L’ardu mariage de la clope et de la terrasse

| jeu, 13. juin. 2013
Après l’entrée en vigueur de la nouvelle Loi sur les établissements publics, la préfecture serre la vis. Pour limiter les nuisances, plus le droit de sortir fumer avec son verre dès minuit, ni de profiter des terrasses.

PAR SOPHIE MURITH


Finie la cigarette fumée après minuit en groupe sur le trottoir en sirotant un mojito, même servi dans un gobelet en plastique. Terminées les soirées prolongées jusqu’à 2 h du matin assis à la terrasse d’un bistrot. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sur les établissements publics et en prévision de la délivrance des patentes B+, la préfecture de la Gruyère a exigé l’application de dispositions pour limiter les nuisances sonores. Les terrasses doivent être vidées dès minuit et, dès lors, les fumeurs ne peuvent plus emporter leurs boissons à l’extérieur.
Lancée en 2012, la charte Noct-en-Bulle, qui lie les tenanciers de bar du centre-ville, la police et la préfecture, a été reconduite cet été. «Le bilan était positif, reconnaît Patrice Borcard, préfet. Mais la situation actuelle n’est pas idéale. Toujours plus de personnes se plaignent, notamment des familles. Et pas seulement au centre.» Il rappelle toutefois que la ville n’est pas la campagne. «Nous ne cherchons pas le zéro nuisance. Nous faisons la chasse aux excès.»
Selon lui, l’horaire d’ouverture des établissements publics passant de 23 h 30 à minuit demande un meilleur encadrement. «La terrasse doit fermer au moment où l’établissement ferme. Il faut limiter l’usage intempestif des terrasses par les fumeurs qui sortent avec leur boisson et par les clients d’autres établissements qui pérégrinent.» Le préfet rappelle que le mobilier doit être enlevé, bâché s’il est fixe.


Les bars, une nuisance parmi d’autres
Du côté des bistrotiers, on s’interroge sur la mise en pratique. Pour Hervé Ruffieux, du Buro, «c’est une mesure difficile à faire respecter en fonction de la configuration des lieux, avec deux ou trois entrées par exemple». Pour lui, il existe d’autres nuisances que les bars. «Les gens circulent dans la rue, font la fête dans les parcs ou chez eux.»
Le tenancier du Melocoton Miguel Barral se demande aussi où s’arrête le travail du patron coopératif et où commence celui de la police. «Avec la nouvelle législation, nous avons au moins un argument juridique pour ne plus leur permettre de sortir leur verre, car désormais, cela est considéré comme de la vente à l’emporter», reconnaît-il.
Olivier Perler, du 43, regrette que des dispositions drastiques soient prises pour à peine quelques soirées de beau temps dans l’année. «Je sais qu’il est difficile de ne pas tenir compte des gens qui se plaignent. Mais on ne peut pas empêcher 1000 personnes de sortir pour 50 qui aimeraient dormir.» Il doute de l’efficacité de la mesure. «Tant que les clients sont dans notre bistrot ou sur nos terrasses, nous pouvons mieux les maîtriser que lorsqu’ils sont sur le trottoir, sur l’espace public», déclare Olivier Perler.
Tous les bistrotiers interrogés apprécient le dialogue et la collaboration instaurés avec la préfecture. Ils s’inquiètent tout de même du manque à gagner et des coûts induits pour faire respecter les directives. «Nous avons le sentiment de faire beaucoup, estime Hervé Ruffieux. Bulle reste une ville calme, ce n’est pas la fièvre tout le temps, même si le centre-ville est plus animé le week-end.»


La prévention par les acteurs
Le préfet est conscient des soucis des tenanciers de bar. «Je me mets à leur place, il n’est pas toujours facile de gérer la migration des consommateurs. Je pourrais demander à la police de faire plus de rondes. La police de proximité n’est pas la seule solution.»
Patrice Borcard préfère miser sur le partenariat établi. Et la prévention. Des troupes de théâtre locales vont d’ailleurs former des acteurs qui interviendront dans la rue, à titre préventif, pour montrer aux noctambules comment se comporter correctement et respecter le voisinage.

Commentaires

il me tarde de voir ces troupes de théatre à la sortie du Globull!!! les pauvres....

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Chute mortelle dans les Préalpes

Un accident de montagne s’est produit dans la région de la Dent-de-Folliéran, dimanche en fin de matinée. Un homme de 28 ans domicilié dans le canton de Fribourg a fait une chute d’environ 200 mètres et a perdu la vie. Il se trouvait sur l’arête de Galère et cheminait en direction du Vanil-Noir.