Au Comptoir en transports publics, entre couacs et réussite

| sam, 02. nov. 2013
Grande nouveauté de cette édition, on vient désormais au Comptoir en bus. Malgré les couacs, la formule est concluante. Sujette à des améliorations, elle sera reconduite à l’avenir.

PAR YANN GUERCHANIK

Se garer dans les parkings de l’agglomération bulloise, puis emprunter gratuitement les bus Mobul: c’est le mot d’ordre du Comptoir 2013. Fini le stationnement aux abords d’Espace Gruyère. Le concept est perfectible, mais dans l’ensemble ça roule.
«L’expérience est concluante, confie Yves Sudan, conseiller communal bullois et responsable des transports au sein du comité d’organisation. Des failles restent cependant à combler. On doit notamment insister au niveau de l’information aux visiteurs. Les gens ne sont pas encore habitués, ils n’ont pas le réflexe. Il faut bien penser qu’avant 2009 il n’y avait pas de ligne publique chez nous.»
Le responsable cite volontiers l’exemple d’une dame qui lui a vertement fait part de ses critiques. Habitante de Morlon, elle s’était décidée pour la voiture jusqu’à l’ancien arsenal de la route de Morlon, puis pour le bus jusqu’au Comptoir. Mais en arrivant à la première étape: impossible de se garer. «Le parking en question était momentanément fermé», explique Yves Sudan.
Une vingtaine de personnes sont en effet chargées de remplir les différents parkings les uns après les autres. «Voilà pourquoi il faut scrupuleusement suivre les panneaux», relève cette fois Yves Grandjean, vice-directeur technique du Comptoir et également conseiller communal bullois.
D’ailleurs, les gens qui viennent de loin posent moins de problèmes, relèvent volontiers les responsables. Les locaux ont tendance à aller «où ils savent qu’il faut aller», ne se souciant guère des indications. Quand ils échouent, c’est trop tard. Ils ont perdu le fil des panneaux et se mettent à tourner en rond. Comme cette brave dame de Morlon, qui finit par s’agacer. Morale de l’histoire: il aurait été plus simple de prendre directement le bus depuis chez elle.
Les couacs relèvent souvent de l’incompréhension. A La Tour-de-Trême, le parking du CO2 en a fait les frais. «Les visiteurs ont eu de la peine à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un système de navettes, mais bien d’un renforcement du système Mobul», constate le directeur des TPF Vincent Ducrot.
En sortant de leur voiture, beaucoup ne saisissent donc pas qu’il faut encore se diriger à l’arrêt traditionnel qui, en l’occurrence, se trouve à plusieurs centaines de mètres du côté de la poste. «Et les personnes à mobilité réduite?» proteste-t-on de-ci de-là. «Il est toujours possible de les déposer à l’arrêt avant d’aller garer son véhicule», rétorque Yves Grandjean.


Les bus plutôt que les prés
Certes, tout n’est pas parfait. Le comité d’organisation réagit au jour le jour, au fur et à mesure des scénarios imprévisibles. Les erreurs de la veille ne sont généralement pas répétées le lendemain. Une chose est sûre en tout cas, le modèle qui consiste à stationner dans les prés alentours a été jeté aux oubliettes.
«Il coûte peut-être moins cher à la base, souligne Yves Grandjean. Mais si la météo nous empêche finalement de l’appliquer, on perd sur toute la ligne.» Un bel exemple s’est d’ailleurs produit le premier week-end, alors qu’une quarantaine de voitures s’étaient parquées malgré tout sur un pré du côté de la Pâla. Elles ont fini complètement embourbées.
«Et puis, au temps des parkings près d’Espace Gruyère, on disposait d’environ 200 civilistes, souligne Yves Grandjean. Ça représentait entre 800 et 1000 journées de travail. Depuis la nouvelle organisation de la protection civile, on ne peut plus compter sur cette prestation.» Rappelons que le système de transports coûte 200000 francs au Comptoir.
Fallait-il renoncer à la gratuité? «Ça aurait été ingérable de faire autrement. Entre les automates qu’on ne trouve pas à chaque arrêt, les contrôles, le flux de gens à faire monter… Et puis, le coût est en partie répercuté sur le prix d’entrée, majoré de 1 franc.» Surtout, cela permet à de nombreux Gruériens d’expérimenter les bus Mobul.
Et d’apprécier la cadence au quart d’heure. On en reviendra néanmoins à la demi-heure après le Comptoir: «Le rapport utilité/coût est encore défavorable», indique Yves Sudan sous sa casquette de ministre des transports bullois.


La voiture jusqu’au bout
Les transports publics ont beau faire de l’œil aux visiteurs, le Comptoir 2013 est sujet à un nouveau sport. C’est à celui qui parquera sa voiture le plus près. Pendant que certains redécouvrent les joies du bus, qu’ils avaient oublié depuis le temps lointain de l’école, d’autres ne peuvent s’empêcher de prendre le volant.
Résultat: entre dix et quinze voitures par jour finissent à la fourrière, autrement dit à l’édilité à Bulle. «Celles qui encombrent véritablement les voies d’accès, sinon c’est l’amende.» De nouvelles combines sont tentées tous les jours. Même les exposants s’y mettent. Un bon nombre de photocopies de macarons ont été saisies. Des autorisations de parking contrefaites étaient même distribuées à des clients privilégiés.
Dans un autre genre, les organisateurs ont fait cesser un service de navette improvisée. Moyennant 5 francs, des particuliers proposaient aux visiteurs une course en voiture de l’arrêt de bus jusqu’à la manifestation. Plus raisonnable, on ne compte plus les récits bullois, où un gentil héros s’en allait à la grand-messe en voiture, avant de revenir parquer chez lui et prendre le bus. Les habitudes changent doucement. Encore quelques Comptoirs.

 

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«Nous tournons à plein régime»
Du côté du directeur des TPF Vincent Ducrot, la satisfaction est de mise. «Le système fonctionne bien. Il a fallu expliquer aux gens les premiers jours. Souvent, ils n’ont pas l’habitude de Mobul, ils sautent dans une ligne en se disant qu’ils arriveront au Comptoir.» Les bus sont pleins. Selon le directeur, c’est une très bonne carte de visite pour Mobul. «Avec les chiffres du Comptoir, on arrivera peut-être à un million de passagers cette année. C’est énorme. On a commencé à 250'000 il y a trois ans.» Le dispositif va encore monter d’un cran ce week-end. «Même nos inspecteurs vont rouler, autrement dit le personnel d’encadrement. Entre le Comptoir et les vacances, on tourne à plein régime. Pas en termes de véhicules, mais au niveau du personnel.»
Des utilisateurs ont été étonnés par certains parcours empruntés, ou par le fait que les chauffeurs leur proposaient de monter dans un autre bus que prévu. «Le chauffeur est le maître de son bus, explique Vincent Ducrot. Il doit avoir cette petite touche “orientation client”. Il peut donc prendre des initiatives qui partent toujours d’une bonne intention. Quand il sait que son collègue est en retard par rapport à l’horaire idéal ou qu’il préfère ne pas faire attendre les gens dans le froid.» YG

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