Les Banques Raiffeisen du Sud se dessinent un avenir commun

| mer, 08. Jan. 2014
Les Banques Raiffeisen Moléson, de la Glâne et Vuadens/Sâles/St-Martin élaborent une fusion. La décision finale appartiendra aux sociétaires des trois banques qui s’exprimeront au printemps 2015. Les banques entendent gagner en synergies.

PAR YANN GUERCHANIK

Il y a les précautions d’usage, propres au communiqué officiel: «Les Banques Raiffeisen Moléson, de la Glâne et Vuadens/Sâles/St-Martin discutent actuellement d’un éventuel rapprochement qui profiterait à tous: sociétaires, clients et collaborateurs.» Et puis, il y a le véritable enthousiasme qui se lit sur les visages des dirigeants. La Gruyère a rencontré mercredi après-midi les autorités des trois entités bancaires pour parler d’une fusion qui va bon train.


Stratégie proactive
«Il s’agit d’une démarche volontaire, explique Eric Charrière, directeur de la Raiffeisen Moléson. Nous voulons unir nos forces pour exploiter les synergies.» A la tête de la Raiffeisen de la Glâne, François Bosson plante le décor: «Aujourd’hui, nous avons la chance d’être dans une des zones d’exploitation les plus dynamiques de Suisse. Ensemble, nous aurons plus de poids sur ce marché.» Quant à Pierre-Alain Menoud, qui dirige la Raiffeisen Vuadens/Sâles/St-Martin, il invoque une image parlante: «Nous voulons devenir les trois mousquetaires!»
De fait, les trois rayons d’activité ainsi réunis formeraient une zone d’exploitation vaste et sans discontinuité: «Une taille à même de permettre de relever les défis futurs du marché», se félicitent les dirigeants. Est-ce à dire que la nouvelle banque perdrait en termes de proximité, un atout que les Raiffeisen ont toujours revendiqué?
«Cela reste notre credo, insiste François Bosson. Chez nous, le client bénéficie d’une continuité dans le conseil, de la part d’un conseiller qu’il connaît et qui ne change pas chaque année. Et puis la proximité se retrouve dans cette décision même: ce sont des gens d’ici qui ont décidé de mettre leur avenir en commun. Cela n’a pas été imposé par notre centrale à Saint-Gall.» Et le directeur de résumer: «Plutôt que l’argent du village pour le village, ce sera l’argent de la région pour la région.»


Décision pas avant 2015
Comme le rappellent les présidents des différents conseils d’administration Jean-Bruno Pugin (Raiffeisen Moléson) et Jean-José Ruffieux (Raiffeisen Vuadens/Sâles/St-Martin): «Ce rapprochement en est encore à sa phase initiale et il repose sur un processus démocratique.»
Un projet détaillé sera présenté en effet aux sociétaires lors des assemblées générales respectives au printemps 2014. Et c’est à eux «que reviendra la décision d’accepter le projet lors des assemblées générales de 2015».  Sur les 3,7 millions de clients que compte le Groupe Raiffeisen, 1,8 million d’entre eux sont sociétaires. Autrement dit, ces derniers sont copropriétaires de leurs Banques Raiffeisen organisées en coopérative.
Dans le Sud fribourgeois, clients et sociétaires profiteraient de prestations unifiées et étoffées. De Vuadens à Bulle, en passant par la Glâne, le client pourra bénéficier de services sans passer par une nouvelle procédure d’ouverture. Qui plus est, ils seront plus pointus: «On pourra perfectionner des employés dans des domaines particuliers», indique François Bosson.
«Sous une seule entité, on pourra prendre ce qu’il y a de bien chez chacun, note de son côté Eric Charrière. Aujourd’hui, nous sommes des généralistes. Demain, nous deviendrons des spécialistes, avec un conseil plus professionnel encore.»


Nouveaux emplois
Autrement dit, la fusion se veut aussi avantageuse pour les collaborateurs: «Dans une boutique qui comptera une centaine d’employés, ils auront davantage d’opportunités», relève François Bosson. Autant dire qu’aucun licenciement n’est envisagé. Au contraire, «cela va inévitablement créer de l’emploi», explique Jean-José Ruffieux.
Même topo quant aux différentes agences: la fusion ne les expose pas à des fermetures. A l’inverse, de nouvelles pourraient voir le jour. «Il s’agira de maîtriser notre croissance», conclut Jean-Bruno Pugin.
Un budget marketing commun, une pression sur la marge avantageuse, des coûts réduits, la nouvelle entité compte bénéficier de solutions gagnantes en termes d’économies d’entreprise et de synergies. «Vuadens pourrait, par exemple, mettre à disposition des locaux tandis que Moléson ou Romont feraient bénéficier de leur développement marketing plus important. C’est vraiment du win-win», illustre Pierre-Alain Menoud, le visage teinté d’enthousiasme et de fierté.
 

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