjournera dans des appartements aménagés à Forum Fribourg même. Sur place, un cuisinier qui a la confiance de l’Office du Tibet sera chargé de ses repas. L’agence officielle du 14e dalaï-lama et de l’administration centrale du Tibet s’occupe ainsi des questions de sécurité en collaboration avec Opus One.


Le fond et la forme
La tradition bouddhiste veut également que le demandeur émette des propositions quant à l’enseignement qu’il veut suivre. Il s’agit non seulement d’aménager l’arrivée d’un «océan de sagesse» (on traduit généralement ainsi le titre de dalaï-lama), mais également de choisir la matière qu’on souhaite le voir aborder. «Après une proposition jugée trop spécifique à une certaine tendance bouddhiste, on a choisi des enseignements qui recouvrent plus généralement le bouddhisme tibétain», relate Patrick Stillhart.
Devant un auditoire large et varié, le dalaï-lama tend à dispenser des pratiques et des exposés qui parlent au premier venu comme au plus intello des bouddhistes. «Au théâtre, les comédiens ressentent des choses plus ou moins positives qui émanent du public. Pour le dalaï-lama, c’est pareil sauf qu’il perçoit clairement les énergies et s’adapte en conséquence.»
Le public a répondu en masse et la manifestation affiche complet depuis longtemps. Si bien que beaucoup ont crié au mercantilisme. D’autant que certains médias ont mis en avant les places à 1000 francs. «Il s’agit de billets de parrainage, relève Sylviane Binz. Le reste des places (n.d.l.r.: entre 178 et 248 fr. pour les deux jours, entre 20 et 68 fr. pour la conférence publique) sont raisonnables quand on pense que le  moindre week-end de développement personnel coûte 350 francs.»
Les tarifs ont d’abord pour objectif de couvrir les frais d’organisation. «On devrait dégager un bénéfice en dessous de 10%, sur un budget total de plus d’un million de francs, précise Patrick Stillhart. L’excédent de recette sera reversé à des projets humanitaires choisis par sa sainteté via la fondation The Dalai Lama Trust.»
 

Commentaires

Le Dalai Lama est un féodal contribuant au génocide des tibétains: servitude et décadence Est-il en contre partie payé par le gouvernement chinois ? Prix Nobel de la paix ou de complicité de " meurtre " ?
Je doute fort que le Dalai-Lama, incarnation de la grande compassion, qui, soit dit en passant réprouve ces immolations. Ayant prôné de tout temps la non-violence et montre depuis sa fuite du Tibet à quel point il est utile de ne pas répondre a la violence par la violence, cette question qui est posée ici montre une profonde incompréhension de ce que représente la figure moderne, ouverte du bouddhisme. Il reste que les Tibétains, si jeunes lorsqu'ils passent à cet acte, sont profondément désespérés. La souffrance de ce peuple est récurrente, et elle ne doit pas être instrumentalisée par des polémiques dignes de campagnes de communication délétères et non d'un journalisme sérieux. Aussi, votre question peut provoquer inutilement de la souffrance supplémentaire, ce qui n'est souhaitable pour personne. Avoir conscience de cela montre un début de compréhension du bouddhisme. Respect et circonspection sont des lors de mise. Avec gratitude pour ce merveilleux chemin qui nous permet d'apprendre l'amour comme un antidote a l'ignorance, la peur et les actes lies a la colère. Om mani padme houng! T@r@
En faisant mon budget de loisirs pour les mois prochains, j'ai finalement opté pour la poya d'Estavannens. Beaucoup moins cher et plus distrayant. Pour la bonne parole, je n'ai qu'à me rendre à l'église ... Chacun son choix !
je n'ai qu'une chose à dire: "BRAVO" et en plus à l'église c'est "GRATUIT" et si vous êtes malade on vient vous voir "GRATUITEMENT" à l'hôpital et si vous voulez faire partie de la communauté c'est "GRATUIT" et à l'église tout est "GRATUIT" et il n'y a pas de risque de menaces ou de représailles ésotérique et j'en passe et des meilleures cordialement Catherine
hahahaha.........et les impôts ecclésiastiques ? c'est gratuit ? Tout a un prix, que ce soit pour l'association du choeur mixte, pour le club de foot ou pour son institution religieuse.

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