Entre bastringue et traditions

| mar, 14. mai. 2013
Le jour et la nuit. Si elle a rassemblé un large public, la Poya 2013 a connu des temps forts radicalement différents les uns des autres, samedi en particulier.

PAR YANN GUERCHANIK
Samedi, la Poya s’est peut-être montrée sous son vrai jour… et sous sa vraie nuit. Alors que l’après-midi était consacré aux traditionnelles animations dans le village, la soirée, elle, était dédiée à Stromstoss Örgeler et DJ Ötzi, deux groupes qui ont rempli leur mission, mettre la grande cantine sens dessus dessous.
Un peu avant minuit, le public (2500 personnes environ) s’accorde un moment de répit après le premier concert qui a déjà mis la cantine en effervescence. Les tables retrouvent un usage conventionnel et cessent un instant d’être des pistes de danse. On respire entre deux gorgées de bière et de vin rouge. On? Des gens de toutes sortes, jeunes ou plus âgés, voire très âgés, des Suisses alémaniques (plusieurs centaines) comme des Romands, en jean et baskets comme en bredzon.
Pour le spectateur non averti, c’est un peu comme débarquer sur la planète Mars. Soudain, un grand gaillard fait irruption sur scène, un gros bonnet à ce qu’il paraît, une star de la pop «Schlager» et autres airs de country à la sauce autrichienne. En moins de temps qu’il lui faut pour écrire une chanson, les verres et les services se retrouvent par terre et le public sur les bancs et les tables. L’ambiance est clairement à la fête, à la bastringue même. Sur les planches, le brave Ötzi multiplie les medleys expéditifs. Une canette de Red Bull dans une main et l’iPhone dans l’autre, il s’amuse même à filmer le public qui tressaille imperturbablement. Une famille autrichienne en séjour dans l’Intyamon se dira toutefois déçue de la performance: d’habitude, Herr Ötzi verse davantage dans le folklore.
 

Dans les granges illuminées
Pendant ce temps-là, la cantine des bars, elle, ne désemplit pas non plus, un véritable giron des jeunesses. La foule qui s’y rassemble est composée principalement de 16-20 ans qui proviennent de tous les villages alentour. Ils ont vu de la lumière en haut à Estavannens et l’alcool y est bien moins cher qu’en ville. Dans le village, les fêtards de la Poya ont choisi des lieux plus en adéquation avec la journée qu’ils viennent de vivre. Dans les gran-ges illuminées se retrouvent les habitants du village et, le plus souvent, des visiteurs qui ont profité des animations quelques heures plus tôt. Ici, le con-traste est moins grand. On est bien à la Poya, celle qui a vécu depuis vendredi après-midi au rythme des artisans et des sociétés de musique locales.
L’équipe préposée aux animations peut se féliciter. Vendredi et samedi deux phrases ne manquaient pas de se faire entendre aux quatre coins du village: la première résonnait comme un compliment, «Oh! mais comme c’est beau!», tandis que la deuxième exprimait un élan d’empathie, «C’est quand même dommage ce temps!»
Responsable des animations, Nadine Dafflon est satisfaite: «Les gens sont venus nombreux malgré la météo maussade et tout le monde a joué le jeu en proposant des abris de fortune aux figurants et au public.» Entre présentations d’animaux, de vieux métiers et autres activités liées à la montagne d’hier et d’aujourd’hui, les visiteurs avaient de quoi déambuler des heures dans Estavannens.
Ils découvraient surtout un village étincelant. Une fois de plus, les Stabadins ont su mettre en valeur leurs maisons, leurs jardins, la moindre parcelle de leurs terres. Pour l’occasion, ils ont réuni un patrimoine composé de cloches, de sonnailles et de poyas. Dans les ruelles qui n’ont jamais pris des allures de foire – rien n’était à vendre hormis les produits du terroir – la foule cheminait paisiblement. Entre vaches et traditions, elle semblait enchantée de visiter un village d’éden.

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