Ancêtre du RER, la flèche retrouvera des couleurs

| sam, 19. oct. 2013
Sauvée de la casse, l’automotrice 131 est une pièce d’histoire du canton. Fin octobre, le véhicule quittera la région de Chiètres pour Châtel-St-Denis. Après rénovation, l’association GFM Historique entend lui faire reprendre du service.

PAR THIBAUD GUISAN

Cette automotrice-là revient de loin. Passée près de la démolition en 2008, celle qu’on surnommait «flèche» de la Gruyère s’apprête à vivre un nouveau départ.
Fin octobre, un convoi routier emmènera le véhicule numéro 131 de Kallnach, près de Chiètres, vers une remise de la gare de Châtel-Saint-Denis. Un deuxième véhicule suivra: une voiture pilote (lire ci-dessous). Les deux objets seront remis à neuf dès cet automne. «La priorité ira à l’automotrice. L’objectif est d’avoir terminé pour 2016», annonce Alain Castella, président de GFM Historique, l’association qui pilotera la remise en état.
Alain Castella a le sourire. Le Brocois est à l’origine d’un «combat» – ce sont ses termes – en faveur du sauvetage des deux véhicules. «Parce que ce sont deux pièces du patrimoine ferroviaire fribourgeois. L’automotrice et la voiture pilote datent de 1943: ce sont les derniers témoins de l’origine des GFM, fondés en 1942 après regroupement du Bulle-Romont, du Fribourg-Morat-Anet et des Chemins de fer électriques de la Gruyère.»
Les deux véhicules avaient été envoyés à Kallnach à l’été 2010. Dans un champ, ils côtoyaient une dizaine de véhicules du musée ferroviaire privé de Chiètres. «C’était le dernier moment pour les rapatrier», estime Alain Castella.
Le transport est rendu possible par le don d’un mécène privé, qui souhaite rester anonyme. GFM Historique estime ensuite la rénovation des véhicules à un minimum de 20000 francs. «Nous allons lancer une action pour réunir ce financement», annonce son président.


Les bonnes couleurs
Les défenseurs du patrimoine ferroviaire ont du pain sur la planche. Il faudra contrôler les moteurs et les circuits électriques de l’automotrice, réaménager l’intérieur – les sièges avaient été enlevés en vue de la démolition – et repeindre le véhicule dans ses couleurs d’origine. En 1978, le orange et gris avaient remplacé le vert foncé et crème. Les Transports publics fribourgeois se disent prêts à apporter un soutien technique à la remise en état. «Après on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise à cause de l’humidité subie», ajoute Alain Castella.


Passage par Landquart
Espoir: l’automotrice, qui pèse 33 tonnes et mesure 17 mètres de long, avait  connu une révision générale entre 2002 et 2003, avec notamment un désamiantage de la caisse à Landquart dans les dépôts des Chemins de fer rhétiques.
Depuis, le véhicule avait peu roulé, se contentant d’assurer le transport d’écoliers depuis Châtel-Saint-Denis vers Palézieux et Semsales jusqu’en 2006. C’est à cette date qu’il mettait fin à une carrière de soixante-trois ans. En cause: un changement de normes. «L’absence de sécurité aux portes automatiques rendait son utilisation impossible sans l’aménagement d’un système coûteux.»
Il n’en fallait pas plus pour que la 131 termine sur une voie de garage, parquée jusqu’en 2008 à Châtel-Saint-Denis. Cet automne-là, elle était rapatriée aux ateliers de Planchy à Bulle pour sa démolition, stoppée de justesse.


Un produit touristique
La remise à neuf terminée, GFM Historique espère faire reprendre du service à l’automotrice 131. «En plus de la conservation d’un patrimoine, l’autre but de notre association est de faire rouler notre collection pour le public, explique Alain Castella. Les trains anciens constituent un produit touristique dans plusieurs régions de Suisse. Et ça a du succès. Nous pourrions être complémentaires au Train rétro des TPF. Le but n’est pas de le concurrencer.»

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