Le contrat du fromager rompu

| mar, 18. mar. 2014
Lors de sa dernière assemblée, la Société de laiterie a décidé de résilier le contrat de son fromager, Stephan Küttel. Les agriculteurs jugent le prix du lait trop bas, notamment.

PAR ANGELIQUE RIME

Les relations entre la Société de laiterie de Bellegarde et son fromager, Stephan Küttel, ne sont pas au beau fixe. Lors de leur dernière assemblée, en février, les membres de la coopérative ont décidé de résilier son contrat pour le 31 décembre 2014. En cause, le prix du lait d’industrie et de celui transformé en vacherin octroyé par Stephan Küttel, jugé trop bas par les paysans. «L’année passée, nous avons reçu 67 ct. par litre, alors qu’en moyenne, il est payé environ 75 ct. sur le marché, explique Michael Cottier, président de la Société de laiterie. Au total, le manque à gagner pour les paysans représente quelque 35000 francs.»
Directeur de la Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie, Clément Moret estime qu’il s’agit «d’une injustice, avec un partenaire qui s’obstine à payer un prix insuffisant». Il précise également que le fromager «fait un pack» avec le lait transformé en vacherin (dont le prix recommandé est de 84 ct.13 ) et le lait d’industrie (entre 65 et 70 ct.). Au total, 500000 kilos de lait pour la coopérative qui réunit 22 paysans de Bellegarde, La Villette et Abländschen. De son côté, Stephan Küttel ne souhaite pas faire de commentaires sur cette affaire et renvoie vers les membres de la Société de laiterie.


Projet d’une nouvelle fromagerie
Apparemment, ce prix inférieur aux moyen-nes du marché serait pratiqué depuis plusieurs années. Pourquoi les agriculteurs l’ont-ils accepté si longtemps? «Ils ne savaient pas, ou ne voulaient pas savoir», répond Michael Cottier. Pour 2014, le fromager aurait fait une proposition pour une augmentation à 70 ct le litre. Mais les paysans en demandent cinq de plus. «Il a assez profité durant les dernières années», commente Noël Rauber, membre du comité de la Société de laiterie.

Autre point de discorde, le loyer du local de fabrication. «Jusqu’à maintenant, il était de 68000 francs par année, et nous l’avons augmenté à 80000. Mais le fromager n’était pas d’accord avec cette hausse», explique Michael Cottier.
Si le local de fabrication appartient à la coopérative, il en va autrement pour les caves et le magasin, propriétés de Stephan Küttel. Cette situation n’inquiète pourtant pas Michael Cottier: «Nous projetons de construire une nouvelle fromagerie, sur la route d’Abländschen, sur le terrain en face de la petite buvette qui jouxte le ski-lift destiné aux enfants. Mais ce projet était déjà sur les rails depuis plusieurs années. Le local de fabrication actuel est de toute façon trop petit.»
Pour le président de la Société de laiterie, les choses sont claires. A partir du 1er janvier 2015, Stephan Küttel ne sera plus acheteur de lait de la coopérative de Bellegarde. Que va-t-il faire sans matière première? «Il y a toujours du lait, relativise Clément Moret. Il pourrait également se tourner vers l’affinage.» Jusqu’à la résiliation du contrat, certaines procédures juridiques doivent toutefois être respectées. D’ici à la fin de l’année, le fromager pourrait ainsi revenir à de meilleurs sentiments.

Commentaires

Qu'ils aillent le vendre en France, à 20 ct d'euros.

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