Préfets et élus dégainent une déclaration sur l’HFR

| ven, 05. jui. 2013
Les trois préfets et les élus du Sud s’unissent derrière une déclaration. Le texte se veut «une réponse et un complément» au rapport stratégique de l’HFR. Les signataires veulent éviter que le Sud ne devienne un désert sanitaire.

PAR YANN GUERCHANIK

«Regret», «amertume», «le sentiment de ne pas avoir été entendus».  Les trois préfets du Sud ainsi que des députés des quatre partis exprimaient leur désolation devant la presse vendredi matin. Pourtant, ils étaient bien là pour prendre les devants et «sauver ce qui peut l’être encore». Dans cette intention, ils ont présenté des mises en garde et des revendications pour «compléter» le projet de développement stratégique de l’HFR 2013-2022. En tout, 14 points qui constituent «la deuxième déclaration de Vaulruz».
Le 28 juillet 1997, la plupart des élus et les préfets se rassemblaient derrière une première déclaration de Vaulruz. Cette dernière se présentait comme une réponse à la première planification hospitalière. On s’en souvient aujourd’hui comme du texte qui a fondé la mise en réseau des hôpitaux du Sud fribourgeois. C’est dire si la proposition de vendredi se veut lourde de sens et de symbole.
Mais concrètement, quelle est son ambition? «Nous voulons utiliser la faible marge de manœuvre politique qu’il nous reste», a relevé Patrice Borcard. Le préfet de la Gruyère ne cache pas qu’il s’agit d’être réaliste: «Nous ne voulons pas entretenir d’inutiles illusions au sein de la population. Au contraire, nous souhaitons insuffler une nouvelle confiance face à un HFR dont l’image est écornée.» La déclaration incite ainsi les autorités cantonales et le conseil d’administration à communiquer de manière cohérente et efficace.


Améliorer les urgences
Selon le préfet de la Glâne Willy Schorderet, il s’agit encore «d’apporter une contribution par rapport à ce qui est mis en place». La déclaration prône notamment une meilleure couverture des urgences. Selon les trois préfets, il règne une certaine angoisse au sein de la population à ce sujet. A cet égard, la déclaration stipule l’ouverture d’une permanence médicale en dehors des heures d’ouverture des cabinets médicaux.
Une mesure déjà prévue par l’HFR, à la différence près que la permanence en question assurerait non seulement une prise en charge de proximité, elle renforcerait également «l’intégration des médecins traitants dans le cadre d’une politique sanitaire plus cohérente à l’échelle du Sud fribourgeois».
L’objectif est de concentrer le service de garde sur la permanence de Riaz afin d’améliorer le fonctionnement des urgences (un tri des patients plus efficace), de rendre plus attractive l’implantation de jeunes médecins (la garde rebute souvent ces derniers qui renoncent à s’implanter en périphérie) et de participer à la formation continue des médecins traitants.
Deuxième réclamation: «La mise en place d’un Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR), en priorité dans le sud du canton dont l’offre sanitaire est considérablement amoindrie.» Si des discussions ont cours à ce sujet depuis un certain temps, aucune réponse n’est donnée pour l’heure. «La mise en place d’un SMUR à partir de Riaz permettrait d’être plus efficace et de rassurer la population», a affirmé Patrice Borcard.
Une autre exigence concerne cette fois les services d’ambulances organisés par les communes. Ces derniers prennent en charge une partie des transferts intersites, ce qui leur assure un certain «fonds de commerce». «On n’aimerait pas que l’Hôpital fribourgeois fasse quelque chose qui affaiblisse nos services d’ambulances en diminuant les demandes», a expliqué Willy Schorderet.


A chaque site ses exigences
Pour Billens, le préfet de la Glâne a insisté sur «les moyens sanitaires mis en place pour la garantie de la sécurité médicale des patients en réadaptation». Les patients qui doivent être opérés à Fribourg ou à Riaz doivent également pouvoir bénéficier de consultations à Billens avant ou après l’opération. Enfin, la déclaration appelle «un centre de santé susceptible de regrouper des cabinets médicaux privés», puisque l’HFR renonce à offrir une permanence médicale.
La même exigence est formulée du côté du chef-lieu veveysan. «Même si le wagon Châtel-St-Denis est décroché du train HFR dès 2014, l’idée et de bénéficier de l’aide de l’Etat et de l’HFR pour organiser à ce moment-là une réponse sanitaire», a commenté le préfet Michel Chevalley.


