Daniel, enfant du Schoenberg aujourd’hui à Manchester City

| sam, 14. déc. 2013
Daniel Lema évolue cette saison avec l’équipe M18 de Manchester City. De son équipe du quartier du Schoenberg à l’Angleterre, il raconte son histoire et son quotidien. L’attaquant de 17 ans rêve de devenir professionnel.

PAR VALENTIN CASTELLA

Souvent, à la télévision ou dans les journaux, on découvre des parcours peu communs. Des histoires qui mènent un garçon d’un petit club à l’un des plus réputés de la planète. D’habitude, il s’agit d’un quartier de Paris, Barcelone ou des favelas brésiliennes. Cette fois-ci, la préface de cette histoire n’est pas aussi lointaine. Il s’agit du Schoenberg. Un quartier de Fribourg, mais aussi un club de football.
C’est là que Daniel Lema a commencé sa fable qui devrait faire rêver des centaines d’enfants. Une histoire encore en cours d’écriture, mais dont les esquisses lui permettent aujourd’hui de défendre les couleurs de Manchester City, au sein de l’équipe M18.
Aux prémices d’une carrière professionnelle, le Fribourgeois d’origine espagnole apprend les bases du métier en Angleterre depuis janvier dernier, lorsqu’il a intégré le centre de formation des Citizens après avoir défen­du les couleurs du FC Bâle.
De l’autre côté de la Manche, il bénéficie de toutes les installations nécessaires pour progresser. «Tous les matins, je quitte ma famille d’accueil pour me rendre à l’académie, explique-t-il. Nous nous entraînons de 10 h à midi. Ensuite, je vais à l’école et je finis par du fitness. Le mardi, nous suivons deux séances d’entraînement entre les cours. Mercredi, c’est la journée consacrée aux études. Nous reprenons les entraînements le jeudi, tout comme l’école et le fitness. Vendredi, une séance légère est au programme, avant le match prévu le samedi.»


Un bel encadrement
Le tout est orchestré par un entraîneur, un entraîneur-assistant, un physio et un préparateur physique. Un encadrement digne des professionnels. Lui-même se considère d’ailleurs pratiquement comme tel. «Un pro est celui qui évolue dans une première équipe. Mais notre situation est presque identique, car nous recevons un salaire tous les mois (n.d.l.r.: environ 1000 francs) et les frais divers sont assumés par le club.»
Le programme des espoirs de Manchester City est donc bien chargé et rien n’est laissé au hasard dans ce club qui entend encore développer son centre de formation après avoir énormément investi au niveau de la première équipe ces dernières saisons. «Deux académies ap­par­tiennent au club. Nous nous situons le plus souvent dans celle réservée aux jeu­nes joueurs. Mais, nous nous entraînons trois fois par semaine à Carrington, là où sont basés les professionnels.»
L’attaquant a ainsi l’occasion de voir à l’œuvre certains des meilleurs joueurs du monde. Il les côtoie même sur le terrain, lorsqu’il s’entraîne avec l’équipe réserve. «Je me suis retrouvé en face de Maicon, Zabaleta ou Demichelis, qui reprenaient l’entraînement après avoir été blessés. Au départ, j’ai eu de la peine à y croire. Après, tu es obligé de t’y habituer pour ne pas être trop impressionné et manquer ton entraînement.»


«Chacun pour soi»
Il est vrai que, dans un club aussi huppé, pas question de prendre la moindre séance à la légère, tant la concurrence est vive et que des centaines de jeunes n’attendent qu’une cho­se: qu’une place se libère. «L’important est que le groupe aille de l’avant. Mais, c’est sûr que chacun de nous rêve de devenir professionnel et que c’est chacun pour soi.»
Le mot est lancé: le Fribourgeois est comme ses camarades. Lui aussi entend percer au plus haut niveau. Et, à 17 ans, certains ont déjà effectué leurs premiers pas en première division. L’heure est donc bientôt venue pour Daniel Lema de choisir l’orientation qu’il souhaite donner à sa carrière. «Intégrer le centre de formation de City était une occasion à ne pas manquer. Cela m’a permis de gravir un échelon supplémentaire par rapport à d’autres joueurs de mon âge.»
Il poursuit: «Par contre, il sera peut-être difficile pour moi de m’imposer en première équipe. Je devrai probablement aller faire mes gammes dans un club moins huppé. Le choix sera difficile et important. Pour l’instant, je ne sais pas ce que mon avenir me réserve. Mais cela fait partie du métier de footballeur.»
Jusque-là, l’attaquant poursuit sa mue en Angleterre en disputant le championnat M18. Pratiquement chaque week-end, il retrouve des équipes réputées, telles que Manchester United, Arsenal, Newcastle ou Everton. «La plupart du temps, je suis titulaire en attaque. Je suis satisfait de ma situation actuelle.»


