Une double exposition à la mode de chez nous

| mar, 05. nov. 2013
Le Musée gruérien et le Musée d’art et d’histoire de Fribourg s’unissent pour offrir un aperçu des vêtements portés jadis par les Fribourgeois.

PAR YANN GUERCHANIK

Que portaient les Fribourgeois d’autrefois? Le Musée gruérien et le Musée d’art et d’histoire de Fribourg (MAHF) ont joint leurs forces et leurs collections pour réfléchir à la question. Leur réponse tient en une double exposition riche et complémentaire, intitulée Dress Code. «Une paire d’expos comme une paire de pantalons, illustre la directrice du Musée gruérien Isabelle Raboub-Schüle. Chacun a confectionné son canon de manière indépendante, mais le tout tient par la taille!»
Dès vendredi, on se rendra donc à Fribourg et à Bulle pour contempler le look de nos aïeux. L’exposition bipartite a ceci de percutant qu’elle nous plonge dans l’empathie. En admirant les vêtements exposés, on se met dans la peau de ceux qui les ont portés. Ceci d’autant plus que, du côté de l’institution bulloise, la scénographie s’y prête à merveille.
La première salle se présente comme un magasin. Les différentes pièces sont disposées sur des mannequins et sur des porte-habits. Robes, corsages, gilets dont se vêtaient les Bulloises et les Bullois il y a un siècle. Les mannequins abstraits, sans visage et sans mains, sont drapés de souvenirs.
Au fond de la pièce, un miroir se révèle et le visiteur est surpris par sa propre image. Revenu à lui, il en profitera pour observer son jeans de toutes les circonstances, celui qu’il jettera bientôt, et mesurera alors ce qui le sépare de ses ancêtres.
«Les vêtements exposés sont souvent très usés, explique Isabelle Raboud Schüle. Simplement parce qu’on les portait longtemps. C’est surprenant de constater que les gens portaient même des habits prestigieux jusqu’au dernier fil. Pour certains, ils étaient carrément troués.»


L’habit fait le moine
Dans la seconde salle, le Musée gruérien réinterprète un grand classique des musées régionaux: la mise en scène d’un cortège de personnages en habits traditionnels dans le cadre d’une fête locale. Mais ici, les personnalités s’effacent derrière le costume.
«Ce costume qui relève de la création de l’Etat nation à la fin du XIXe, souligne la directrice. On veut quelque chose qui unifie, alors on va rechercher des racines historiques parce qu’on aimerait que ce soit le costume de toujours.» Entre la volonté et les contraintes matérielles, il y a un monde. Ainsi, le bredzon suit une autre idéologie, celle du costume de travail réalisé à la main.
On invente et l’on promeut finalement une tenue qui se détache de la mode et de l’histoire. Un fait exposé dans les derniers Cahiers du Musée gruérien consacrés à la mode (La Gruyère du 17 octobre). «On ose dire que le costume reconstitue un passé tel qu’il n’a pas existé.»
En observant le défilé de mannequins, on remarque d’abord la grande variété de ces costumes. Beaucoup moins uniformisés donc que les bredzons et dzaquillons dont on est coutumiers aujourd’hui. On note ensuite une constante: «Si l’idée du costume est de faire abstraction de la personne, on retrouve tout de même la notion de distinction.» Celui qui le porte dit malgré tout qui il est. Moyennant un accessoire ou un peu de soie, l’habit fait le moine.


Voir et essayer
Tandis que le Musée gruérien présente des parures des années 1800 à 1930, le MAHF met en lumière quant à lui des pièces vestimentaires du Moyen Age tardif à la Révolution française. Non seulement des objets textiles, mais également des portraits, des documents, des œuvres d’arts appliqués ou encore un film.
Des objets d’exception qui ont trait généralement aux couches hautes de la société, aux patriciens. Comme cette fraise, autrement dit cette collerette empesée et plissée que portaient autant les hommes que les femmes. «On engageait des fortunes sur ces pièces, indique la commissaire du MAHF Verena Villiger Steinauer. Celle que nous présentons est constituée d’une étoffe de 30 mètres. Il fallait la laver, l’amidonner, la remettre en plis.»
L’exposition se conclut en apothéose ludique. Costumier de théâtre, Thierry Dafflon a ménagé un espace où le visiteur passe cette fois à l’essayage. Corsets, robes à panier, vestes et perruques d’homme sont à disposition dans une mise en scène baroque. «L’histoire, c’est quand les gens portaient des costumes», dit la pensée populaire. Dans cette double exposition, le public y défile littéralement.


Dress Code, au Musée gruérien, à Bulle, et au Musée d’art et d’histoire de Fribourg, du 8 novembre au 2 mars. Vernissage au MAFH le 7 novembre à 18 h 30 et au Musée gruérien le 9 novembre à
18 h. En marge de l’exposition, de nombreuses manifestations sont organisées. Programme sur www.mahf.ch et www.musee-gruerien.ch. Des billets combinés sont en vente. Un forfait interrégional avec nuitée et repas est proposé par l’Union fribourgeoise du tourisme: www.fribourgregion.ch/dresscode

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