Maternité de Riaz enterrée
Concernant la maternité de Riaz, les signataires ne se font plus d’illusions. Les revendications se portent donc sur les employés qui en feraient les frais. «Nous trouverions particulièrement injuste que le personnel, en particulier les sages-femmes, ne retrouve pas de travail», a insisté Patrice Borcard.
Pour le reste, les demandes se focalisent sur une spécialisation chirurgicale en orthopédie, dont la plupart des interventions ont l’avantage de se faire sur rendez-vous. «Riaz doit rester un hôpital de formation, sinon il deviendra un hôpital de réadaptation.» Les signataires réclament enfin le maintien, à Riaz, des activités de dialyse et d’oncologie ambulatoire ainsi que celles de la gériatrie et de la pédiatrie ambulatoire. A leurs yeux, l’ouverture d’une unité de psychogériatrie somatique doit être également soutenue.
Si les députés du Sud se sont ralliés à cette  deuxième déclaration de Vaulruz, plusieurs d’entre eux, tous partis confondus, attendent davantage encore de l’initiative lancée par l’UDC.
 

 

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«C’est un soutien à notre stratégie»
Réaction. Avant de présenter la deuxième déclaration de Vaulruz à la presse, vendredi matin, les députés et les préfets du Sud ont rencontré Anne-Claude Demierre, directrice de la Santé et des affaires sociales (DSAS). Elle livre son point de vue:

Quelle est votre réaction par rapport à cette déclaration unanime de la part des préfets et des députés, tous partis confondus, du Sud fribourgeois?
Je suis contente parce que cette déclaration est d’abord un soutien à notre stratégie pour l’Hôpital fribourgeois (HFR). C’est un signal constructif pour la population.

Pouvez-vous aujourd’hui donner des garanties que les 14 points détaillés dans la déclaration seront respectés?
Je ne peux que soutenir une grande partie d’entre eux puisqu’ils vont dans le sens de la stratégie développée. Je pense notamment au maintien des urgences et à leur amélioration, mais aussi au projet de permanence médicale en dehors des heures d’ouverture des cabinets. Des locaux sont d’ores et déjà prévus pour cette permanence et j’espère que le projet se concrétisera très vite.

Le Sud aura-t-il son Service mobile d’urgence et de réanimation (SMUR) comme le demande la déclaration?
Un SMUR dans le Sud n’est pas envisageable, non. Les études menées montrent qu’il en faut un seul à l’échelle du canton, avec des relais assurés par les médecins de premier recours pour les endroits trop éloignés. Le projet sera présenté au Grand Conseil à la fin de cette année et il devrait figurer au budget de 2016. Sous réserve qu’il soit accepté.

Qu’en est-il de la mise en place et du financement de centres de santé regroupant des cabinets médicaux privés
à Châtel et à Billens?

Nous sommes prêts à soutenir les études nécessaires. C’est déjà le cas de la Veveyse où 50000 francs ont été engagés. Par contre, il manque la base légale pour que ce soit l’Etat qui finance ce type d’infrastructure. Mais est-ce qu’il doit le faire? Je n’en suis pas sûre. L’Etat peut, en revanche, améliorer les conditions cadres pour favoriser l’installation de nouveaux médecins. Et c’est l’un des objectifs visés par la création de la permanence évoquée plus haut.

La déclaration veut faire de Riaz un site spécialisé dans la chirurgie orthopédique…
Notre stratégie va plus loin puisqu’elle veut que Riaz devienne un centre de compétence en chirurgie ambulatoire, sans se limiter à l’orthopédie. Les compétences seront donc maintenues sur le site gruérien.

Dans La Liberté d’hier, Thierry Monod, ancien directeur de l’Hôpital du Sud fribourgeois, considère que les problèmes auxquels fait face l’HFR sont essentiellement liés à une mauvaise gestion. Que répondez-vous?
Que M. Monod a un regard qui date d’il y a dix ans. Les conditions ont changé. S’il était facile de recruter il y a quelques années, ce n’est plus le cas aujourd’hui. M. Monod se base sur quelque chose de figé qui ne correspond plus à la réalité actuelle et il ne se projette pas dans le futur. De plus, dans son propos, il mélange la planification hospitalière et la stratégie de l’HFR. SR

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