Un Interregio s’arrêtera à Palézieux sans crier gare

| sam, 05. oct. 2013
Ce qui n’était pas possible il y a un an le sera dès le 13 décembre: l’Interregio fera de nouveau halte à Palézieux à 7 h 02. Une bonne nouvelle pour les pendulaires qui se rendent au nord. Ce changement contraint les TPF à revoir leur plan.

PAR JEROME GACHET

Renversement de vapeur chez les CFF. Il y a un peu plus d’un an, leurs responsables expliquaient par A plus B qu’il ne serait plus possible pour l’Interregio qui effectuait la navette entre Genève et Lucerne de s’arrêter en gare de Palézieux et de Romont. Principal argument invoqué: la nécessité de gagner du temps entre les grandes villes.
L’annonce avait provoqué un tollé chez les utilisateurs, très remontés par la détérioration des prestations. Les quelques contreparties accordées par l’ancienne régie fédérale avaient à peine calmé la situation.
Pour rappel, le fameux Interregio s’arrête tout de même en gare de Palézieux: une fois le matin vers 6 h et deux fois tard le soir… Rien de très attractif dans la mesure où le convoi est peu fréquenté à ces heures-là.
Selon nos informations, l’Interregio en provenance de Genève y fera à nouveau halte à 7 h 02 dès le 13 décembre prochain. A priori, une excellente nouvelle pour les innombrables habitants du Sud qui se rendent au matin à Fribourg ou vers Berne à cette heure de pointe.


Le RER ne sera plus bondé
Depuis Palézieux, le trajet sera en effet plus court. Au départ de Bulle (6 h 52) et de Romont (7 h 11), le gain se situera essentiellement au niveau du confort. A ce moment-là, il faut savoir que le RER est bondé, obligeant des dizaines d’usagers à rester debout et à s’entasser comme des sardines. Un problème qui est régulièrement mis sur le tapis et qui devrait enfin être réglé.
Sans les voyageurs en provenance de Palézieux, il n’y aura en effet plus besoin d’accrocher des wagons à Romont, comme cela se fait actuellement. Le RER comptera ainsi une rame supplémentaire au départ de Bulle déjà. «Une très bonne chose en particulier pour les gens de Romont. Comme ils montent dans le train en dernier, ils devaient rester debout», ajoute Willy Schorderet, préfet de la Glâne.
Jusque-là, pas de problème. Ce qui passe moins bien, c’est d’abord la question du principe. «Pour répondre à nos doléances, les CFF nous expliquaient qu’il était impossible de maintenir les arrêts de Palézieux et de Romont pour des questions techniques. Aujourd’hui, ils prouvent que c’est tout à fait faisable. Cela pose la question de la confiance que nous avons en eux», reprend-il. Willy Schorderet va d’ailleurs prendre la balle au bond en demandant pourquoi l’Interregio ne pourrait finalement pas s’arrêter à Romont, dans le sens Lucerne-Genève…
Contactés par nos soins, les CFF se refusent à commenter ces informations, arguant que l’horaire 2014 sera rendu public en novembre.
En Veveyse, Michel Chevalley se réjouit et s’inquiète en même temps. «Pour les Veveysans qui vont de Palézieux à Fribourg ou à Berne, c’est clairement une amélioration. A force de faire part de notre mécontentement, via la Région Glâne Veveyse, nous avons fini par être entendus.»


La cadence brisée
Sauf que pour profiter d’un trajet accéléré en direction du nord, il faudra encore pouvoir rejoindre Palézieux dans les délais… C’est là que le bât blesse. «Ce changement nous incite à revoir nos horaires», indique Martial Messeiller, porte-parole des TPF. Il évoque quelques adaptations mineures pour les bus régionaux, mais aussi un problème plus ennuyeux: «Pour que les voyageurs provenant de Bulle puissent attraper la correspondance, nous devons avancer le RER Sud de 6 h 33 de plusieurs minutes.» Voilà qui risque de briser la cadence horaire du RER Sud, qui plus est à l’heure de pointe. Si rien ne bouge, il n’y aura plus de train pour se rendre à Châtel de 6 h à 7 h 30… Un problème qui doit encore être réglé.
Bonne nouvelle en soi, la décision des CFF de faire halte à Palézieux à 7 h 02 a des effets secondaires indésirés et est lourde de conséquences. Un autre point ne plaît pas aux personnes concernées: les CFF ont d’ores et déjà averti que cet arrêt de l’Interregio risque d’être interrompu le temps de réaménager la gare de Lausanne, prévu vers 2015 - 2016. Si c’est le cas, le tollé sera à nouveau assuré.
 

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«L’Etat a pris la variante la plus chère»
Bulle-Romont. «La réintroduction de trains régionaux entre Bulle et Romont nécessiterait un investissement de l’ordre de 65 millions.» Tel est le bilan financier du rapport du Conseil d’Etat sur le postulat des ex-députés socialistes Nicolas Rime et Vincent Brodard. L’étude du Gouvernement conclut que la ligne de bus en fonction depuis décembre 2011 pour desservir les villages entre Bulle et Romont, où les trains ne s’arrêtent plus avec l’arrivée du RER, «répond de manière efficace aux besoins de la région». Ainsi le bus s’arrête dans 15 localités contre six pour le train, bien que ce dernier offre de meilleurs temps de parcours. «La réintroduction de trains régionaux n’améliorerait la desserte que pour certaines localités et ne pourrait être justifiée d’un point de vue économique.»
En effet, selon les chiffres fournis dans le rapport qui sera présenté mardi au Grand Conseil, les coûts d’exploitation n’atteignent pas le taux de couverture minimal de 20% imposé par la directive sur la rentabilité minimale dans le trafic régional pour l’obtention des indemnités cantonales et fédérales. En comparaison, les trains régionaux entre Bulle et Romont engendreraient des coûts d’exploitation annuels supplémentaires par rapport au bus de près de 1,4 million de francs, auxquels il faudrait ajouter des frais financiers, dus aux investissements de près de 2 millions.
Car pour faire cohabiter le train régional et le RER, le Conseil d’Etat estime que les infrastructures doivent être adaptées. Un tronçon double voie entre Romont et Vuisternens-devant-Romont doit être réalisé et les quais des gares de Vuisternens-devant-Romont, Rueyres-Treyfayes, Sâles et Vaulruz-Nord devraient être réaménagées.
«L’Etat a pris la variante la plus chère, estime Willy Schorderet, préfet de la Glâne. Comme pour prouver que le projet ne tient pas la route. Avec un arrêt à Sâles dans un sens et à Vuisternens-devant-Romont dans l’autre, les investissements pourraient être considérablement réduits.»
Un espoir subsiste encore pour les défenseurs de la desserte ferroviaire. Si le texte du Financement et aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF) est accepté par le peuple en février 2014, la Confédération choisira et financera, dès 2016, les projets d’infrastructures des chemins de fer en s’appuyant sur un pot commun. JG/SM

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