L’envie de ne pas ressembler à toutes les autres écoles

| mar, 04. juin. 2013

Les 22 août prochain, les petits Bullois inaugureront leur nouvelle école de la Condémine. En plein chantier, visite guidée avec son concepteur, l’architecte fribourgeois Marc Zamparo.

texte & photos Christophe Dutoit

Depuis quelques mois, le quartier de la Condémine est en pleine métamorphose. Non seulement parce que la route cantonale est barrée pour permettre son réaménagement, mais surtout parce que trois bâtiments scolaires ont poussé au sud du campus actuel. D’ici la prochaine rentrée scolaire, le projet Cellulose accueillera ainsi dix-huit nouvelles salles pour les classes enfantine et primaire de Bulle.

«Notre parti pris a d’emblée été de créer des espaces extérieurs proportionnés et séquencés, explique Marc Zamparo, lauréat du concours d’architecture en mai 2010. Pour faire le lien avec les bâtiments existants, nous avons dessiné un réseau de cours de récréation attractives, protégées, différenciées, ensoleillées. Des petits territoires que les élèves vont s’approprier selon leur niveau.» A cet âge-là en effet, les petits de première ne se mélangent pas avec les grands de troisième…

Vendredi dernier, à l’heure de la visite avec l’architecte fribourgeois, les goudronneuses posaient le revêtement final dans la cour. «Dans le contexte urbain de la Condémine, je tenais absolument à garder un espace vert au centre, avec de l’herbe et des arbres.» Vus d’en haut, trois bâtiments entourent cette place. A l’est, le plus petit, accueillera les six classes enfantines et la crèche au rez-de-chaussée. Au sud, la halle de sport double et son impressionnant volume de 7400 m3. Ce bâtiment comprend également trois salles pour l’accueil extrascolaire et les bureaux administratifs. A l’ouest enfin, la construction la plus visible depuis la ville, qui logera les classes primaires, la salle des maîtres, la salle polyvalente et la cuisine.

«Ecoles stéréotypées»
Pour trouver une unité de langage malgré ce programme très hétéroclite, Marc Zamparo est parti de deux idées maîtresses: ne pas dessiner des fenêtres rectangulaires – comme il en existe partout dans les écoles – et ne pas utiliser de stores. Explications: «Selon une norme cantonale, la surface des fenêtres doit représenter 30% de la surface au sol d’une salle de classe (en général entre 80 m2 et 90 m2). Donc, pour obtenir les 27 m2 de vitrage réglementaires, la plupart des architectes dessinent des baies rectangulaires. Ce qui aboutit à des écoles stéréotypées, car on donne toujours les mêmes réponses aux normes exigées.»

Quant aux stores, Marc Zamparo a décidé de s’en passer: «Lorsqu’ils ne sont pas bloqués ou cassés, on les baisse ou on les lève souvent à des moments inopportuns.» Du coup, l’architecte a choisi l’option des façades entièrement vitrées, structurées par des brise-soleil verticaux.

«On a usé plusieurs ingénieurs, qui nous ont affirmé que ça ne marcherait jamais pour répondre aux standards Minergie, obligatoires dans ce genre de construction, sourit le Fribourgeois. Mais ça fonctionne…» Selon les calculs, les brise-soleil éviteront en effet la surchauffe du bâtiment. «En plus, nous avons mis en place des systèmes de ventilation nocturne naturelle pour refroidir le bâtiment en été.» Quant aux fenêtres proprement dites, leurs vantaux s’entrouvriront sur commande d’une sonde qui mesure le taux de CO2 dans le bâtiment. «Mais les enseignants resteront toujours les maîtres à bord pour les ouvrir ou les fermer.»

En outre, les concepteurs ont réglé les éventuels problèmes d’éblouissement avec la pose de rideaux intérieurs orange. «Nous avons également installé les tableaux noirs (enfin, surtout blancs aujourd’hui) sur le mur sud des classes.»

Grâce à ces baies vitrées qui couvrent entièrement une de leurs faces, les salles de classe bénéficient d’une généreuse lumière naturelle. A l’intérieur, la froideur du béton brut est équilibrée par l’usage récurrent du bois, qui forme la structure porteuse des dalles, ainsi que l’isolation – en laine de bois – des plafonds.

Intrigante illusion
Vus de l’extérieur, les rideaux orange animeront les façades vitrées. «Notre but était de voir l’intérieur du bâtiment.» Surtout, les brise-soleil attirent l’œil des passants par l’intrigante illusion d’optique que créent leurs lignes verticales instables.

«Nous les avons animés en pensant aux rayonnages d’une bibliothèque, aux pages d’un livre ou encore à un origami, explique Marc Zamparo. Ça ne coûte rien de plus de construire un coffrage asymétrique et de l’utiliser une fois d’un côté, une fois de l’autre.»

A trois mois de la rentrée scolaire, le chantier va bon train. «Les pitoyables conditions météo de ces dernières semaines ont ralenti le séchage des chapes, mais nous serons prêts à temps», conclut l’architecte.

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