Gamins il y a dix-neuf ans, ils suivent le chemin paternel

| mar, 02. avr. 2013
Dès jeudi, Fribourg-Gottéron affrontera Berne pour la quatrième finale de son histoire. Andreï Bykov et Jan Cadieux lutteront pour le titre dix-neuf ans après leurs pères. Les finalistes des années 1990 veulent croire au succès de leurs cadets.

PAR THIBAUD GUISAN


Le suspense a été levé hier. Fribourg-Gottéron affrontera Berne, dès jeudi en finale des play-off. Durant la saison régulière, le bilan est de trois victoires à trois entre les deux équipes.
La finale 2013 – la quatrième du club après celles perdues en 1992, 1993 et 1994 – est aussi une histoire familiale pour deux joueurs de Gottéron. Dix-neuf ans après, Jan Cadieux et Andreï Bykov marchent sur les traces de leurs pères. A l’époque, Paul-André Cadieux, était entraîneur de l’équipe. Slava Bykov emmenait l’attaque fribourgeoise, associé à son compère Andreï Khomutov.
Pour Andreï Bykov, les souvenirs des finales sont flous. Normal, l’actuel centre de Gottéron, 25 ans, avait entre 4 et 6 ans lorsque son papa luttait pour le titre de champion de Suisse. «Je n’ai aucun souvenir. C’est triste, mais j’étais trop petit. J’allais aux matches, mais je ne me rendais pas compte de ce qui se passait.»
A cette époque, le jeune Andreï était d’ailleurs davantage porté sur le football. «Je patinais déjà, mais à la patinoire publique, ou avec mon papa lorsqu’il avait le temps. Le hockey est venu après les finales, quand mon père m’a offert un équipement.»
Enfant, Andreï Bykov n’était jamais loin de Saint-Léonard. «J’allais régulièrement suivre l’entraînement du samedi matin. Après, j’allais un peu sur la glace et dans le vestiaire. Je me souviens que je m’amusais avec certains joueurs qui me donnaient de petites tapes sur la tête. J’ai eu la chance de sentir l’odeur de transpiration très jeune (rires).»


Le jardinage des Cadieux
Aujourd’hui âgé de 33 ans, Jan Cadieux avait entre 12 et 14 ans lors des finales de son père. Les souvenirs sont logiquement plus précis. «La finale qui m’a le plus marqué, c’est celle contre Berne. Je me souviens bien du cinquième match décisif, perdu à Fribourg. Le club avait monté une tente à côté de la patinoire pour les personnes qui n’avaient pas de billets. A la fin du match, j’étais descendu des tribunes pour retrouver mon père. Renato Tosio, le gardien de Berne, m’avait donné sa canne. Elle est encore chez moi à la cave. Tosio, c’était mon idole de l’époque.»
A l’époque des finales, Jan Cadieux était au Cycle d’orientation du Belluard à Fribourg. Il évoluait au sein du mouvement juniors de Gottéron. «J’avais commencé à l’âge de 4 ou 5 ans à l’école de hockey. J’ai fait toutes mes classes à Gottéron avant de partir au Canada à l’âge de 15 ans.» A la maison, on parlait forcément beaucoup de hockey. «Mais mon père aimait bien se changer les idées. Particulièrement en période de play-off. Je me souviens qu’on passait certains après-midis d’avant-match à jardiner ou à jouer aux Lego.»
Andreï Bykov et Jan Cadieux ont grandi. Les gamins du début des années 1990 se retrouvent désormais sur la glace, en finale du championnat de Suisse. Les pères ont, eux, pris place en tribunes.


Bykov assume l’héritage
Même s’ils ne le disent pas ouvertement, les deux joueurs ont certainement cœur de terminer le travail entamé par leurs aînés. Andreï Bykov ne se montre pas agacé par les nombreuses références à son père Slava. «Ça me fait toujours plaisir quand on me parle de mon père. C’est la preuve qu’il a laissé de bons souvenirs. Je suis fier de me retrouver dans le même club que lui. Ce serait un énorme plaisir d’offrir ce titre à tous ces gens qui nous soutiennent.»
Avant de griffer la glace de la finale, Andreï Bykov refuse de parler de rêve de gamin concrétisé. «Le rêve, c’est d’aller au bout. On a vécu des moments géniaux avec cette qualification pour la finale, mais il faut garder les pieds sur terre. A chaque début de saison, l’objectif est de gagner le titre. Cette année, on est juste plus proche du but.»
Jan Cadieux a, lui, déjà remporté un titre de champion: c’était en 2003 avec Lugano. Alors âgé de 23 ans, il n’avait toutefois pas disputé la finale. Son autre titre, l’attaquant l’a remporté lors de son cursus junior au Canada en s’adjugeant la Coupe Memorial, en 2000.
Le trophée est remis à la meilleure équipe de hockey junior de la Ligue canadienne de hockey. «Après cette victoire, Jan m’avait dit en rigolant qu’il avait déjà fait mieux que moi, glisse Paul-André Cadieux. Si, cette année, il peut dire la même chose avec Fribourg, je ne lui en voudrais pas…»

