Mermet Aymonod, le premier d’une longue lignée de Menoud

| sam, 13. jui. 2013
Cet été, La Gruyère retrace l’histoire de quelques familles de la région. Troisième volet: les ancêtres d’une famille Menoud, à Sâles.

PAR VALENTIN CASTELLA

Martin Menoud a consacré des centaines d’heure à la recherche de ses origines. C’est dans le village de Sâles, où il a grandi, que le retraité de Praroman a commencé sa quête. Cette dernière lui a permis de découvrir le destin d’une famille, sa famille, cette branche de l’arbre généalogique qui a élu domicile à la Fin du Marais, à Sâles, il y a de ça plus d’un siècle.
Mais l’origine des «gauchés», comme ils sont surnommés depuis 1730, est glânoise. La première trace dénichée par Martin Menoud est apparue dans les comptes de la châtellenie de Rue. Un certain Mermet Aymonod, en 1395, est alors cité en tant que taxateur des dégâts causés par une tempête «diabolique» dans la région des Ecasseys. «Le nom Menoud n’existait pas encore, explique son descendant. En fait, cela vient du prénom très répandu à l’époque Aymon, puis petit Aymon. Au fil des années, cela s’est transformé en Aymonod.»


A Sommentier
Mermet Aymonod va encore faire parler de lui en 1403, lorsqu’il laisse sa trace dans les registres des reconnaissances de terres de la ville du Bois, soit Les Ecasseys. La même année, il reconnaît devant le duc de Savoie posséder 30 poses de terre à Sommentier.
Ceux qu’on appelle alors les Aymonod s’établissent à Sommentier et aux Ecasseys. Une reconnaissance de terres effectuée en 1438 en faveur de Pierre Aymonod, le fils de Jean (le frère de Mermet) dans cette même commune, le prouve. «Puis, ils se sont développés dans les villages voisins, à La Magne, à La Joux, à Vuisternens à la fin du XVIIe siècle et à Sâles au début du XVIIIe siècle. Ces dernières familles provenaient de La Joux.»
Comme leur lieu d’habitation, le nom Aymonod va également évoluer. «En 1400, les Aymonod s’appellent Emonod, puis Monod en 1500, Mounoud dans les années 1600 avant de s’arrêter à Menoud au début du XVIIIe siècle.»
Plus tard, les descendants de Mermet Aymonod vont s’exiler pour chercher fortune ailleurs. «Comme beaucoup d’hommes à l’époque, de nombreux Menoud sont partis tenter leur chance à l’étranger, reprend le généalogiste amateur. Notre région était très pauvre et de nombreuses familles vivaient ensemble dans une seule maison. Plusieurs Menoud sont alors partis en Savoie, en Bourgogne, en Franche-Comté et même à Paris. Ils ont surtout exercé des professions comme agriculteur ou soldat, notamment dans l’armée du roi. J’ai d’ailleurs retrouvé la trace d’un Claude, qui figurait dans les listes du régiment de la brigade des armées du roi.»
Martin Menoud poursuit son énumération: «Il y a également eu un Joseph Menoud qui s’était engagé en 1740 dans la compagnie des Cent-Suisses (première unité suisse permanente au service d'un souverain étranger créée par le roi Charles VIII en 1497). Selon les registres d’un notaire, il est mort à Turin. A l’époque, les membres de la famille n’avaient pas beaucoup de nouvelles. C’est souvent le prêtre du village qui annonçait les décès lorsqu’il recevait les informations de la part de la paroisse où l’intéressé était mort.»
D’autres ont vraisemblablement tenté leur chance de l’autre côté de l’Atlantique, comme souhaitait le faire par exemple un autre Claude Menoud. Il a finalement fait parler de lui à Genève, lorsqu’il a été impliqué dans une histoire de meurtre. «Il y a aussi des Menoud qui tournent mal», sourit le retraité.


L’aumônier des armaillis
Au fil des époques, des centaines d’années que le retraité traverse via son ordinateur et son arbre généalogique, revient également le nom de l’abbé Alphonse Menoud (1916-1986), «l’aumônier des armaillis», comme le décrit son cousin. «C’était un personnage très connu à l’époque, qui passait, l’été, d’alpage en alpage et qui se plaisait à prendre en photo les gens de la montagne.»
La montagne, la nature et la tradition: voilà des valeurs que Mermet Aymonod ne devait pas renier lorsqu’il s’était présenté en 1403 devant le duc de Savoie pour acquérir ses premières trente poses de terre à Sommentier. Le début d’une aventure qui dure depuis plus de six cents ans.

 

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Attachés à leurs terres
Martin Menoud a toujours été dans la recherche. Physicien de formation, le citoyen de Praroman (71 ans) a travaillé à l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle, «dans l’examination des brevets concernant les inventions, essentiellement dans le domaine de l’horlogerie», résume-t-il.
A la retraite, Martin Menoud est alors tombé, dans le grenier de la maison familiale de Sâles, sur une boîte laissée par son arrière-grand-père Joseph. Des testaments et des documents (photo principale) concernant l’achat et la vente de terres effectués entre 1700 et 1800. «Lorsque vous êtes jeune, vos racines n’ont pas grande importance. Puis, avec l’âge, on s’y intéresse forcément. Ces papiers m’ont intrigué. Je voulais savoir qui était ce Pierre Mounoud, le plus ancien nommé dans ces documents. J’ai alors commencé à reconstruire le puzzle de ma famille, en partant de mes parents pour arriver à Mermet Aymonod, dont la première trace écrite remonte à 1395.»
Son «enquête», comme il dit, a commencé en 2008. «J’ai passé des centaines d’heures à farfouiller dans les archives pour lier toutes ces personnes. Et, parfois, les recherches sont très compliquées, à l’image d’un Jean-Joseph, né en 1764 avec le prénom de Joseph. Il s’est marié à 50 ans et il a donné naissance à 12 enfants, dont trois garçons qu’il a baptisés Joseph, Jean et Jean-Joseph. Je me suis parfois bien creusé la tête pour tout comprendre. Je remercie d’ailleurs le personnel des Archives de l’Etat de Fribourg qui m’ont permis de faire ces recherches.»


Gauché, Pékin, Miautzon ou Franquillon
On l’a remarqué depuis le début de cette série retraçant l’histoire des familles régionales (La Gruyère du 9 juillet), les prénoms n’étaient pas source d’originalité. «Les surnoms étaient très souvent employés pour différencier les personnes. Les familles Menoud ont notamment été appelées Gauché, Montet, Miautzon, Fiot, Gros, Cozu, Pékin, au Noir, au Bec ou, plus tôt, Franquillon, Frantzollet et Petite.»
Martin Menoud poursuit: «Ces recherches m’ont amené peu à peu à réfléchir aux préoccupations, au mode de vie, au niveau de vie, voire à la vie religieuse de mes ancêtres. En voyant passer sous mes yeux tant de personnes qui ont vécu durant les six derniers siècles, je me suis rendu compte que chacun de nous n’est qu’un insignifiant maillon d’une chaîne.» Une chaîne où «l’attachement à la terre et à l’envie de réussir» a vraisemblablement toujours décrit cette branche de la famille Menoud. VAC

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