Ouvrir au monde et à la prudence

| jeu, 21. nov. 2013
Les Rencontres de l’aventure ont débuté à La Tour-de-Trême. Pas moins de 23 conférences sont données dans le cadre scolaire. Si le but est d’ouvrir les jeunes au monde, les aventuriers rappellent la prudence nécessaire, comme l'a fait Loris Falquet.

Par Sophie Roulin

Le dernier souffle de poudreuse qui a traversé l’écran est encore dans les esprits. La lumière se rallume sur la salle CO2. Avant que les mains se lèvent pour les questions, Loris Falquet reprend le micro: «Notre façon de faire de la prévention, c’est de montrer toutes les images: celles des plus belles lignes, mais aussi celles des avalanches et des accidents.»

Le freerider vaudois compte parmi les conférenciers du festival des Rencontres de l’aventure, qui a ouvert ses portes hier sur le site du CO de La Tour. Son mandat commençait par trois séances scolaires avant la diffusion au public de son film, A secret spot, vendredi soir (lire ci-contre). Dans ce cadre, la prévention et la sécurité ne pouvaient être passées sous silence.

«Dès le départ, le festival a inclus les enfants et les jeunes par des séances scolaires», explique Christian Gremaud, membre du comité d’organisation. Au cours de cette 6e édition des Rencontres de l’aventure, 6300 écoliers assisteront à 23 conférences. «On profite de la présence des aventuriers pour ouvrir des fenêtres sur le monde et sur le voyage.» Mais aussi sur des activités plus extrêmes, comme le ski freeride ou la highline.

Rien n’est improvisé
«On s’est posé la question de savoir si c’était bien adapté de proposer du freeride à des ados, note Sonia Pasquier, responsable des conférences scolaires. On s’est finalement dit que oui, étant donné qu’on est une région où le ski est très pratiqué. Mais on a demandé à Loris Falquet de parler de l’importance de la sécurité et de la nécessité d’acquérir de l’expérience avant de prendre son sac à dos pour dévaler certaines pentes.» Le film le montre bien d’ailleurs: rien n’est improvisé.

«Sur un tournage, on est toujours entre six et huit personnes, a encore expliqué Loris Falquet après la projection. C’est une grosse équipe et ça joue un rôle dans la sécurité. Quand un skie, il y en a sept qui le regardent descendre et qui peuvent le secourir en cas de problème.» Le freerider évoque encore le matériel nécessaire: détecteur de victime d’avalanche, pelle, sonde, airbag. «Et il faut faire attention au syndrome Kodak: être filmé, avoir un public, vous pousse à aller plus loin qu’on ne le voudrait.» Ça a été le cas pour les images où l’on voit son frère Nicolas avec une plaie ouverte au genou.

Payé pour skier
Les élèves de 2e année du CO, présents à la séance de ce mercredi matin, ont écouté, plutôt attentifs. Pourtant, leurs questions n’ont pas porté sur la sécurité. Les ados se sont plutôt révélés curieux de connaître l’âge des «vieux Falquet» – 33 ans pour Loris et 35 ans pour Nicolas – de savoir sur quel matériel ils ridaient et surtout d’apprendre que freerider pouvait être un métier et qu’on pouvait être payé pour skier. «En fait, on s’apparente plutôt à une boîte de communication, a ajouté Loris Falquet. On vend des projets de films et d’images.»

 

Coup d’œil dans le rétro

Dans le milieu du freeride, on ne présente plus les frères Falquet. Depuis 1998, Nicolas et Loris soulèvent la poudreuse et laissent des traces dans des pentes improbables. Et surtout, ils filment et photographient leurs cascades et leurs courbes. Au fil des ans, les freeriders vaudois s’assagissent – un peu – mais surtout ils deviennent de plus en plus pro dans leur manière de mettre en scène leurs images et dans la qualité de ces dernières.

On ne peut que le constater dans A secret spot, le film projeté ce vendredi soir à La Tour. Après avoir sillonné le monde à la recherche de la plus belle pente, les frères Falquet reviennent à la source. Près du chalet familial où ils ont appris à skier, dans la vallée du Trient. «Plus on voyage, plus on réalise que la neige n’est pas plus blanche chez le voisin», commente Nicolas Falquet à un moment du film.

«Notre idée de base était de ne faire que des images nouvelles, explique Loris Falquet. Mais l’hiver 2011 n’a pas été très propice au tournage.» Nicolas s’est alors plongé dans les images existantes qui n’avaient pas encore été exploitées. «A secret spot est devenu un état des lieux de ce qu’on a fait en quatorze ans de freeride. Jusqu’ici, on avait beaucoup filmé sans mettre de mots sur ce qu’on faisait, sans dire qui on était. Là, ça devient humain.»

Un coup d’œil dans le rétro qui sent un peu la fin d’une histoire? «On restera freeriders pour toujours! Mais, à bientôt 35 ans, on aspire à d’autres choses qu’à être payé au lance-pierre. On a encore des contrats et des projets pour deux ans, après on verra.»

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