L’arbre aux deux souches des Demierre de Montet

| mar, 13. aoû. 2013
André Demierre, de Montet, a reconstitué l’arbre d’une dynastie qui compte, dans la branche bulloise de sa souche des Ayeux, l’icône Maurice Demierre, assassiné en 1986 au Nicaragua. Quinzième et dernier volet de notre série sur les familles d’ici.

PAR MARIE-PAULE ANGEL

«Je suis là-dessus depuis vingt-cinq ans. Il a fallu que je me retrouve à l’assurance, à cause de mon dos, pour remonter aux sources», explique André Demierre, 75 ans, jadis concierge magasinier dans un centre commercial et chauffeur.  
«J’ai terminé la reconstitution de la famille Demierre de la souche des Ayeux, du côté maternel. J’arrive au bout de la souche de Praz Novy, du côté paternel.» Pour le profane, ces deux grandes souches sont à elles seules la jungle amazonienne…
La famille des Demierre, de Montet, a la particularité d’avoir prospéré sur deux souches, portant le nom de deux domaines, Les Ayeux et Praz Novy. Deux fermes qui existent toujours. «Les Ayeux sont aujourd’hui abandonnés. Mais j’y étais entré du temps de mes parents. C’est peut-être là-bas que je trouverais les pistes pour établir le lien entre les deux souches. J’ai toujours eu l’intuition que la très vieille ferme bernoise de la Verchire devait être la clé de ce “triangle”», suppose André Demierre, tombé, au fil de ses pérégrinations, sur plusieurs dispenses de consanguinité.
«Praz Novy, c’est ici!» rayonne-t-il, en dévoilant un paysage qui valse avec les nuages soufflés des quatre points cardinaux. André a remis le domaine de son père, Louis, à l’un de ses quatre enfants, Jacques, diplômé en agriculture. Il apprécie, aujourd’hui, avec son épouse Josiane, une Castella, de Sommentier,  le juste bonheur de continuer à vivre en ce lieu fondateur des Demierre de Praz Novy, où foisonnent les souvenirs de jeunesse.
Et André Demierre d’évoquer des temps forts de cette saga, comme cette mise aux enchères du 18 octobre 1894, instruite par l’un de ses grands-pères et ancien syndic de Montet, Nicolas Demierre, alors tuteur des enfants mineurs de feu Auguste Demierre. «D’après le verbal des mises, tout a été vendu, un pot de grès, un oreiller ou une jupe et un paletot. La mise a récolté 687 francs et 70 centimes. Ces enfants ne devaient plus avoir que le linge qu’ils portaient sur eux», s’attendrit André Demierre.


Le fief des Demierre
 Aujourd’hui, on dénombre encore 18 patronymes Demierre à Montet. Pour 1854, année où le village comptait une centaine d’habitants, André Demierre en a recensé 47. Vu le nombre d’enfants par famille, à l’époque, autant dire tout le village. «Aujourd’hui, Montet dépasse les 360 habitants. Mais on ne connaît presque plus personne. Montet est devenu un village dortoir.»
André Demierre n’en démord pas, pourtant: «Jean-Louis Demierre, notre syndic, est un tout bon syndic pour nous, et pas seulement parce qu’il est mon cousin. La commune s’est développée, mais elle n’a pas de dettes, elle a même un peu de fortune. Jean-Louis est la cinquième génération des syndics Demierre à Montet depuis 1774», se rengorge le généalogiste.
Si ce dernier fait prospérer la souche des Ayeux à partir d’un certain François Demierre, né en 1510, et époux de Catherine, il nous renvoie, pour les fondements des deux souches, à l’histoire situant une famille Demierre fixée à Moudon dès 1377, puis à Montet.


