Cinq entreprises sur dix ont moins de 13 ans

| mar, 19. nov. 2013
La Chambre de commerce et d’industrie Fribourg radiographie le tissu économique gruérien.Les entreprises sont majoritairement de jeunes PME actives sur le marché suisse. Les patrons affichent un «optimisme mesuré» pour l’avenir.

Par Thibaud Guisan
Le visage économique du Sud fribourgeois est démasqué. Après la Veveyse et la Glâne, la Chambre de commerce et d’industrie Fribourg a sondé les entreprises de la Gruyère. La radiographie qui en a été tirée a été présentée hier à Bulle.

Principal enseignement: le district compte essentiellement des petites PME, jeunes et plutôt optimistes quant à la marche de leurs affaires. Elles sont toutefois préoccupées par la gestion du boom démographique.

Tissu économique
La Gruyère recense un peu plus de 1600 raisons sociales qui totalisent près de 19000 emplois. Remarque générale: «La structure économique est bien diversifiée», estime Paul Coudret, conseiller économique, qui a mené l’étude. Le district compte 5% d’entreprises actives dans le domaine primaire et de l’alimentation, 28% actives dans le secteur secondaire et 67% dans le tertiaire.

Principaux secteurs: les biens d’investissements industriels (11% de la valeur ajoutée), le commerce (12%), les services aux entreprises (13%) et la construction (14%). «Ce dernier secteur ne représente que 7 à 8% des entreprises au niveau cantonal», compare Paul Coudret. Le poids de la construction est une caractéristique de tout le Sud fribourgeois. En Glâne et en Veveyse, ce secteur se taille aussi une belle part (15 à 16%).

La Gruyère est la deuxième région économique du canton, mais loin derrière la Sarine: le district apporte 16% de la valeur ajoutée, contre près de 50% pour la région de Fribourg. Comparativement, la Glâne (6%) et la Veveyse (4%) sont les plus petits contributeurs à la valeur ajoutée cantonale.

Des PME régionales
En tout, un peu plus de 250 entreprises ont répondu au sondage (16%). «L’échantillon est limité, mais il est représentatif», assure Paul Coudret. On peut en déduire que 90% des entreprises gruériennes comptent moins de 50 employés. Elles sont 3,5% à totaliser entre 50 et 100 collaborateurs et 6% à employer plus de 100 personnes. «La majorité des entreprises sont de petites PME qui côtoient quelques grandes sociétés. On a peu de moyennes PME, qu’on retrouve davantage en Veveyse. En ce sens, la Gruyère ressemble davantage à la Glâne.»

La tendance se traduit en terme de chiffres d’affaires. En Gruyère, 80% des entreprises réalisent un chiffre inférieur à 5 millions de francs. Autre caractéristique: seuls 11% des entreprises exportent. «La Gruyère et la Glâne sont deux régions orientées sur le marché domestique. Comparativement, la Veveyse est davantage tournée vers l’exportation», affirme Paul Coudret.

Des nouveau-nés
Autre enseignement du sondage: les sociétés gruériennes sont jeunes. «Cinq entreprises sur dix ont moins de 13 ans. Elles ont donc encore un bon potentiel de développement.» Près de trois quarts des entreprises ayant répondu au sondage sont nées après 1980 et ont donc à peine trente ans. «C’est l’effet de la construction de l’autoroute. Avant, la Gruyère restait très portée sur le secteur primaire.» Le phénomène autoroutier a aussi concerné la Veveyse, mais pas avec les mêmes effets. «Ce district était de toute façon proche de la Riviera. Il n’a pas attendu l’A12 pour trouver des débouchés hors de ses frontières.»

Autre tendance: les patrons gruériens sont des gens du cru: huit sur dix habitent en Gruyère. La proportion était de sept sur dix en Glâne et de six sur dix en Veveyse. «Les patrons habitent leur district essentiellement pour des raisons familiales. Ils sont attachés à leur district.»

Qualités, points noirs
La qualité de vie, la situation géographique et la démographie dynamique arrivent en tête des points forts du district. Mais la démographie galopante est aussi une préoccupation des patrons d’entreprise. «La perte d’identité d’une région n’est pas positive pour l’économie», dit Paul Coudret.

Le manque de terrains constructibles et bon marché est une autre préoccupation majeure des entrepreneurs gruériens. Un souci que partagent leurs homologues veveysans, alors que pour les Glânois, c’est davantage l’amélioration des moyens de transport qui est prioritaire.

Main-d’œuvre locale
La main-d’œuvre provient essentiellement de la région (60%). Pour le reste, les patrons privilégient le canton (60% de la main-d’œuvre non locale), puis la Suisse romande et l’étranger. «Les collaborateurs étrangers viennent des pays voisins de l’Union européenne. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le Portugal n’est pas plus cité que la France, l’Allemagne ou l’Italie. Et le recrutement dans les pays de l’Est est très rare.»

Marche des affaires
L’érosion des marges est le premier facteur avancé lorsqu’on demande aux entrepreneurs les éléments qui influencent la marche de leurs affaires. Les patrons ont toutefois le sourire: trois quarts des sondés jugent l’évolution de leur bénéfice comme bonne ou satisfaisante en 2013. «Pour la marche des affaires des six mois à venir, l’optimisme est de mise, même s’il est mesuré, constate Paul Coudret. C’est une tendance globale, perceptible au niveau cantonal: les entreprises ont foi en l’avenir.»

Pour 2014, la moitié des entreprises disent vouloir continuer à investir. Environ 60% d’entre elles ont prévu de maintenir leurs effectifs stables, 30% embaucheraient et seulement 10% réduiraient le nombre de leurs collaborateurs.

Effet rer
Le RER a amélioré la mobilité en Gruyère. Trois quarts des sondés le pensent. Les collaborateurs des entreprises en profitent en premier lieu, mais aussi les entreprises elles-mêmes, dans une moindre mesure.

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