La médecine dentaire scolaire moins coûteuse

| jeu, 30. Jan. 2014
L’organisation de la médecine dentaire scolaire a été complètement revue. Le projet mis en consultation débouche sur des économies substantielles.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

Les caravanes dentaires ne vont pas disparaître des écoles fribourgeoises. Mais l’organisation du service est revue en profondeur, dans un projet de loi mis en consultation hier. Le rôle du canton et des communes est précisé. C’est le principe de la subsidiarité qui a été retenu. L’Etat offre un service dentaire dans les cas où il est difficile d’imaginer une autre solution.
Le plus grand changement touche la pédodontie (contrôles dentaires de base et soins qui en découlent). L’idée forte de la loi actuelle, qui date de 1990, est conservée: pour tout enfant en âge de scolarité, un contrôle annuel de la dentition est obligatoire. «Cela concerne 30000 enfants», rappelle Anne-Claude Demierre, directrice de la Santé et des affaires sociales.
Les communes sont responsables d’organiser ces contrôles. Elles ont le choix entre trois solutions: soit elles passent une convention avec un médecin dentiste privé, soit elles mettent en place leur propre service, soit elles font appel au service cantonal.
«Le service dentaire scolaire avait été créé pour pallier le manque de médecins dentistes», explique Alexis Overney, chef de projet. Alors que le nombre de praticiens a augmenté, la loi mise en consultation rappelle ce principe.


Nombre de cliniques réduit
Actuellement, 131 communes font appel au canton, alors que 34 ont conclu des conventions avec des cabinets privés. Le service dentaire scolaire est organisé en huit cliniques fixes et quatre cliniques mobiles, dont deux sont conçues pour pouvoir prodiguer des soins. Les parents peuvent aussi choisir de faire appel à leur propre dentiste: environ deux tiers d’entre eux optent pour cette solution.
Le système va être grandement simplifié. Les contrôles seront effectués dans trois unités mobiles, qui se déplaceront dans tout le canton. Un forfait de 600 francs par jour sera facturé aux communes, comme compensation pour les déplacements. Quant aux soins, ils seront uniquement prodigués dans des unités fixes, dont le nombre sera réduit à trois.
Les avantages sont nombreux, selon le canton. Les cliniques fixes, dont plus de la moitié vont disparaître, seront plus rentables. En outre, leurs horaires seront étendus aux périodes non scolaires. Les dentistes pourront voir les parents, désormais obligés de se déplacer, et leur prodiguer des conseils de prévention.
Le gain est également financier. L’essentiel des économies est effectué dans le domaine de la pédodontie. La facture de l’Etat devrait passer de 575000 francs (comptes 2012) à environ 6000 francs. Les parents participeront à cet effort. La valeur du point pour les soins dentaires va grimper de 3 fr. 50 à 3 fr. 70, ce qui correspond au tarif des cabinets privés.


Prévention inchangée
Selon le projet de loi, le canton continuera à effectuer de la prophylaxie, autrement dit de la prévention dans les classes. Ce domaine reste à sa charge. Les pratiques sont inchangées, si ce n’est que la durée de l’enseignement va passer d’une heure à quarante-cinq minutes.
En matière d’orthodontie (correction de la mauvaise position des dents), les changements sont minimes.  Le service dentaire scolaire continuera à assurer des soins, pour pallier le manque de spécialistes dans le domaine. Afin de décharger les communes, le canton assurera l’encaissement des factures. L’Etat garde également ses compétences dans le domaine de la surveillance.
En tenant compte de l’ensemble de ces aspects, la facture totale devrait se réduire de moitié et passer de 700000 francs (comptes 2012) à environ 350000 francs en 2016, selon les projections. «Jusque-là les coûts ne cessaient d’augmenter», rappelle Anne-Claude Demierre. Quelques investissements, dont le coût n’a pas encore été évalué, seront nécessaires pour mettre en place cette nouvelle organisation.
Ce projet de loi est en consultation jusqu’au mois d’avril. Si les réactions sont positives, le texte devrait être adopté cet été par le Conseil d’Etat et soumis cet automne au Grand Conseil. La Direction de la santé et des affaires sociales espère une entrée en vigueur début 2016.
 

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