 

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«Gottéron n’a jamais été si proche du titre»
«Ça réveille des souvenirs. Comme anciens joueurs, on peut être fiers du parcours de cette équipe.» Pascal Schaller a vibré, jeudi soir, lorsque Fribourg s’est hissé en finale. De son côté, Patrice Brasey évoque «un petit peu de nostalgie».
L’ancien attaquant, domicilié à Bulle, et l’ancien défenseur étaient de la partie lors des trois finales perdues par Fribourg-Gottéron. C’était en 1992 contre Berne (3-2 dans la série au meilleur des cinq matches), puis deux fois contre Kloten: 3-0 en 1993 et 3-1 en 1994.
Paul-André Cadieux officiait, lui, comme entraîneur.  «Contre Berne, on perdait 2-0 dans la série et on était revenus à 2-2 le jeudi, se rappelle le technicien. On n’avait pas été capables de canaliser l’euphorie jusqu’au match décisif du samedi à domicile.» Patrice Brasey l’a encore en travers de la gorge. «Des trois finales, c’est la fois où le titre était à portée de main.»
A en croire Paul-André Cadieux, les deux finales contre Kloten se ressemblent. «On les a d’abord perdues parce qu’il y avait un très bon adversaire en face. Kloten a réussi à bloquer Slava (Bykov) et Andrei (Khomoutov). Ensuite, on a un peu manqué de réalisme. Le plus dur en finale, c’est de marquer des buts. En 1994, on avait beau avoir la meilleure attaque et la meilleure défense de la saison régulière, ça n’a pas suffi. On aurait peut-être dû mettre un dispositif plus défensif en place. Mais si on a choisi de jouer l’offensive en finale, c’est parce que c’était notre jeu.»
Diplomates, les anciens refusent d’accabler leur gardien de l’époque, Dino Stecher. Il n’empêche, le portier n’était pas le meilleur atout. «Il était capable de réaliser un arrêt miraculeux, puis d’encaisser un mauvais but, reconnaît Paul-André Cadieux. Moralement, ça pouvait casser les reins de l’équipe.»
La quatrième tentative sera-t-elle la bonne? Les anciens veulent y croire. «Gottéron n’a jamais été aussi proche du titre, lance Pascal Schaller. L’équipe est prête à nous faire rêver.»
Principale source d’optimisme: les prestations du gardien Benjamin Conz. «Un gardien, c’est 50% du résultat final, estime Patrice Brasey. Or, Conz est le meilleur grâce à sa constance. S’il arrive à conserver son niveau, Fribourg part avec l’avantage du gardien.» Paul-André Cadieux abonde: «Les quelques fois où Conz a encaissé un mauvais but, il a été capable de mettre ça de côté et de se reconcentrer.»


Plus de profondeur
A en croire Pascal Schaller, Gottéron est mieux armé que dans les années 1990. «Le contingent a davantage de profondeur. Il y a plus de concurrrence interne. A notre époque, nous avions une bonne équipe, mais il nous manquait un ou deux joueurs confirmés.»
Gottéron serait aussi meilleur défensivement qu’au début des années 1990. «L’équipe a fait d’énormes progrès cette saison, estime Paul-André Cadieux. Elle donne très peu de buts. Elle est capable de gagner 2-1 ou 3-2.»
L’ancien entraîneur conclut par deux bémols. «L’adversaire aura un jeu plus physique. Si le match vire au fore-check dans les bandes, Fribourg va rencontrer des difficultés. Ensuite, l’équipe a une certaine peine à tuer un match. Elle peine par exemple à exploiter un cinq contre trois à un moment clé. Cette année, Fribourg nous a habitués à des frayeurs. Avec deux buts d’avance, l’équipe n’est pas à l’abri.»
 

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