Le jour où Ebullition frissonna en entonnant le «Lyoba»

| mar, 11. fév. 2014
Plus habitué au rock et au punk, Ebullition a organisé deux concerts du Chœur des armaillis de la Gruyère. Reportage.

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PAR ERIC BULLIARD

Devant les portes d’Ebullition, des fumeurs. Comme souvent. Sauf qu’ils portent bredzon, capet et loyi: ce samedi, le centre culturel bullois a invité le Chœur des armaillis de la Gruyère, pour deux concerts peu ordinaires.
«A mon entretien d’embauche, on m’a demandé mon idée la plus folle pour Ebullition. J’ai dit que ce serait d’inviter les Armaillis de la Gruyère», rigole le programmateur Flavien Droux. Tout heureux d’avoir tenu parole et de constater que le public a compris sa démarche. Son envie de démontrer que traditions et culture contemporaine peuvent coexister.
Vers 16 h, les vedettes de la soirée arrivent les uns après les autres. «C’est bien la première fois que j’entends parler de cette boîte», lâche l’un d’entre eux. «C’est là que je suis venu pour la première fois au cinéma», ajoute un autre. Ce ne sera pas la dernière fois que l’on évoque le cinéma Lux… Ebullition n’est toutefois pas inconnu de tous: les Armaillis comptent des jeunes dans leurs rangs. D’autres en ont eu des échos par leurs enfants.
Les réservations l’indiquaient: le premier concert, assis, fait le plein, environ 120 personnes. Moyenne d’âge plutôt élevée, mais aussi jeunes venus avec leurs grands-parents. «Je dois aller où?» demande une dame, après avoir longuement observé la marque du tampon AC/DC qu’on lui a faite sur la main.


En voyage multilingue
Dès le début du concert, une évidence: une trentaine de solides gaillards en bredzon devant le vieux mur d’Ebullition et sa tache en tête de mort, ça a de la gueule. Silence attentif. Certains découvrent que ces voix peuvent donner autant de frissons que les riffs de guitare qui font habituellement vibrer ces murs.
Le directeur Michel Corpataux a prévu une première partie sous forme de voyage. Mozart succède à Schubert, le français, l’anglais (Deep river) et l’italien (La montanara) à l’allemand (Liebe, Die Nacht…). Le patois? Ça viendra…
En deuxième partie, le chœur annonce en effet qu’il revient chez nous. Soupir de contentement dans la salle. Retour sur les terres de l’Abbé Bovet, de L’armailli des grands-monts, du vieux pommier qui «cuira nos cuchaules». Sur les terres où l’on répète volontiers Que la Gruyère est belle. Au final, quand tout Ebullition reprend le Lyoba, l’émotion va de la simple pidouille à la larme à l’œil.


A Washington aussi
Fin du premier concert. Collation sur la galerie. Heureux d’être là, les chanteurs trouvent qu’il fait «sec» dans la salle. Michel Corpataux se dit ravi de l’expérience. Et presque étonné qu’elle suscite de l’étonnement… «Quand Ebullition nous a posé la question, nous avons tout de suite dit oui. C’est un plaisir de chanter ici.»
Aucun doute pour le chef de chœur: le chant en version traditionnelle touche toutes les générations. Il en a eu la preuve à Washington, raconte-t-il. «Après un concert, nous sommes allés boire un verre dans un bar et le patron nous a proposé de chanter quelque chose. Il y avait 200 ou 300 jeunes qui ont écouté dans un silence parfait…»


«Le défi est réussi»
Ce silence, on le retrouve pour le deuxième concert. Public debout et enthousiaste, avec davantage d’habitués d’Ebullition, une bonne centaine. Dont des membres du fan’s club du Chœur des armaillis de la Gruyère, avec drapeau et t-shirt. «On espérait un peu plus de monde pour ce deuxième concert, avoue Flavien Droux. Mais le défi est réussi quand même.»
Pour cette seconde salve, le programme reste le même. Tout comme les frissons du Lyoba final. Ne reste plus qu’à remercier tout le monde: «Quand mon fils a su qu’on venait à Ebullition, il a dit “oh, putain!”», sourit le président André Brodard. Et Michel Corpataux de conclure par: «Vive Ebullition!» Le club a vécu la soirée la plus surprenante de la saison, qui s’est moqué des barrières et des idées reçues. La plus rock’n’roll, en somme.

 

Commentaires

Et la semaine prochaine, place au Carnaval brésilien !
C est cool non c est peercool les armaillis

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