Des Gruériens au Groenland

| mar, 19. nov. 2013
Quatre Gruériens sont partis le printemps dernier sur la côte est du Groenland pour skier des couloirs de pentes raides. Un film présenté aux Rencontres de l'aventure revient sur plus de six semaines vécues en autonomie totale.

Par Angélique Rime
L’énergie, la qualité de la neige, les grands espaces, l’impression de se sentir seul au monde. Pour ceux qui se poseraient déjà la question, voilà quelques-unes des raisons qui ont poussé Christian Gremaud, Pierre Morand, Benoît Jaquet et Jean-François Cuennet à s’envoler, au printemps dernier, vers la côte est du Groenland pour y skier des couloirs de pentes raides. Entendez par là entre 45 et 50 degrés. Demain, les quatre Gruériens présenteront le film qui retrace leur expédition lors de la 6e édition des Rencontres de l’aventure, qui se tient du 20 au 24 novembre à la salle CO2, à La Tour-de-Trême.

Lieu de départ de leur périple de presque sept semaines en totale autonomie (lire encadré): Constable point. «Un point de communication avec un aéroport et des baraquements», décrit Christian Gremaud. Un endroit sans grandes distractions, où les quatre sportifs ont dû ronger leur frein douze jours durant, en attendant que leurs bagages arrivent. Les quelque 450 kilos de matériel envoyés par fret avant leur départ étaient restés bloqués sur la côte ouest… «Pour passer le temps, il est arrivé que nous regardions, à quatre, des films sur mon téléphone portable!» se rappelle le patron du magasin Trango Sport.

Réaliser un rêve
Le matériel finalement réceptionné, les quatre hommes traversent en motoneige le plus grand fjord du monde, gelé à cette période de l’année: le Scoresby sund (100 kilomètres de long et 10 de large). «Avec la marée, l’eau s’est glissée entre la glace et la couche de neige supérieure, si bien que les engins, avançant sur cette surface peu stable, se sont plantés, explique Christian Gremaud. Les pilotes nous ont déposés et nous avons dû parcourir à skis les 50 kilomètres qui nous séparaient de l’endroit où nous voulions installer notre camp de base.»

C’est donc peu dire que le début de l’expédition s’est révélé difficile. «Tout allait de travers. Pourtant, on avait fait tout juste! Il fallait vraiment vouloir y aller», commente Pierre Morand. Et Christian Gremaud de compléter: «Pour nous remonter le moral, on a mangé une fondue!»

La chance a pourtant tourné et les Gruériens ont pu skier cinq couloirs en Terre de Milne, au sud-ouest de Constable point. Dont un célèbre, nommé Excalibur. «Nous nous sommes arrêtés à 50 mètres du sommet. Aller tout en haut aurait été trop dangereux. Au Groenland, tu ne prends pas de risques inutiles et tu ne skies pas comme dans les Préalpes, il n’y a aucun secours. Si une coulée se déclenche, aucune échappatoire n’est possible», décrit Christian Gremaud.

Le plaisir à la descente n’a toutefois pas été gâché par cette petite déconvenue. «On était comme sur une autre planète. Tu skies au milieu de faces de granit, tu as l’impression d’être dans la montagne. C’est comme une cathédrale en trois dimensions», s’enthousiasme Christian Gremaud. Le sentiment d’être des «privilégiés» envahit également les Gruériens, puisqu’à ce jour, «entre dix et douze personnes» seulement ont dévalé les mêmes pentes qu’eux.

Pluie pendant le voyage
Le retour vers Constable point, soit 220 kilomètres à skis, a également été fort en émotions. «Comme à l’aller, l’eau s’était infiltrée entre la glace et la neige. L’atmosphère commençait à se réchauffer, c’était le dernier moment pour rentrer. Nous avons dormi quelques nuits au milieu de cette surface un peu bancale. Autant dire que nous étions un peu tendus et pas mécontents d’arriver sur la côte.»

Pendant leur voyage, les skieurs n’ont pas été confrontés à des températures trop extrêmes, généralement entre –8 et –15 degrés. «Mais nous avons eu de la pluie. C’est plus pénible que le froid. Tout est humide. La seule manière de sécher les habits est de les porter», affirme Christian Gremaud.

La météo parfois maussade a ainsi contraint les aventuriers à des jours de repos forcés, passés à quatre dans la tente. Une proximité qui n’a pas créé de tensions au sein du groupe. «Il n’y a pas eu un mot plus haut que l’autre, déclare Pierre Morand. Pourtant, lorsqu’on attendait à Constable point, on aurait pu s’engueuler dix fois par jours!» La Tour-de-Trême, salle CO2, mercredi 20 novembre, 20 h. Première partie animée par Thibaut Mauron et Yannic Rumo (grimpe). Infos et réservations sur www.festival-ra.ch

 

Des pulkas de 130 kilos

Partis près de sept semaines sur la côte est du Groenland en totale autonomie, Christian Gremaud, Pierre Morand, Benoît Jaquet et Jean-François Cuennet transportaient chacun 130 kilos de matériel. Le tout réparti dans quatre pulkas, un engin comparable à un petit traîneau. «Lorsqu’il venait de neiger, nous nous relayions toutes les cinq minutes pour faire la trace», décrit Christian Gremaud. Outre la tente, les habits, les sacs de couchage et le matériel de ski, la nourriture prenait une grande place dans les bagages des quatre Gruériens. «Nous avions des sachets de nourriture lyophilisée, préparée avant le départ. Le matin, nous mangions un mélange de céréales. Et pour les excursions, nous avions des barres de céréales, dont la recette nous a été donnée par la femme de Mike Horn. Au total, on avalait entre 4000 et 5000 calories par jour. Mais nous n’avons pas pris de poids!» assure Christian Gremaud.

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Rendez-vous à la Tour-de-Trême dès mercredi! On se réjouit de vous y rencontrer!

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