Une chanteuse gruérienne s’amuse sur la lune d’Offenbach

| sam, 28. déc. 2013
Salomé Zangerl, jeune soprano gruérienne, apparaît dans la dernière production de l’Opéra de Fribourg, Le voyage dans la lune de Jacques Offenbach. A voir dès le 30 décembre à Equilibre.

PAR LAURE JACQUIER

Agée de 23 ans, la Gruérienne Salomé Zangerl a obtenu en juin dernier son bachelor en chant à la Haute Ecole de musique, à Fribourg. Depuis, elle continue sa formation entre Zurich et Paris. A la Zürcher Hochschule der Künste, elle étudie actuellement en vue d’un master de pédagogie tandis qu’elle vise un diplôme d’exécution du chant à l’Ecole normale de musique de Paris. Parallèlement à sa formation, elle enseigne la musique aux classes primaires de Belfaux et assume la direction du chœur mixte de Courtepin.
La soprano chante régulièrement en concert, en chœur ou comme soliste, et se produit également au théâtre. A l’opéra, on a pu la découvrir dans Monsieur Choufleuri restera chez lui d’Offenbach, en 2011, et dans Die Fledermaus de Strauss, en 2012, deux productions de l’Opéra Louise, à Fribourg. On l’entendra cette année pour la première fois à l’Opéra de Fribourg, qui présente Le voyage dans la lune, féerie comique en quatre actes et 23 tableaux de Jacques Offenbach. Rencontre avec une jeune femme débordante d’énergie, à l’enthousiasme et au sourire communicatifs.

Vous faites partie des «locaux» du Voyage dans la lune, puisque vous êtes fribourgeoise et plus précisément gruérienne…
Oui, j’aime d’ailleurs dire que je ne suis pas fribourgeoise, mais gruérienne. Une pure souche! J’ai vécu à Vuadens, Morlon, Bulle et Pringy, et je sais ce que c’est que de s’occuper des modzons. D’ailleurs, je crois que cela s’entend: les metteurs en scène me demandent souvent de faire attention à gommer mon accent!

Résidez-vous toujours en Gruyère?
Non, j’habite actuellement à Posieux où il y a souvent du brouillard… Dès que je pourrai acheter une maison en Gruyère, j’y retournerai: il y fait toujours plus beau qu’ailleurs!

Votre ambition est-elle de faire carrière à l’opéra?
C’est mon rêve absolu, ce serait le summum. Mais j’ai les pieds sur terre: il y a tellement de sopranos, la compétition est terrible. Je vais tout faire pour réussir mais le plus important pour moi, le but de ma vie, est d’abord de fonder une famille et d’être heureuse avec des enfants.

Pourquoi cette prédilection pour l’opéra?
Ce que j’aime à l’opéra, c’est que je joue un rôle. Cela m’enlève une grande partie de mon stress, car j’ai énormément le trac. Sur scène, je ne suis pas Salomé, mais un personnage. Cela me donne de la force: le personnage, le costume et le décor me soutiennent.

Vous aviez déjà chanté du Offenbach. Quel est votre sentiment face à ce compositeur?
J’ai toujours adoré Offenbach. C’est un compositeur extraordinaire, très drôle et très fin. Sa musique donne l’impression d’être facile, mais en réalité, elle n’est pas si évidente que ça. Ce qui est fantastique dans les œuvres d’Offenbach, c’est qu’il y a toujours un tube qui reste dans la tête et que tout le monde chantonne en sortant de l’opéra.

Quel sera celui du Voyage dans la lune?
Il neige! Il neige! Nous grelottons! La neige, la neige, tombe à flocons! Vous allez voir…

Que pouvez-vous nous dire sur le personnage d’Adja que vous interprétez dans l’opéra?
Adja fait partie des femmes qui vivent dans la lune, dont Flamma (Joelle Delley Zhao) est la cheffe. En réalité, je chante surtout dans le chœur. Mon personnage n’a pas d’importance dans l’intrigue. Par contre, l’air que je chante en a!

