Circuler à Bulle, une question de respect

| sam, 29. mar. 2014
Circuler à Bulle en gardant son calme relève parfois de la gageure. Alors que sécurité et fluidité exigent respect des priorités et politesse, surtout en zone 30. Tour de quelques points chauds, en compagnie d'agents de la police locale.

Par Priska Rauber

Un mardi, quasi midi, postée à différentes intersections de Bulle en compagnie des agents de la police locale Tissot et Michoud. Et une constatation: quid de l’élégance, qui ne saurait se soustraire au savoir-vivre, en toutes circonstances? Les ladies and gentlemen que nous sommes se départent bien vite de leur distingué costume une fois assis derrière un volant. Pourtant, si la conduite est régie par des bases légales, elle relève aussi de l’égard. Envers les piétons, vul-nérables, et envers les autres conducteurs, faillibles parfois. D’autant plus quand ils doivent faire face à un défi: circuler en zone 30.

Tous en même temps
Carrefours de la Poterne, du Tilleul, du chemin des Crêts ou de l’église à La Tour-de-Trême, autant de priorités de droite et de bras de fer qui s’engagent. C’est pourtant là que la double charge qui incombe à l’automobiliste – respect des règles et savoir-vivre – se matérialise pleinement. Comme le gentleman ne claque pas la porte au nez d’une dame, l’automobiliste ne doit pas refuser une priorité, fût-elle contraignante. Au-delà, comme le soulignent les agents de police, lorsque plusieurs véhicules arrivent en même temps à une intersection, seule la politesse permet de débloquer la situation.

«On l’observe souvent à La Tour, où il y a quatre branches, confie l’agent James Michoud. Les quatre conducteurs s’arrêtent et la circulation se paralyse. L’unique moyen pour décanter la situation est que l’un des automobilistes décide de laisser un autre passer, en lui faisant un signe.» Gestuelle et politesse. «Pour éviter que le plus impatient se lance à la surprise des autres, seul le signe de la main peut en effet permettre de s’entendre», ajoute le chef Jean-Claude Tissot.

La Poterne
Même règle à suivre à l’intersection de la Poterne et de la Grand-Rue: quand celui qui descend vers Riaz depuis le haut de la Grand-Rue s’arrête pour laisser la priorité à celui qui circule de Morlon pour monter vers l’Union, mais que ce dernier ne peut s’engager car quelqu’un arrive de la route de Riaz – un défi, vous disait-on – et voit finalement qu’il veut tourner sur la Poterne, tous les véhicules sont alors à l’arrêt. Il va bien falloir qu’un des trois se lance. Et pas les trois en même temps. «Donc seulement après avoir fait un signe», note le chef Tissot.

Prévention
Si «dans l’ensemble ça s’améliore», il reconnaît que la circulation en ville est parfois délicate, «surtout aux heures de pointe, entre ceux qui font faux et ceux qui sont pressés». Raison pour laquelle la police locale mène régulièrement des campagnes de prévention, pour rappeler les règles en zone 30. La prochaine se tiendra d’ici l’été.
«Nous nous postons alors à différentes intersections, à plusieurs agents, et arrêtons celui qui n’a pas respecté la priorité de droite. Et nous lui donnons un flyer d’explications.» Souvent, quand il annonce à un automobiliste qu’il n’a pas accordé la priorité, il entend «ah bon! Depuis quand c’est une priorité de droite ici?» Depuis fin 2009, mon bon monsieur.

Le tilleul et la cure
Le refus de priorité arrive souvent au Tilleul, par ceux qui arrivent de l’Union à ceux qui viennent de la rue du Marché, ont observé les agents. Il faut dire qu’ici, pour des raisons techniques (relatives à la configuration de l’intersection et à sa grandeur), le marquage au sol est absent. Il serait incompréhensible. Les policiers ont également constaté beaucoup de refus de priorité à la descente de la cure, au croisement de la rue du Marché et de la Poterne. «Par contre là, les gens roulent plus vite et coupent les lignes.»

Blessés légers
«Quand la perception des priorités est moins bonne, les gens sont plus prudents, relève Jean-Claude Tissot. Ils se méfient.» La confusion induit une vitesse moins élevée, qui induit elle-même davantage de sécurité. Cela se vérifie avec la liste des accidents survenus en 2013 dans le centre historique de Bulle. On n’en déplore «que» six, des touchettes le plus souvent, comptabilisant quatre blessés légers.

Trottoir continu
Enfin, pour lever quelques doutes que leur ont émis certains citoyens, les agents précisent que «lorsqu’il faut traverser un trottoir continu avant de s’engager, on perd la priorité». C’est le cas quand on arrive de la rue de l’Ondine pour s’engager sur celle de la Condémine, en face de la Rieta. Et au croisement de la rue Albert-Rieter et de la Lécheretta, près des pompes funèbres.

Commentaires

Faire des priorités de droite à certains endroits, c'est bien mais supprimer des ronds points là où ils sont utiles, cela n'a pas de sens.

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