Le projet est stratégique, mais il prendra du retard

| mar, 17. déc. 2013
Le groupe UCB évalue toujours les dégâts, deux semaines après l’explosion qui a endommagé son futur centre biotechnologique à Bulle.

PAR THIBAUD GUISAN ET SOPHIE MURITH

«Le projet est stratégique pour le groupe UCB. Il se fera, mais nous anticipons un retard.» Deux semaines après l’explosion qui a endommagé le futur centre biotechnologique à Bulle, le directeur d’UCB Farchim Amer Jaber parle pour la première fois. Et il veut rassurer.
Il est toutefois encore impossible de chiffrer le retard. «Le recovery plan (n.d.l.r.: plan de remise sur pied) ne sera pas connu avant quelques semaines, annonce le responsable. Une chose est sûre: nous entendons écourter au maximum le retard qui se dessine.»
Le centre biotechnologique aurait dû être opérationnel à la fin décembre (La Gruyère du 13 août). Ce ne sera donc pas le cas. Début 2014, des lots de validation auraient dû être produits pour être soumis aux autorités sanitaires. Le lancement véritable de la production était fixé au printemps 2015. Cet incident ne nous enchante absolument pas, mais nous devons vivre avec», philosophe Amer Jaber.
Le montant des dégâts sur le bâtiment s’élève à environ 700000 francs, informe l’Etablissement cantonal d'assurance des bâtiments. «L’intérieur et les installations de production ne sont pas assurés par nos soins», explique Jean-Claude Cornu, directeur. Il précise que, «malgré les frais importants, la structure même du bâtiment n’a pas été touchée».


Evaluations complexes
Lancé au lendemain de l’explosion du 30 novembre, le processus d’évaluation des dégâts interne est en cours. Et il est très complexe. «Quinze corps de métier font leurs investigations, explique Amer Jaber. Nous tirerons une synthèse quand nous aurons tous les éléments en main. On parle d’un équipement de technologie très avancée. Nous devons vérifier que tout le dispositif soit intègre. Il y a par exemple des tests de pression à effectuer, la vérification de l’inclinaison des tuyaux, l’inspection des composants électriques. Une fois que la production redémarre, elle ne s’arrête plus. On ne peut pas se permettre d’improviser ou d’aller à la va-vite.» Des travaux de nettoyage ont déjà commencé.


Employés occupés
UCB Farchim a déjà engagé une petite centaine de nouveaux collaborateurs pour son centre biotechnologique. «Pour eux, cela ne change rien, rassure aussi Amer Jaber. Au contraire, c’est un moment où on a plus besoin d’eux que jamais. La nouvelle usine, c’est un peu leur bébé. Ils l’ont vu naître. Il est normal qu’ils puissent être à son chevet.»
Tout au plus, «une très petite minorité» de collaborateurs pourra profiter de se former à d’autres activités hors du bâtiment. «C’est toujours un bénéfice de mieux connaître la compagnie pour laquelle on travaille, estime le directeur. On saisira cette opportunité le cas échéant.»
Pour rappel, une enquête est en cours, menée par l’Inspection fédérale des installations à courant fort (lire ci-dessous). «Tout ce que je peux dire, c’est que les dégâts ont été causés par une explosion à la suite de travaux effectués par des entreprises externes sur le réseau électrique, à l’intérieur de notre centre biotechnologique», expose Amer Jaber.
 

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Sans solution de secours
«La situation actuelle peut être considérée comme précaire», déclare Nathalie Salamin, responsable de la communication de Groupe E. «Depuis le 30 novembre, l’approvisionnement en électricité n’est plus assuré que par un transformateur. En cas de panne, cela peut être problématique.» Une information que Claude Thürler, directeur de Gruyère Energie, ne confirme pas.
Les deux fournisseurs d’électricité, «à la fois concurrents et partenaires» selon Groupe E, travaillent main dans la main pour renforcer la sécurité de l’approvisionnement en électricité. Des travaux nécessaires surtout en cette période de froid et avec les vacances de fin d’année qui s’annoncent, un laps de temps durant lequel les Bullois seront plus nombreux à rester chez eux et à utiliser de l’électricité.
«Nous allons faire en sorte de relier le réseau de Gruyère Energie au nôtre, explique Nathalie Salamin. Dix de nos collaborateurs y travaillent et devraient avoir terminé à la fin de la semaine.» Et Claude Thürler d’ajouter: «Nous sommes en train d’effectuer des tests. L’état de la situation sera plus clair en fin de semaine.» La porte-parole de Groupe E relève encore que «c’est une situation exceptionnelle. Normalement, il y a toujours une solution de secours.»
Depuis le jour de l’explosion, le directeur de Gruyère Energie n’a pas remarqué de hausse massive des dépannages sur le réseau. «Nous n’avons pas augmenté le nombre de monteurs dans nos équipes. Même si cela avait été le cas, il serait difficile de corréler cette augmentation aux événements du 30 novembre.» SM
 

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