Une association pour financer les infrastructures sportives

| mar, 02. avr. 2013
Les installations ont mal à leur déficit. Bulle, Broc et Charmey ne seront plus les seules à payer, les autres communes devant mettre la main à la poche par le biais d’une association. Tous les législatifs doivent donner leur aval.

PAR SOPHIE MURITH


Bulle, Broc et Charmey devraient bientôt pouvoir souffler un peu. Après avoir financé durant des dizaines d’années piscines et patinoire utilisées par tous les Gruériens, elles devraient bientôt obtenir une aide financière du reste du district. L’Association régionale la Gruyère (ARG), initiatrice de ce projet de régionalisation des sports, propose que les frais engendrés par ces quatre installations soient partagés entre toutes les collectivités dès 2014. Elles resteront propriété de la commune siège. Une association, Sports en Gruyère, devra être créée à cette fin en juillet 2013.


Entre 8 et 12 francs
«Sur les 31000 patineurs venant chaque année à Bulle, 80% proviennent de l’ensemble des communes du district», illustre le préfet Patrice Borcard, membre du comité de l’ARG. «Pour la piscine de Broc, 45% des clients habitent dans une autre commune gruérienne. Seuls 30% viennent de Broc.» Aucun problème si ces infrastructures étaient rentables, mais ce n’est pas le cas. Entre 2009 et 2011, le déficit annuel des infrastructures concernées s’est élevé à un million de francs, et jusqu’à 1,3 mio à cause d’investissements extraordinaires.
Avec la future association Sports en Gruyère, la moitié du déficit des infrastructures sera à la charge de la commune siège et l’autre moitié placée dans un pot commun. «Ce dernier sera ensuite payé par toutes les communes du district selon la clé de répartition votée l’an dernier. Il en coûtera aux communes entre 8 et 12 francs par citoyen, en fonction de l’indice du potentiel fiscal et de la population, précise le préfet. Tout a été fait pour que cela ne soit pas trop lourd, mais que cela donne un signal clair en faveur de la solidarité.» Broc et Charmey seront les mieux délestées de leur fardeau financier, avec près de 43% de charges en moins.


Une question de solidarité
Pas question de flamber, malgré l’apport de cette manne intercommunale. La future association ne participera qu’aux frais d’exploitation et de maintien aux normes des installations. Au-delà de cette limite, les investissements reviendront aux communes sièges. «Certains peuvent se dire: “On n’aura rien de plus”. Mais il faut surtout se demander ce que l’on aura en moins si cela ne se fait pas!  Si on lâche une infrastructure, elle sera perdue. Nous ne pourrons pas en construire de nouvelle. Cela coûtera trop cher.»
Condition sine qua non pour la constitution de l’association: obtenir le feu vert de tous les législatifs du district. Ils se prononceront durant les mois d’avril et de mai. Les Conseils communaux ont déjà donné leur accord de principe (lire ci-contre). «Cela se fera avec toutes les communes ou pas, prévient Patrice Borcard. C’est une question de solidarité.»
Trois séances d’information publiques auront lieu dans les semaines à venir et un courrier a été envoyé aux responsables des milieux sportifs pour les mobiliser. Une artillerie lourde qui présage d’un âpre combat. «Si nous nous mobilisons, c’est que nous voulons convaincre et donc qu’il le faut, reconnaît Patrice Borcard. Il se rend compte que le projet arrive à un moment difficile pour les collectivités qui doivent déjà consentir à de gros investissements pour absorber leur démographie. «Il sera difficile de faire le bonheur des associations sportives sans leur soutien, note le préfet. Souvent, les jeunes pratiquent des sports et les plus âgés participent aux assemblées.»


Entente facultative
Dans le district où la population est la plus jeune du canton, son préfet apprécierait ce petit coup de pouce. «On ne peut pas se plaindre sans cesse de la jeunesse et ne pas leur laisser des infrastructures sportives. J’espère vivement que les citoyens se rendront compte de cette solidarité nécessaire.»
Dans un premier temps, en 2011, trois objectifs avaient été fixés pour la régionalisation: financement commun des infrastructures, subventionnement régional des clubs et du sport en général et création d’un service des sports pour coordonner le tout. Seul le premier volet avait recueilli les suffrages de la majorité des communes. «Toutes n’ont pas les mêmes moyens ni les mêmes besoins. Dans un deuxième temps, une entente intercommunale, créée sur une base volontaire, pourra aller plus loin dans ce concept de régionalisation.»


Séances d’information: Charmey, salle du Maréchal-Ferrant, jeudi 4 avril, 20 h; Pringy, Maison du Gruyère, jeudi 11 avril, 20 h; Riaz, salle paroissiale, mercredi 17 avril, 20 h

 

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Communes solidaires?
Les exécutifs sont acquis au principe de la régionalisation. Qu’en sera-t-il des assemblées? «Nous serions mal inspirés de dire non après avoir reçu des aides pour les remontées mécaniques», estime Jean-Claude Schuwey, syndic de Bellegarde. Pour Jean-Marc Piguet, syndic de Sâles, le prix à payer est faible pour le service proposé. «Nos classes vont à la piscine à Charmey et à la patinoire à Bulle.» La répartition des coûts laisse encore indécis le syndic de Gruyères. «Nous attendons de savoir si les investissements, tels que la rénovation de la piscine de Broc pour 2 mio de francs, seront aussi à la charge de tous pour informer nos citoyens, explique Jean-Pierre Doutaz. Du côté de Haut-Intyamon, la mauvaise santé financière pourrait retenir les citoyens lors du vote. «De gros investissements nous attendent dans le futur: passages à niveau à sécuriser et buttes de tir à dépolluer», rappelle Patrice Pernet, vice-syndic. SM
 

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