Jusqu’aux Amériques
L’armorial vaudois, qui décrit le blason familial «d’azur au pentalpha d’argent accompagné en chef de deux étoiles, garni en abîme d’une étoile, et soutenu d’un croissant, le tout d’or», évoque la figure de Rodolphe Decimatoris, ancien châtelain de Moudon et lieutenant du bailli de Vaud en 1483.  
Il est encore fait état de la vente de «quelques terres à Mermet Dymierre, à Montet, en 1457. Le nom trouverait son étymologie dans le vieux français deumier, dîmier (demiau en patois), ce qui signifie percepteur de la dîme, l’impôt… D’autres formes se retrouvent sous les patronymes Dumière, Demière, Demierre (anciennement Dymerrez, Dymierre, de Mière), la plus ancienne graphie semblant être Dymierrez (1438). Une certitude: «Les Demierre étaient des caractères forts. Ils ont occupé beaucoup de fonctions officielles. Mon grand-père, on ne lui courbait pas les doigts!» se souvient André Demierre.
Le Registre des familles suisses suit les Demierre à Billens, Estavayer-le-Lac, Mézières, St-Aubin, Villarvolard, Vuadens, Genève, Saint-Martin, Chardonne, Lausanne et au-delà de nos frontières, en France  (Doubs, Jura), ainsi qu’au Brésil et/ou en Floride (USA).


Curieuse boule de Noël
Cette dernière branche reste une énigme pour le généalogiste amateur, car la trace se perd au début du siècle passé. «Ces gens devaient travailler dans l’hôtellerie. Ils ont dû venir en Suisse, une fois. De leur passage, il subsiste cette curieuse boule de Noël en verre, accrochée dans un coin de la chambre, probablement depuis 1927.»
Il y a aussi ce mystère d’une branche qu’on ne retrouve plus, avec un Auguste Demierre marié à une Alexia Menétrey, à La Pierraz (Siviriez). «Se sont-ils mariés ici? C’était entre 1811 et 1880.» André Demierre évoque encore la branche éteinte du côté de son frère Nicolas, fragile du cœur. «Ils sont tous morts. C’est bien triste.»
Que faire de toutes ces découvertes? André Demierre  imagine, un jour, peut-être, «une grande fête de famille. Pour resserrer les liens. Pour essayer de retrouver le maillon manquant entre les deux souches. On est un peu les derniers des Mohicans.»

 

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«Le petit Che helvétique»
«Au soir du dimanche 16 février 1986, la vie de la communauté des Brigades internationalistes bascule brusquement. Maurice Demierre quitte le village de Somotillo (Nicaragua) dans sa camionnette à bord de laquelle ont embarqué une quinzaine de femmes et d’enfants, qu’il raccompagne dans un village voisin. A 500 mètres de la sortie du village, la camionnette saute sur une mine et percute le talus qui borde la route. Des Contras, en embuscade, tirent des rafales de mitraillettes et prennent la fuite en direction du Honduras. Maurice est tué, ainsi que cinq femmes. Six autres femmes et trois enfants sont grièvement blessés», raconte le cinéaste Stéphane Goël, réalisateur du film Qué viva Mauricio Demierre, présenté en 2006 au Festival de Locarno. La nouvelle crée l’émoi en Gruyère, à Bulle, fief de cette branche des Demierre des Ayeux, et dans toute la Suisse.
Maurice Demierre s’était engagé, en 1982, auprès de Frères sans Frontières (aujourd’hui E-Changer). Il ne faisait pas de politique: il soutenait techniquement des coopératives agricoles. Mais pour la Contra, soutenue par les Etats-Unis, «les assassinats des coopérants répondaient à un calcul cynique: pousser les gouvernements européens à retirer toute aide aux Sandinistes. C’est ainsi que plusieurs coopérants perdirent la vie, et pas seulement «El Mauricio», rappellent  les archives de la revue Volcans. Après la projection du film à Locarno, La Tribune de Genève titra Le petit Che helvétique
La famille Demierre ne manque pas d’autres «stars», ainsi l’abbé Michel Demierre, frère du généalogiste de Montet et ancien réalisateur auprès de la Télévision suisse romande. Née Passali, la conseillère d’Etat Anne-Claude Demierre, épouse de Nicolas et belle-sœur de Maurice, a toute sa place dans la souche des Ayeux. MPA

 

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Pasquier, Pittet et Genoud en force dans le Sud
En guise de conclusion à notre série d’été sur l’histoire des familles de la région, une question: quels sont les patronymes les plus fréquents dans le canton et dans chaque district? Le Service de la statistique du canton de Fribourg a transmis ses données à La Gruyère. Les Pasquier sont plus nombreux en Gruyère, tout comme les Pittet dans la Glâne et les Genoud en Veveyse. Au niveau cantonal, ce sont les Kolly qui mènent le bal. JG


