La Désalpe, ce lieu où touristes et armaillis font bon ménage

| mar, 01. oct. 2013
Année record pour la 34e Rindyâ de Charmey, avec plus de 10000 spectateurs. Le temps d’une journée, se croisent touristes chics et bredzons. Améliorer l’offre de transports publics est devenu une priorité.

PAR ERIC BULLIARD

Comme chaque année, la Désalpe de Charmey commence et finit de la même manière: dans les bouchons. Sauf pour les connaisseurs, qui se lèvent tôt et redescendent tard… Samedi, les autres ont pris leur mal en patience, croisé des troupeaux en montant, les suivant en descendant.
Comme chaque année, des voitures partout: plaques vaudoises, genevoises, bernoises, allemandes, italiennes, françaises, espagnoles, belges… Des cars, des motos, des vélos. Tous sont venus assister à cette étonnante rindyà, rencontre de l’authenticité et du tourisme de masse.
Curieux mélange, à vrai dire, où l’on croise presque autant de chemises edelweiss que de sacs Louis Vuitton. Où l’on entend parler français, anglais, espagnol, patois. Où le prêtre bénit les troupeaux. Où se côtoient cors des Alpes, lanceurs de drapeau, sonneurs de cloches et jeu télévisé. Où Le ranz des vaches et Le vieux chalet succèdent à une danse folklorique valaisanne. Comme chaque année électorale, les politiciens en campagne viennent se montrer. Cette fois-ci, sans se croiser. L’un est venu tôt, l’autre tard.
Au marché artisanal, toujours fort bien garni, sont alignés fromages et produits du terroir, mais aussi des disques vinyles, entre des savons et des sculptures de bois. «T’as vu, il vend des 33 tours», lâche un homme. «Je m’en fiche, je l’ai déjà», répond son compère.


«Créer du contenu»
Il paraît qu’on n’avait jamais vu autant de monde à la Désalpe. Plus de 10000 personnes, selon Christophe Valley, directeur de l’Office du tourisme, ont rendu hommage aux armaillis et aux 12 troupeaux préparés avec soin. Le speaker Pascal Andrey a insisté sur les heures passées à ces préparatifs. «Pour les connaisseurs, je vous laisse admirer ces mamelles», lâche-t-il. Emu, il s’exclame: «Regardez comme ces vaches défilent majestueusement! Ça vous donne la gurlette.» Ou la pidouille, c’est selon.
Reste que la Désalpe a atteint «la limite de ce que l’on peut faire pour que ça reste agréable pour tout le monde», indique Christophe Valley. Pour la prochaine, il annonce «un objectif numéro un: améliorer le système de transports publics. Il faut réfléchir à une solution de navettes, en collaboration avec les TPF.»
L’organisation confiée à l’Intersociété des 4C a pour sa part donné pleine satisfaction. Quelque 130 bénévoles ont participé à cette édition. Christophe Valley entend en outre continuer à «créer du contenu pour faire rester les gens après le passage des troupeaux. Proposer de la musique le soir a bien fonctionné: 450 à 500 personnes ont rempli la cantine.»

 

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A L'Etivaz, une autre désalpe aux anges
«Tout s’est déroulé à merveille. Contrairement à l’année passée, on a eu énormément de chance avec le temps, c’était le top.» Président du comité d’organisation de la Désalpe de L’Etivaz, Pipo Rosat avait le sourire à l’heure de tirer le bilan d’une édition particulièrement réussie.
«Nous avons fait un peu différemment: il y avait une cantine de plus et une soirée raclette avec orchestre champêtre. Il y a eu du monde partout.» A part en 2009, pour les 75 ans de la Coopérative des fromages d’alpages L’Etivaz, c’est la première fois que la journée se prolongeait ainsi. «Beaucoup d’armaillis sont revenus pour partager ce moment d’amitié. C’était plein de chez plein et nous n’avons eu que des échos positifs.» Autant dire que les prochaines éditions devraient réitérer le principe des soirées festives.
Pipo Rosat estime que 2500 à 3000 personnes ont participé à la fête: «De toute la Suisse romande et aussi des Alémaniques, des Anglais… Mais ça reste essentiellement des gens proches de la terre: même si nous avons chaque année plus de monde, nous voulons garder le côté authentique, avec du folklore bien présent, et ne pas devenir un attrape-touristes.»
Onze troupeaux ont défilé, avec des «vaches très bien décorées». Et l’objectif de faire découvrir le fromage L’Etivaz est lui aussi atteint: «Il y a eu énormément de visites de caves, poursuit Pipo Rosat. A un moment, nous étions presque victimes de notre succès.» EB

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