Un but face à United
Celui qui se qualifie comme un joueur «technique et rapide» s’est d’ailleurs fait remarquer lors du derby mancunien en marquant un but: «Cela reste l’un de mes plus beaux souvenirs, avec l’instant où j’ai signé mon contrat avec City.»
A l’heure où le mercato va bientôt animer la planète football, Daniel Lema ne sait pas s’il poursuivra son apprentissage en Angleterre ces prochaines années: «J’ai reçu des offres de clubs anglais et espagnols.»
Seul l’avenir dira si Daniel Lema aura la chance de suivre une carrière professionnelle. Il est, en tout cas, bien parti pour l’endosser. Car sortir du centre de formation de City est un gage de qualité qui ne devrait pas laisser certains clubs insensibles. Reste maintenant à faire le bon choix et se trouver au bon endroit au bon moment. Car, à ce niveau, le travail et le talent ne suffisent parfois pas. Une carrière, c’est aussi une question de chance. Parviendra-t-il à la provoquer? La réponse dans quelques années.

 

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Une valeur d’un million
Comme tous les gamins de son quartier, Daniel Lema a appris, à 7 ans, les bases du football sous les couleurs du FC Schoenberg. Son talent est rapidement mis en lumière et c’est en juniors D qu’il intègre le grand frère, le FC Fribourg. A 12 ans, il défend les couleurs du Team AFF, avant de s’en aller, une année plus tard, tenter sa chance au centre de formation de l’Association suisse de football, à Payerne. «J’ai passé huit mois là-bas. J’ai finalement préféré rentrer à la maison. Ma famille me manquait trop.»
Daniel Lema va pourtant rapidement retrouver une nouvelle terre d’accueil, à Bâle cette fois-ci. Il a 14 ans lorsqu’il intègre la meilleure institution du pays. Là où seuls les plus talentueux sont acceptés. «J’ai été repéré lorsque je participais à des matches de sélection pour l’équipe de Suisse.» Le Fribourgeois vit deux ans et demi sur les rives du Rhin. «Tout allait bien au début. Puis, certaines choses ont changé et je n’avais plus le bon feeling avec quelques dirigeants.»
En janvier 2012, son agent négocie alors une semaine de test à Manchester. «J’y suis allé pour voir comment était la vie là-bas et surtout pour être jugé par les entraîneurs de City. Cela m’a fait très bizarre de signer un contrat avec un aussi grand club. Et c’est encore plus étrange lorsqu’on enfile le maillot pour la première fois.»


«Tout est possible»
Enfant du Schoenberg, l’attaquant est donc parvenu à se faire une place dans un club huppé d’Angleterre malgré un parcours mouvementé. «Même si je sais que j’ai encore beaucoup de choses à prouver et que tout reste encore à faire, je suis fier de ce que j’ai accompli jusqu’à présent. Je viens d’un petit club. Cela montre aux jeunes que tout est possible.»
Aujourd’hui, Daniel Lema, qui a porté le maillot de l’équipe de Suisse en sélection M16 et M18 à une quinzaine de reprises, évolue encore en classe juniors. Mais, à l’heure du football business, le talent a un prix. Et lui vaut, selon un site internet de recruteurs, plus d’un million de francs: «Oui, j’ai vu ça, rigole-t-il. C’est assez étonnant de voir quelle est ta valeur financière. Mais ce n’est pas très important. Le principal est de montrer ce qu’on vaut sur le terrain.» vac

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