Les noms les plus fréquents
Canton de Fribourg: 1. Kolly 1133 personnes*. 2. Monney 1066. 3. Oberson 1009. 4. Aebischer 996. 5. Vonlanthen 973. 6. Jungo 869. 7. Clément 856. 8. Baeriswyl 855. 9. Pittet 840. 10. Piller 833. 11. Buchs 827. 12. Mauron 810. 13. Gremaud 808. 14. Pasquier 805. 15. Egger 804. 16. Genoud 798. 17. Berset 789. 18. Brülhart 788. 19. Andrey 761. 20. Maillard 757. 21. Brügger 747. 22. Chassot 738. 23. Zbinden 735. 24. Waeber 722. 25. Müller et Favre 706. 27. Hayoz 699. 28. Schmutz 682. 29. Riedo 681. 30. Neuhaus 680. 31. Schafer 674. 32. Fasel et Clerc 662. 34. Meyer 657. 35. Aeby 643. 36. Raemy 640. 37. Ruffieux 633. 38. Rossier et Boschung 632. 40. Barras 628. 41. Schaller 620. 42. Cotting 615. 43. Bapst 614. 44. Brodard 609. 45. Yerly 606. 46. Roulin 581. 47. Fragnière et Demierre 572. 49. Grandjean 559. 50. Jaquet 553.
Gruyère: 1. Pasquier 574. 2. Gremaud 498. 3. Buchs 421. 4. Ruffieux 404. 5. Oberson 358. 6. Castella 340. 7. Brodard 325. 8. Fragnière 318. 9. Charrière 313. 10. Grandjean.
Glâne: 1. Pittet 247. 2. Oberson 246. 3. Conus 223. 4. Demierre 204. 5. Chassot 187. 6. Monney 174. 7. Maillard 173. 8. Dumas 159. 9. Menoud 157. 10. Perroud 153.
Veveyse: 1. Genoud 419. 2. Savoy 227. 3. Perroud 213. 4. Pilloud 198. 5. Monnard 180. 6. Maillard 169. 7. Vial 138. 8. Favre 136. 9. Tâche 131. 10. Colliard 128.
* habitants en résidence principale en mai 2013

 
 

Commentaires

Bonjour Monsieur je viens a vous car je ne connais malheureusement pas grand chose de mes origines, ma famille est tres decousue je n'ai jamais connu mes grands parents, mon pere a retrouve son frere qu'il n'avais jamais connu quelques mois avant son deces, il nous a parle des DEMIERRE DE MONTET desquels nous serions descendants mais je n'ai jamais fait de recherche je suis tombe par hasard sur votre page internet je suis actuelement aux Etats Unis. Il me serait agreable de pouvoir en savoir plus sur mes origines, si vous avez le temps de me contacter par mail je serai heureux de vous lire. Bien Cordialement Adresses mail: demierred@aol.com
je suis descendant du châtelain de Moudon Rodolphe Decimatoris fils de George Demierre petit fils de Firmin Demierre qui a habité à Châtel St Denis 'j'ai l' armorie et la preuve signé que je suis son descendant
Bonjour, j'ai dans ma famille, du côté de ma belle-mère, son arrière-grand-père est Antoine Demierre de Montet. Il était photographe et de nationalité suisse. Il avait une fille qui s'appelait Carmen Angela. Merci de me dire si ils est de votre arbre. Mon adresse Odette.charletty@orange.fr
Monsieur, Madame, Ma grand-mère paternelle était une DEMIERRE de Montet Glane où elle était née. Je possède quelques actes (naissance, mariage, décès) de cette famille, mais je n'ai jamais pu les rattacher à une généalogie plus générale de cette famille qui remonte d'après Mr André DEMIERRE aux temps les plus reculés. J'ignore si je descends de la souche "ayeux" ou "Prat Novy". Ce monsieur pourrait peut-être m'aider dans mes modestes recherches? Mon adresse mail: henri.pommet@orange.fr

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