Les étudiants russes toujours plus nombreux à Glion

| jeu, 06. fév. 2014
A la veille des jeux Olympiques, La Gruyère fait le point sur les relations avec la Russie. Ainsi, en matière de formation, les Russes représentent le troisième contingent de Glion, à Bulle.

PAR XAVIER SCHALLER

«Quitter une grande ville pour un genre de village, c’est un challenge.» Olga Serbinenko, Russe de 21 ans, n’a pas choisi Bulle pour son calme et sa tranquillité, mais pour le Glion Institut de Hautes Etudes. Le contraste avec sa ville sibérienne de Novossibirsk, troisième ville de Russie avec un million et demi d’habitants, n’est pas facile à vivre.
Ils sont 92 à avoir quitté la mère Russie pour la verte Gruyère, le troisième contingent du campus bullois, derrière les Français et les Chinois. Olga Serbinenko prépare un «bachelor of business administration», avec spécialisation finances. Un titre grâce auquel «on pourra aller où on veut dans le monde», une grande ville de préférence pour elle.


Constante progression
La présence russe s’est accentuée depuis les années 2000 et connaît une constante progression. Elle atteint 7% des 610 étudiants de Bulle en 2013. L’institut préfère que la proportion d’élèves russophones ne devienne pas trop importante, selon sa porte-parole, car l’hétérogénéité des nationalités est un atout. Cela n’empêche pas l’école de faire de la promotion en Russie et d’avoir un représentant régional à Moscou.
Également inscrite en «bachelor business», Daria Gallyamova a suivi l’école française de Moscou. Dans un français impeccable, la jeune fille de 20 ans explique qu’elle a comparé différentes écoles avant de choisir Glion. Si elle semble moins souffrir que sa collègue de ce «genre de village», elle constate qu’«il y a vraiment de grandes différences entre la Suisse et la Russie: l’énergie des villes, les hommes autour de toi, les étudiants…»


Diriger un grand hôtel
Aucune des deux étudiantes ne sait si elles retourneront en Russie après leurs études. Olga Serbinenko hésite: secteur financier ou hôtellerie. «Peut-être un jour mes parents vont construire un grand hôtel que je pourrai diriger.»
Selon Daria Gallyamova, une tendance se dessine parmi les étudiants: «Tous les Russes veulent travailler en Europe et tous les Européens veulent travailler en Russie ou en Chine.» Elle parle aussi de ses doutes sur les Jeux de Sotchi. Avec un regard de professionnelle, elle se demande comment la capacité hôtelière pourra être utilisée après la manifestation: «C’est moins cher d’aller en Europe que d’aller à Sotchi, même si j’habite Moscou.»
Des Russes, on en rencontre aussi à l’Institut La Gruyère. Huit Russes et trois russophones pour être précis. Ces élèves, de 12 à 19 ans, constituent 10% de l’effectif et vivent tous à l’internat. Selon la directrice, Anne Butty, les parents choisissent cette école pour ses effectifs réduits, le français, l’attrait de la Suisse et de la campagne. Pour la sécurité aussi: «Un élève russe qui rentre de vacances et annonce: “Mon meilleur copain s’est fait tuer dans la rue”, ça fait réfléchir.»


Pas de pollution
Pour les élèves étrangers, la maîtrise du français est le principal obstacle sur le chemin de la maturité fédérale. Mais les Russes peuvent choisir leur langue comme branche à option. Une facilité dont ne profite pas Konstantin Kyushin. Ce jeune homme de 19 ans a préféré l’économie, puisqu’il espère poursuivre dans cette branche à l’Université de Fribourg.
Il apprécie la vie en Gruyère, particulièrement le calme et la nature: «Dans ma ville d’origine, la pollution me prend à la gorge dès que je sors de chez moi.» Magnitogorsk (400000 habitants) est un immense centre sidérurgique, fondé dans les années 1930 pour mettre en valeur le minerai de l’Oural. L’an prochain, Konstantin Kyushin passera sa sixième année en Suisse, ce qui en fera un candidat à la naturalisation. La procédure l’intéresse, même si la seule demande déposée par un élève durant les cinq dernières années a échoué.
«Je n’aime pas qu’on dise les Russes et qu’on généralise, conclue la directrice. Entre mon élève de Kaliningrad et celui de Vladivostok, la mentalité est extrêmement différente.» Une évidence de 9000 km qu’on a tendance à oublier.

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