Globull poursuivra sur sa lancée sans Joseph Rusca

| sam, 22. fév. 2014
Joseph Rusca, programmateur de Globull, quitte sa fonction et le giron du club bullois. Il jette un regard sur onze ans de vie commune. Finie la vie nocturne, le Bullois se tourne vers l’humanitaire.

PAR SOPHIE MURITH

Il quitte la grande famille de Globull. Durant onze ans, Joseph Rusca, 31 ans, a contribué au rayonnement du club bullois qui fêtera cette année ses dix-sept ans. Très attaché, il restera toutefois actionnaire et continuera à faire profiter de son expérience ses successeurs. Mais de loin.
Finies donc la programmation musicale et la vie nocturne, désormais le Bullois consacrera son temps à soutenir des causes humanitaires. Issu d’une famille très croyante, il entend «donner plus d’amour autour de lui». Un voyage au Brésil cet été l’a convaincu de se reconvertir professionnellement. Il organise dimanche un premier événement avec sa nouvelle association.
«Ce n’est pas une rupture, assure Céline Michel, directrice administrative du club. L’essence de Globull, c’est les gens. On travaille avec l’humain.»  Et Joseph Rusca aimait ces rencontres.
En sortant du collège, il travaille dans un café avant d’être engagé à Globull, comme gérant. «J’avais 20 ans, je ne comprenais pas grand-chose. J’étais responsable de soirées, des stocks, de la décoration, de la promotion, du planning, des employés et de la sécurité.»
Il se souvient qu’à 16 ans déjà, il s’imaginait en patron de disco. «Je ne pensais rester qu’un an et poursuivre ensuite des études d’économie.»


De la déco à la musique
Durant les deux premières années, il se consacre corps et âme à son travail. «J’étais vraiment passionné. La vraie vie est passée en seconde position. Heureusement que ma famille et mes amis étaient là pour me garder les pieds sur terre.»
Le jeune homme accorde alors beaucoup d’importance à la décoration des lieux. «Je ne m’y connaissais pas trop en musique. Mais j’ai rencontré les bonnes personnes. J’ai fait confiance à ceux qui s’y connaissaient.» Il se considère comme un entremetteur. D’autant plus que pour l’organisation de soirées, le club collabore avec des sociétés, des associations et des labels locaux.
Les premières négociations pour faire venir des artistes à Bulle sont compliquées. «Il faut savoir bluffer. Au début, j’ai payé trop cher. Je me suis fait avoir, après j’ai sorti les crocs.»  Il reconnaît qu’il faut toujours payer un peu plus pour dérouter les DJ sur Bulle. «La ville ne se voit pas bien sur la carte.» Depuis deux ans, le club s’adjoint l’aide d’agences pour engager DJ et musiciens. Sa renommée est aussi une bonne carte de visite.
Dans le même temps, la clientèle du club évolue. De gruérienne elle devient romande. Plus «lookée», elle vient aussi pour être vue. Ses attentes musicales changent. La programmation devient plus pointue, avec la venue d’artistes internationaux. «On pourrait faire un choix plus rentable, reconnaît Céline Michel. Mais ce n’est pas le genre de la maison.»
La salle principale, elle, reste «mainstream. Notre public attend que l’on reste accessibles, explique Joseph Rusca. C’est notre force et notre devoir. Il n’y a pas d’autre endroit de ce type dans la région. On se doit d’être ouverts d’esprit.»
Joseph Rusca a donc débordé d’énergie et d’idées pour mettre Globull à la hauteur des boîtes lausannoises. A tel point que Céline Michel et Hervé Ruffieux, devaient parfois le cadrer. Mais, en 2008, la motivation s’étiole. «Le projet du Buro l’a relancée. Dans ce milieu, c’est parfois un peu répétitif.» Des événements organisés dans l’entreprise Sottas ou à Espace Gruyère avec les collégiens, ainsi que le partenariat avec Clos Fleury cassent la routine. «Cela permet de durer.»


Qualité de vie conservée
Et Globull fait office d’exception dans ce domaine. «La durée de vie moyenne d’une structure est de cinq ans, explique Joseph Rusca. Comme Globull est implanté dans un “grand village”, le cadre est très sain pour ceux qui y travaillent.» Une autre règle améliore aussi la qualité de vie des gérants de la boîte: un week-end de congé par mois «pour garder l’équilibre» et ne pas «être décalé».
En onze ans, Globull n’a cessé de grandir. «L’affluence est de plus en plus importante», relève Hervé Ruffieux, son directeur général. Le club accueille entre 1500 à 2000 personnes par week-end. «Le succès accru vient aussi d’un sentiment de sécurité plus marqué», estime Joseph Rusca.
Arrivé à son poste en 2005, Hervé Ruffieux admet que la fouille et le vestiaire obligatoire, ainsi que le contrôle d’identité systématique portent leurs fruits. «Ce n’est pas toujours bien compris par la clientèle. Ce n’est pas seulement pour vérifier l’âge, mais surtout, pour qu’en cas de problème, on soit sûrs qu’ils aient leurs papiers sur eux.»
Le dernier incident sérieux remonte selon lui à 2012. «La bagarre à coup de battes de base-ball (La Gruyère du 4 février) n’a pas eu lieu sur notre parking. Mais tout ce qui se passe en dessous de l’église de Bulle est souvent imputé à Globull.»
Pour accueillir cette clientèle grandissante, l’équipe dirigeante a doublé, passant de quatre à huit salariés et un stagiaire. Elle gère une soixantaine de personnes, principalement des étudiants, pour les bars, la caisse et le vestiaire.
Malgré toutes ces évolutions, Joseph Rusca observe une constante. «Les Gruériens restent accrochés au bar, ils ont de la peine à danser.» Le défi est lancé pour ses successeurs.

 

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Garder un coup d’avance
«Visionnaire», «généreux», «il permettait à tout le monde de briller». Ses anciens collègues ne tarissent pas d’éloges sur Joseph Rusca. Le programmateur de Globull leur a annoncé son départ il y a cinq mois. Il avait déjà limité ses activités ces deux dernières années. Il suivait un cursus à la Haute Ecole de gestion, à Fribourg. Une formation mise entre parenthèses pour l’instant.
Pour Valentin Jaquet, club manager, Joseph Rusca a su «être en accord avec la clientèle, mais avec un temps d’avance. Il a amené un terreau favorable à l’éclosion d’artistes locaux, comme Lucas Monème.» Ses successeurs, Rémi Castella à la programmation et Jérôme Duc à la communication auront fort à faire. Mais Joseph Rusca continuera à les épauler. «Il a essayé de nous transmettre sa sensibilité. Notre gros challenge sera de poursuivre dans cette énergie», reconnaît Valentin Jaquet. Céline Michel, directrice administrative du club, garde en mémoire de leurs onze ans de collaboration «sa foi dans les gens. Il donnait sa chance à tout le monde, sans naïveté. Il ne faudra pas que l’on oublie de garder cela.» SM
 

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