L’Institut La Gruyère met tous les atouts de son côté

| sam, 25. mai. 2013
L’école privée de la cité comtale inaugure ce samedi sa nouvelle annexe. Elle vise, à terme, la mise en place du baccalauréat français.

Par Christophe Dutoit

 

Sur les contreforts de la colline de Gruyères, le flâneur peut passer à côté de l’Institut La Gruyère sans même le voir. Au mieux remarquera-t-il ce somptueux chalet posé sur une mince butte comme une cerise sur un gâteau. A ses pieds, sous les arbres, une huitantaine d’élèves sont aux antipodes de faire l’école buissonnière. Malgré la beauté du site.


Depuis bientôt soixante-cinq ans, l’école privée fondée au Manoir de Vaulruz accueille en effet des adolescents entre douze et vingt ans, qui accomplissent la fin de leur scolarité obligatoire (les trois ans d’école secondaire), la maturité fédérale, des cours de langues ou encore une école de commerce sur deux ans.


Ce samedi, l’Institut La Gruyè-re ouvre ses portes au public pour présenter son nouveau bâtiment (lire ci-dessous). «Avec l’ouverture de ces trois classes, nous pourrons légèrement augmenter nos effectifs, peut-être jusqu’à nonante élèves», détaille Anne Butty Revaz, directrice de l’établissement depuis 1999.


Aujourd’hui en effet, l’école accueille quatre-vingts étudiants, dont quarante-cinq sont des internes. «Parmi eux, 70% sont des élèves suisses, qui rentrent chez leurs parents le week-end. Les 30% restant sont étrangers et vivent ici sept jours sur sept. Il faut s’imaginer qu’une partie d’entre eux passe quatre à cinq ans de leur adolescence chez nous. Ça mar-que, dans une vie!»


Le monde de l’Institut La Gruyère, Anne Butty Revaz le connaît depuis toute petite, puisqu’elle a grandi au milieu des étudiants, avant de reprendre les rênes de l’institution des mains de sa maman et de son oncle. «Pour faire ce métier, on doit être passionné. Il faut aimer les jeunes, savoir ne pas se crisper, les regarder grandir et être capable d’anticiper leurs crises. L’ambiance ici est très familiale et pas du tout collet monté.»


«Où est la gare?»
«Souvent, lorsque les parents viennent à Gruyères pour le premier contact, ils aimeraient rester, tant le site leur plaît! raconte la directrice. En même temps, leur enfant regarde ses souliers et la première question qu’il me pose est souvent: “Où est la gare la plus proche?”» Passé quelques semaines, les jeunes citadins se plient aux charmes verdoyants de la Gruyère.


Sous ses airs de «petite maison dans la prairie», l’Institut La Gruyère est une vraie PME qui emploie trente-cinq sala-riés, dont une vingtaine d’enseignants. Une école privée qui n’a pas de difficultés à remplir ses effectifs, dans un contexte romand où plusieurs internats ont récemment fermé leurs portes. «Depuis quelques années, on ressent malgré tout la crise en Europe, analyse Anne Butty Revaz. Mais, par exemple, nous accueillons toujours des élèves de familles espagnoles dont les parents ou les grands-parents ont étudié ici. Nous en sommes à la troisième génération!»


En termes purement scolaires, l’Institut La Gruyère ne rend de comptes ni au canton ni à la Confédération, même s’il respecte le Plan d’études romand (PER). «Le niveau de nos élèves doit correspondre aux exigences. Les examens sont organisés à l’extérieur de l’école et le taux de réussite à la maturité oscille entre 90% et 100%.»


Ouverture vers l’Asie
Aujourd’hui, l’Institut s’ouvre de plus en plus aux étudiants en provenance d’Asie. «Nous planchons également sur l’idée de mettre en place, d’ici quelques années, un baccalauréat français, car la demande existe et un centre d’examens sera bientôt créé en Suisse.» Dans le même ordre d’idées, l’école gruérienne a été approchée pour mettre sur pied un enseignement en anglais, avec un baccalauréat international à la clé. En effet, de plus en plus de multinationales s’installent dans le canton et leurs employés expatriés sont pour l’heure contraints d’envoyer leurs enfants étudier à Berne ou dans le canton de Vaud.

Gruyères, Institut La Gruyère, portes ouvertes ce samedi de 10 h 30 à 16 h 30.
Infos: www.institutlagruyere.ch

 

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Deux classes et une bibliothèque

A l’étroit dans ses locaux, l’Institut La Gruyère a vécu dix ans de procédure pour enfin aboutir à l’annexe inaugurée ce samedi. En effet, la colline de Gruyères est très protégée et plusieurs variantes ont été étudiées pour inscrire ce nouveau bâtiment entre l’ancien Hôtel du Bourgo, chalet typique construit en 1911, et le premier agrandissement, dessiné par l’architecte Dumas en 1964.

Cette nouvelle construction semi-enterrée au toit végétalisé a été imaginée par l’atelier d’architectes Olivier Charrière, à Bulle. Elle comprend deux salles de classe de 35 m2 (dont une dédiée à l’informatique) et une bibliothèque. Son coût total est d’un million de francs. «Nous avons également profité de ces travaux pour refaire notre salle des maîtres, explique Anne Butty Revaz, directrice de l’école. Avec cette annexe, notre but n’est pas d’agrandir nos effectifs, mais d’offrir une meilleure offre pédagogique.» A noter que les élèves utilisent ce bâtiment depuis le mois de novembre dernier. CD

 

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Portes ouvertes ce samedi

Pour inaugurer son nouveau bâtiment scolaire, l’Institut La Gruyère ouvre ses portes au public, ce samedi de 10 h 30 à 16 h 30. Au programme: présentation officielle, en présence d’Isabelle Chassot, directrice de l’Instruction publique, suivie d’un apéro (11 h 30); durant l’après-midi, l’historien Alain-Jacques Tornare donnera trois causeries sur «Beaumarchais amoureux d’une Fribourgeoise» (12 h), sur «Un Fribourgeois en pleine Bérézina» (14 h) et enfin sur «Fribourg fait la Révolution» (15 h 30). En outre, le conteur Dominique Pasquier retracera «Les péripéties de Boniface Thorin» (13 h) et Patrick Rouiller – un ancien élève de l’école qui a participé cet hiver à l’émission The Voice of Switzerland – viendra chanter «Fribourg donne de la voix», avec le trio jazz de Jérôme Thomas (14 h 30). Toute la journée, le dessinateur Franky Snow présentera les planches réalisées avec les élèves. CD
 

 

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