De quoi s’agit-il?
Mon petit solo intervient lorsque les femmes de la lune ont croqué la pomme et qu’elles découvrent l’amour. Il est mis en scène par un strip-tease! Nous ôtons nos robes de style années 1950 pour nous habiller en hippies… Le tout sans vulgarité: le metteur en scène Olivier Desbordes a le don pour faire cela avec finesse. Cet air représente l’émancipation de la femme et cela me plaît beaucoup car j’ai un petit côté féministe.

Quel serait, selon vous, le point fort de cette production?
Le fait qu’elle me fasse autant rire! En répétition, j’attrape souvent des fous rires. D’ailleurs, c’est aussi arrivé au chef Laurent Gendre. Ma foi, c’est du Offenbach, on ne peut que rire.

 

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Une rareté à l’intrigue farfelue
Le voyage dans la lune est un opéra-féerie de Jacques Offenbach. Cette pièce satirique à l’intrigue farfelue est remplie d’humour et de gaieté. Le prince Caprice, au lieu de reprendre la couronne de son père le roi Vlan, la refuse et exige d’aller plutôt sur la Lune. Le savant Microscope construit un canon et tous les trois prennent place dans un obus en direction de la lune. Là-haut, ils rencontrent ses habitants et Caprice tombe amoureux de la princesse lunaire Fantasia. Hélas! Elle ne le comprend pas lorsqu’il lui fait la cour – l’amour n’existe pas sur la lune – jusqu’à ce qu’elle goûte une pomme qui la rend folle amoureuse du prince. De la découverte de l’amour par les femmes lunaires découleront toute une série de péripéties rocambolesques.
La marque de fabrique de l’Opéra de Fribourg consiste, à quelques exceptions près, à donner des œuvres rares qui ont été oubliées à tort. Selon Alexandre Emery, Le voyage dans la lune fait peur aux producteurs, car les opéras-féeries ont souvent été ruineux à monter. Le directeur général de l’Opéra de Fribourg veut montrer que c’est pourtant réalisable et que l’œuvre en vaut la peine: «Musicalement, on est déjà proches des Contes d’Hoffmann. L’orchestration est riche: il y aura 40 musiciens dans la fosse.»
La mise en scène est assurée par Olivier Desbordes qui avait déjà monté Madame Butterfly. Les solistes, l’Orchestre de chambre de Fribourg et les chœurs de l’Opéra de Fribourg sont placés, comme de coutume, sous la direction du chef Laurent Gendre.


Une œuvre exigeante
A mi-chemin entre théâtre et musique, Le voyage dans la lune exige d’excellents comédiens. Le rôle principal est celui du prince Caprice, un rôle travesti de mezzo léger. Jennifer Tani l’interprétera pour une partie des représentations, partageant le personnage avec Marlène Assayag. Alexandre Emery a en effet jugé trop dangereux de faire reposer la responsabilité d’un rôle aussi important sur les épaules d’une seule personne, Jennifer Tani ayant été malade pendant une partie des répétitions.
Magali Arnault Stanczak (révélation Adami 2012) incarnera la princesse Fantasia, et Hermine Huguenel la reine Popotte. Du côté masculin, trois chanteurs très expérimentés interpréteront les rôles du roi Vlan (Christophe Lacassagne), du roi Cosmos (Jean-Claude Sarragosse) et de Microscope (Eric Vignau). Des artistes locaux seront également de la partie: Joelle Delley Zhao, Salomé  Zangerl, Jonathan Spicher et Michel Mulhauser.
Après les représentations à Equilibre, Le voyage dans la lune sera donné à l’Opéra de Lausanne (17 et 19 janvier) et, l’été prochain, au Festival de Saint-Céré (sud-ouest de la France), ces deux organisations coproduisant l’œuvre avec l’Opéra de Fribourg. Il sera également présenté le 26 janvier à la salle CO2 de La Tour-de-Trême et partira ensuite en tournée avec Opéra Eclaté.

Fribourg, Théâtre Equilibre. Les 30 et 31 décembre, à 19 h. Les 3 et 10 janvier, à 19 h 30. Les 5 et 12 janvier, à 17 h. Réservations: Fribourg Tourisme, 026 350 11 00. www.operafribourg.ch

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